Tu peux m'appeler Cirrus, tout simplement. Tu ne connais pas encore très bien Lumiris ? Ne t'en fais pas, tu n'es pas le seul. Ce n'est pas une région connue mondialement, mais cela va bientôt changer. Celle-ci est prête à accueillir des dresseurs, des gens passionnés qui feront vivre cette magnifique région. Il y a plusieurs avantages à vivre parmi nous : le climat et les températures variées permettant aux Pokémon de tous types d'y habiter, la technologie avancée, les habitants accueillants, et un professeur très sympathique, le professeur Baobab. Ce gentilhomme fait des recherches depuis des années, c'est lui qui attribue le premier Pokémon aux nouveaux dresseurs, et les guident dans leur aventure par le biais du réseau Dusk. Un réseau pokéweb avancé, servant à la fois de réseau social, de pokédex, de plateforme de communication...
03/09/17 La version 2 de Dusk Lumiris est enfin prête ! Venez lire les nouveautés !
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sieben / but nothing ever happens and I wonder
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Origine : Lumiris
Groupe : Météore
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Mer 12 Avr - 23:35



âge 24 ans
né le 17 juillet 1992
sexe masculin
origine Lumiris
groupe Météore
métier vendeur dans un petit magasin d'électronique
(+ étudiant en alternance à l'académie de Nemerya, cursus Techno-sciences)


Sieben Hercules Connil

Ichimatsu (Osomatsu-san).


Description

Bourg Palette. Céladopole. Vestigion. Safrania. Frimapic. Les Îles Sevii. Lavanville. Autant de cartes postales accrochées sur le mur, et bien d’autres encore. Des photos, découpées dans des magazines, des bibelots souvenirs de pays qu’il n’a jamais visités, tant de voyages qui ne sont pas les siens, qui ne l’ont jamais été — qui ne le seront jamais. C’est cette envie d’évasion, ce désir de grand vent sur le visage, de routes inconnues et d’espaces différents. C’est cette envie qui chatouille au fond du coeur, qui fait naître un sourire, mais qui ne dérange pas plus que ça. Il y a toujours eu cette gêne, au fond, ce besoin de changer d’air, mais ça s’est jamais transformé en obsession. Il y avait toujours des « pourquoi pas », des « un jour » et des « mais ». Mais c’est pas le bon moment. Mais j’ai des trucs à faire. Mais j’ai peur.

Au fond, tout au fond, plus encore que des rêves, il y avait des peurs.

Il voulait pas changer. Il voulait pas y aller. Il voulait pas quitter ce qu’il connaissait. Il avait beau trouver mille défauts à son petit monde, quelque part, il s’y sentait en sécurité. C’était comme plonger dans l’eau quand tu sais pas nager ; il était pas cap. Alors le sourire se transformait en soupirs, et il n’y avait plus qu’à ranger la valise qu’on venait de faire, là, au fond du placard. Déchirés, les budgets, les programmes de visite, et puis tous les grands rêves, quels qu’ils soient. Les rêves, ça restait dans la tête, et dans le regard qui s’attarde sur les affiches dans la rue. Les rêves, ça se réalisait que pour les autres. Lui, c’était rien d’autre que des regrets. Et ç’avait toujours été comme ça pour tout, avec Sieben. Il avait jamais le cran de tenter l’aventure, il avait trop peur de prendre son envol, quand bien même rien ne le retenait. Alors il s’inventait des excuses pour se protéger, il faisait semblant d’avoir tout essayé. Mais c’était pas vrai, hein ? C’était jamais vrai. Faut croire qu’il avait pas vraiment envie, qu’il rêvait pas assez fort. Pourtant le soir quand il se couche en serrant son oreiller contre lui, il ferme les paupières, fort fort fort pour se donner du courage, et il murmure sa formule magique ;

Et si... ?

Et s’il n’avait pas défait sa valise ? Et s’il était vraiment parti ? Et s’il avait osé dire la vérité ? Et s’il avait continué les cours de théâtre ? Et s’il avait décidé par lui-même ? Et s’il avait finalement mis ce t-shirt flashy ? Et si, et si... Et c’était comme ça depuis tout petit.

Ça venait d’un peu de tout. Le manque d’assurance, la timidité, le regard des autres, le besoin d’être accepté, les parents trop exigeants. Au fond, Sieben, il est fragile. Petit, tout ce qu’il voulait, c’était trouver sa place. Et ça a pas trop changé. Mais il avait trop peur de s’imposer, il savait pas se battre, il manquait de volonté. Alors il suivait les autres, il disait oui à tout, faisait de son mieux pour qu’on soit content de lui, pour qu’on l’envoie pas bouler, pour que maman ne se fâche pas. Pas encore. Il avait peur des cris, des mots trop durs, des larmes amères qui roulaient sur ses joues rougies.

Il a un peu changé depuis, mais ça encore c’est rien que des histoires, parce qu’au fond, il est toujours le même petit garçon apeuré. Mais il se donne des airs, il essaie de se faire plus dur qu’il ne l’est, comme si ça allait le rendre plus fort. Il est un peu rebelle, un peu râleur, un peu impulsif. Très impulsif. Sa frustration ne fait plus de pleurs, elle fait des colères. Les larmes et les yeux rougis, il les garde pour quand il est seul avec son oreiller, et qu’il se dit qu’il a jamais rien fichu de sa vie. Alors il regarde les autres, ceux qui se battent pour leurs idées, et qui vont au bout de leurs rêves. Et il les envie. Il envie leurs rêves, voudrait se les approprier. C’est comme ça qu’il a connu Léo : il voulait faire partie de son rêve, lui aussi. C’est probablement la seule véritable aventure qu’il ait jamais vécue. Ça s’est plutôt mal terminé. Et Sieben est rentré à la maison avec des yeux rouges, une fois de plus. Que c’est con, un rêve qui se brise.

Mais tout ça, on ne sait pas que ça tourne en boucle dans son coeur. Sieben, il est maladroit, alors il passe pour ce qu’il n’est pas. C’est le gars qui traîne dans le coin et qui râle toujours après tout. Mais même ça, on dirait que ça l’agace. Ce qu’on sait pas, c’est que c’est pas vraiment les trucs et les gens contre qui il râle, mais c’est contre lui-même. Et puis parfois il s’énerve, pique des colères et tape du poing. C’est pour ça qu’on en a un peu peur parfois. Il réagit trop fort et trop vite, parce qu’il ne sait juste pas comment réagir. Alors Sieben il passe pour un gros dur, quand il vous lance un regard noir, mais il est juste un peu paumé. Et quand on cherche un peu, on se rend compte que c’est pas bien difficile de le faire changer d’avis, qu’il n’est pas si effrayant que ça. Sieben, il ne fait que tourner en rond parce qu’il ne sait pas où aller.

Parce qu’il n’arrive pas à se décider.



ANECDOTES ;

Sieben râle tout le temps. / Mais c'est juste une façade. / Il pleure très souvent, mais jamais en public. / En plus, il dort mal et pas beaucoup. / Du coup, il a souvent les yeux rouges. Et cernés. / Il joue à des jeux en réseau la nuit quand il arrive pas à dormir. / Il dort roulé en boule, en tenant quelque chose. L'oreiller. Une peluche. Quelqu'un. / Il aime pas dormir seul. / Il récupère des cartes postales et des objets souvenirs de tout un tas d'endroits de part le monde, où il rêve d'aller, où il n'est jamais allé, et où il n'ira probablement jamais. / Parfois, il se met en tête de tout quitter et de partir quelque part, alors il se prépare un programme, et il va même faire sa valise. Mais il part jamais, en fin de compte. / C'est un petit teigneux quand on le cherche. / Il est souvent blessé. Des fois c'est qu'il a frappé le mur un peu trop fort. Ou qu'il a cherché la bagarre et qu'il s'est pris une raclée. / Il est petit et frêle, du coup il fait pas vraiment le poids. / Vous l'aurez compris, Sieben est immature. / En plus, il est peureux. Et anxieux. / Il s'intéresse beaucoup à l'informatique, et s'y connaît bien. C'est devenu un petit génie dans le domaine. / Il ne supporte pas son deuxième prénom, et déteste qu'on l'appelle comme ça, parce que c'est « trop bien pour lui ».



surnom Copy X
espèce porygon
sexe asexué
nature discret
talent analyste

Sieben a été très agréablement surpris quand le Professeur Baobab lui a confié ce pokémon. Il était anxieux à l'idée de devoir s'occuper d'une créature ; mais les programmes et les algorithmes, ça, il connaît. Au début, il ne savait pas trop quoi faire du pokémon, qui se contentait de traîner autour de lui, visiblement en attente d'instructions. Mais le petit programme s'est montré diablement adaptable, et après quelques jours d'observation, il commençait déjà à se rendre utile. Discret mais efficace, il aide Sieben dans l'écriture de ses lignes de code, et facilite son quotidien en contrôlant ses appareils à sa demande. Il analyse sans cesse ce qui se passe autour de lui, et notamment les habitudes de son dresseur, et se retrouve ainsi capable de prendre de nombreuses initiatives pour lui apporter son aide. Sieben est fasciné par le pokémon, et tente à son tour de l'étudier, mais le programme est trop complexe pour lui. Il espère que ses cours l'aideront à en apprendre plus sur son nouveau coéquipier. Si porygon fait preuve de ce qui ressemble à du libre arbitre, il n'est pour autant pas doué de conscience, et ne fait pas de différence entre ce qui est bien ou mal au-delà de ce qui est inscrit dans son code ; son désir moteur est de se rendre utile à son dresseur, aussi ses actions dépendront-elles du comportement de ce dernier, et de ce que le porygon aura pu en apprendre. Malgré tous ses défauts, Sieben a bon fond, mais il est également impulsif et rancunier, et il lui arrive par exemple de se servir de son porygon pour tricher dans un jeu, ou envoyer un virus à un joueur rival. Quand il se déplace, le garçon emporte le porygon avec lui dans son téléphone portable. Il l'a nommé en référence à l'intelligence artificielle qu'il avait tenté de développer, X, et dont le porygon est désormais le remplaçant. Il s'agit également d'une référence à l'une de ses séries de jeux vidéos préférées.


Histoire


i.  i'm sitting here in the boring room

C’est une vie banale. Une vie qu’on laisse aller sans y prendre garde, comme on se laisse dériver au gré du courant, en regardant défiler le paysage. Sieben, ç’avait tout d’abord été des cris de premier-né dans la maternité du village Kishika. Premier voyage, derrière les vitres de la voiture, bien calé dans le siège auto. On va de la maternité à la maison, c’est pas long. Bébé dort. Cette maison, petit Sieben, tu ne savais pas que ce serait ta cage à toi.

Dans le village, on connaissait bien les Connil. C’étaient des voisins agréables, et on ne peut plus normaux. On les voyait une fois par semaine au Dôme pour une représentation, à la sortie de l’école ou au parc le week-end, promenant le persian de la famille, dans la petite boutique de thé du quartier quand le stock s'épuisait, ou encore aux quelques dîners que l’on organisait entre voisins au cours de l’année. Pour le reste, ils gardaient leur vie pour eux, sans envahir celle des autres, et s’intégraient parfaitement à cette atmosphère de petit village idéal qui était celle de Kishika depuis de nombreuses années. Non, vraiment, tout le monde vous dira que les Connil étaient des gens très bien et très normaux. Mais toutes les familles ont leurs petites histoires, que l’on conserve bien à l’abri des quatre murs de sa maison. Il y a toujours les disputes, les souvenirs, les tensions qui s’installent sans que l’on y prenne garde, les marques des générations passées qui se voient toujours, celles que les nouvelles générations cherchent à graver. Eh bien, chez les Connil, il y avait comme une sorte de vide. Il y avait bien ces quelques vieilles photographies, et deux-trois bibelots qui avaient appartenu aux grand-parents. Affichés comme on épingle un papillon rare, bien trop précautionneusement. Comme le sourire un peu trop poli qu’affichait toujours Madame Connil, irréprochable. Quelques souvenirs froissés retrouvés au fond d’un tiroir, d’un carton, qu’on avait mis là pour faire vrai. Mais il y avait quelque chose qui dérangeait, dans cette maison trop bien rangée, tenue par des hôtes trop bien élevés. Il y avait quelque chose de faux, comme un décor créé de toute pièces. Ça manquait de chaleur, celle des foyers heureux où l’on se consolait autour d’un chocolat chaud après une dispute. Ça manquait de vie.

Les Connil avaient oublié la famille. Les Connil tenaient à leur petit train de vie dans leur village, à quelques kilomètres du deuxième port de l'île. Les Connil faisaient la poussière tous les jours. Les Connil étaient toujours à l’heure pour le dîner. Les Connil étaient toujours polis. Les Connils ne partaient jamais en vacances. Madame Connil étaient exigeante, mais ne critiquait jamais ouvertement. Monsieur Connil rentrait tous les soirs à la même heure. Madame Connil cuisinait de bon plats pour le dîner. Et dans cette petite vie trop bien réglée, Sieben Connil étouffait.

Longtemps, l’enfant avait laissé grandir en lui cette impression d’être enfermé, sans s’en rendre compte. Petit, une fois par semaine, sa mère l’emmenait au parc. Enfant unique, il jouait généralement seul, et tout cela lui paraissait normal. Il n’avait jamais connu que cela. Il se serait probablement contenté de cette vie s’il n’avait pas vu les autres enfants, avec leurs mains sales, leurs larmes sincères et leurs sourires radieux. Il n’aurait probablement pas compris, s’il n’avait pas vu les autres parents, avec leurs éclats de voix et leurs gestes tendres. Quand il voyait une mère gronder son enfant, lorsqu’une claque s’échappait de la dispute, Sieben trouvait cela effrayant. Lui, ne connaissait pas cela. Il ne connaissait pas la violence ni la fureur, mais il ne connaissait pas non plus la douceur ni la chaleur des bras qui se resserrent autour de l’enfant qui pleure, honteux. Ça faisait un peu peur, ces émotions qui se jettent à corps perdu vers le coeur de l’autre, qui se heurtent et se mélangent. Mais ça faisait terriblement envie, aussi. Et l’envie s’installait petit à petit dans son coeur d’enfant, comme une petite flamme qui grandit doucement dans le noir.

Sieben n’était pas un enfant malheureux. Il ne manquait de rien, mangeait de bons goûters, ses parents s’occupaient de lui et ne le maltraitaient pas, il ne se faisait pas disputer et grandissait dans un environnement qui semblait des plus sains. Et pourtant, plus les années passaient, plus il ressentait une impression de manque qu’il ne savait expliquer. Sieben ne connaissait que les compliments et les reproches raisonnés de ses parents. Lorsqu’il faisait une bêtise, Sieben ne se faisait pas gronder : on lui expliquait ce qu’il devait ou ne devait pas faire, en lui répétant d’être « un bon garçon » et de « ne pas décevoir ses parents ». Lorsqu’il n’écoutait pas ou qu’il se mettait à pleurer, sa mère soupirait et l’ignorait jusqu’à ce qu’il se soit calmé. Dans ces moments, il semblait à l’enfant que ses parents ne l’aimeraient pas s’il ne ressemblait pas au Sieben qu’ils voulaient qu’il soit. Sieben apprit ainsi qu’il lui fallait se montrer docile et raisonnable, et qu’il devait cacher ses larmes. C’était ainsi, chez les Connil. On sauvait les apparences. Pas de drames, pas de passion. Rien qu’une vie réglée par les convenances, une impression de manquer d’air, l’envie de s’envoler loin d’ici et la peur de ne plus savoir y revenir. Et ces cris muets, et ces yeux rougis, cette main tendue que personne ne voyait. La frustration qui s’engouffrait dans le vide de son être.

Tu ne seras jamais bon à rien, Sieben.

ii.  it's just another rainy sunday afternoon

Et puis il y avait eu le zéro. Un gros zéro tout rouge qui souillait sa copie vierge. C’était la première fois. Sieben était encore jeune, trop jeune pour ne pas en rougir. Mais c’était quelque chose qu’il avait voulu, et il s’en sentait une certaine fierté. Jamais il ne courrait après son innocence perdue. Après tout, il avait déjà dix ans.

Pour la première fois, il l’avait vue s’énerver. Elle et ses mots froids qui lui gelaient le coeur, elle et ses soupirs qui le déchiraient. Elle et cette façon qu’elle avait de l’ignorer, de l’effacer de son monde d’un battement de cils, comme une erreur que l’on corrige. Elle et cette façon qu’elle avait de lui graver dans le coeur : « ce serait mieux si tu n’étais pas là ». Elle ne l’avait jamais dit, pas même suggéré. Mais quand, déçue, elle décidait de ne plus le voir, c’était comme s’il n’avait jamais existé à ses yeux. C’était ça, l’angoisse qui le tétanisait, qui figeait ses larmes. C’était ça, ce besoin pressant de serrer sa main dans ses menottes d’enfant, très fort, et de dire « je suis désolé, Maman ». Je ferai mieux la prochaine fois. Je ne te décevrai plus. Regarde, je ne pleure plus. Tu verras, tu seras fière de moi. Regarde. Regarde, regarde-moi...

J’existe.

Alors, au moment de l’interrogation, il avait longuement inspiré, et il avait fermé les yeux. Il connaissait toutes les réponses, elle les lui avait encore faites réciter la veille. Mais le petit garçon avait fermé les yeux. Jusqu’à la sonnerie. Il n’avait rien écrit. Il aurait pu, mais il avait décidé de ne rien écrire. Et c’était la première fois qu’il osait affirmer sa volonté de la sorte.

Encore. Il avait voulu la provoquer. Délibérément. Encore des larmes. Il avait voulu la faire réagir, lui montrer qu’il existait, et qu’il n’était pas qu’une poupée entre ses mains. Alors pourquoi c’était lui qui pleurait ?

Il referma violemment la porte de la chambre, et regretta aussitôt son geste. Il s’appuya contre la porte, prêt à la retenir du haut de ses dix ans si jamais elle venait tenter de l’ouvrir. Étrangement, il avait peur. Il avait mal, aussi. Et les larmes roulaient toujours sur ses joues, sans s’arrêter, amères. Il ne comprenait pas. Il ne savait pas à quoi il s’attendait, il ne savait plus ce qu’il avait voulu faire exactement. Mais sûrement pas ça. Il l’entendait continuer à crier, en bas, alors qu’il était déjà parti. Finalement, elle ne le voyait toujours pas. Il n’y avait plus qu’elle et sa fureur qui l’aveuglait, la douleur cuisante de l’affront que son gosse de dix ans venait de lui faire. Alors Sieben laissa la porte qui ne s'ouvrirait pas, et ouvrit sa fenêtre, grimpant pour s'asseoir sur le rebord. Il ferma ses yeux, encore une fois. C’était comme faire un voeu. Rêver que tout s’arrête, que tout disparaisse. Mais il ne savait pas comment elle faisait. Lui, quand il fermait les yeux, il n’arrivait pas à l’effacer. Il l’entendait toujours crier, il sentait toujours les larmes, il avait toujours mal. Il releva ses paupières, et passa un moment à observer le vague. Dehors, c'était paisible. Il vit passer un nirondelle, au loin. Ce qu'il aurait aimé pouvoir le suivre. Puis, une forme ronde au coin de l'oeil attira son attention. C'était un ballon. Un joli ballon aux couleurs pastel, qui flottait en longeant le mur de sa maison. Il passa près de lui, à portée de main, et l'enfant s'en saisit négligemment, en rêvant de se laisser lui aussi porter au gré du vent. Loin. Loin. Il voulait partir loin. Très loin de tout cela. Il sentait le rebord de la fenêtre se dérober sous lui, il sentait le cadre de bois disparaître sous ses doigts. Il se cognait contre les barreaux de sa cage, contre le battant des volets, qu’importe. Il pouvait ouvrir la cage, et s’envoler, loin de cette vie morose, trop banale pour que quiconque pût comprendre sa détresse.

Sieben prit une profonde inspiration, et baissa les yeux. Il vit le sol. Le sol, qui s'éloignait. Les rues, quelques mètres en-dessous de lui, qui défilaient — il les laissa défiler un moment, sans se poser de questions. Puis, il finit par réaliser. Sa maison n'était plus là. On l'emportait, loin. C'était le ballon. A bien y regarder, il avait un visage. Et cette vision d'horreur devait rester à jamais gravée dans l'esprit impressionnable du jeune garçon.

Alors tout sembla se figer, son coeur, son corps, son rêve. Son rêve vola en éclats tandis qu’un cri strident s’échappait de sa gorge. Et qu'il lâchait le ballon.

Et l’enfant tomba.

iii.  i'd like to change my point of view

C'était le jour de l'enlèvement, comme il l'appelait. Quand il avait soudainement pris peur et lâché le baudrive, quand il était tombé de beaucoup trop haut pour un si petit corps. Il s'en était tiré avec un bras cassé et de nombreux bleus, mais une certaine terreur, plus de peur que de mal. Il avait fini par retrouver le chemin de la maison. Et quelques mois plus tard, on n'en parlait plus.

Ce jour terrible devait rester gravé dans l'esprit du garçon comme sa première, et terrifiante, tentative de fugue. Et l'angoisse qui accompagnait le souvenir de la chute le prenait aux tripes à chaque fois que ses envies d'évasion revenaient. La peur le paralysait, et Sieben s'enfermait dans sa passivité.

Les années passèrent, toujours monotones, et Sieben se réfugia dans le virtuel. Là, il pouvait s'évader sans prise de risque, sans quitter sa chambre, et vivre toutes les aventures dont son coeur rêvait toujours. Sieben découvrait le sentiment libérateur de l'échappée.

Et l'été de ses dix-sept ans, il rencontra Léo. De passage dans le village, pour deux mois, pendant les vacances.

« Dis Léo, c'est quoi la liberté ? »

Le garçon était assis au pied d’un arbre, dans le parc. À-côté de lui se trouvait Léopold, avec ses boucles sombres et son sourire tranquille. Un peu rêveur, comme toujours. Léo, il fabriquait du rêve. Comme une usine. Il y avait toujours un bout de rêve accroché à ses lèvres, c’était ce qui lui donnait ce sourire doux et un peu triste, parfois. Ils se connaissaient depuis un mois à peine, mais Sieben était déjà terriblement attaché au garçon. Il y avait quelque chose chez lui qui l’attirait irrésistiblement. C’était sa liberté. Sa fichue liberté. Il aimait ça, chez Léo, sa façon de vivre et de penser le monde. Il l’enviait.

iv.  and everything will happen, and you wonder

Tout était parti de cette simple question, qui lui avait échappé, comme un cri du coeur. Il en fallait pas plus à Léo. Contrairement à Sieben, le brun n'avait pas d'attaches. Ils étaient une petite bande de potes, cet été-là. Grâce à Léo. Sieben l’avait vu rassembler ces jeunes qui n’avaient rien en commun, si ce n’étaient leurs rêves trop grands pour eux. Léo, c’était celui qui leur avait tendu la main et qui avait remis des couleurs dans leur vie, comme un souffle d’espoir : il leur avait offert une famille. C’était presque ça. La bande, pour Sieben, c’était la famille qu’il avait jamais eue. C’était la chaleur et la vie qu’il n’avait jamais trouvées dans la sienne. Et aujourd’hui, Léo les entraînait dans une nouvelle aventure, encore un peu plus loin, toujours plus loin. Il avait eu cette idée un peu folle, un peu trop belle peut-être, de tout quitter. De partir, comme ça, tous ensemble. Léo, il avait toujours eu la bougeotte. Il avait ce coeur avide de liberté. Léo, il pensait à tout le monde, et il voulait tous les sauver. C’était aussi beau, aussi simple que ça. « Et si on s’en allait ? »

Sieben, il avait entendu son coeur cogner dans sa poitrine. Il avait eu les yeux brillants. Il avait étiré les lèvres en un sourire de petit enfant. Mais. Mais ses parents. Mais sa maison. Mais l’argent. Mais, mais... Mais il avait peur. Putain, Léo. Tu pouvais pas comprendre, toi qui avais toujours volé librement. Tu pouvais pas comprendre que lui, il n’y arriverait jamais. Alors il pleurait, parce qu’il avait mal, et qu’il avait peur. Et parce qu’il avait honte, aussi. Et puis Léo afficha son doux sourire, avec ce petit quelque chose de mélancolique qui traînait dedans, et il passa sa main dans les mèches folles de son ami. « T'es dans un drôle d'état, Hercules. » qu'il avait dit, simplement. Et Sieben songea qu'avec Léo, il y arriverait peut-être.

Alors il avait pris ses affaires, et il était parti.
Avec la bande.

v.  but there's a heavy cloud inside my head

Bruit de verre brisé. Ça recommençait. Depuis qu’il avait quitté la maison de ses parents pour suivre Léo et vivre avec le reste de la bande, sa vie avait complètement changé. Finie la torpeur des jours figés par l’ennui et les faux-semblants. Fini le silence de la petite maison victorienne, les sourires polis et les dîners sérieux autour du rôti de Madame Connil. Finies les tensions muettes qui liaient les membres de la famille. Désormais, sa vie était remplie d’éclats de rires et de vie, sous toutes ses formes. Ils bougeaient sans arrêt, et n’emportaient jamais que le minimum avec eux. Ils se heurtaient autant qu’ils s’aimaient, dans ce petit groupe de coeurs blessés. Et les cris et les bris étaient de plus en plus fréquents. Il y avait Oscar avec ses histoires. Ça l’avait poursuivi jusque là, où qu’il aille. Il y avait Abel et sa naïveté, Abel et ses sourires gênés, et sa fierté ébranlée. Il y avait Hannah et Cassiopée, Cassiopée et Hannah, les cris et les coups. La jalousie, la méfiance, et puis bientôt le mensonge. Il y avait Oscar qui ne regardait plus, Hannah qui regardait Sieben, Sieben qui regardait Cassio, et Léo qui regardait ailleurs. Impuissant. De toute façon, ils sentaient tous que leur monde s’effritait. Ils ne pourraient pas continuer comme ça, c’était plus qu’une question de temps.

Et puis, un soir, Léo était venu le voir avec son sourire un peu triste :

« C’était sympa, hein. »

Et juste comme ça, c'était déjà fini. Ça n'avait pas duré longtemps. Quelques jours plus tard,
ils repartaient tous de leur côté, et Sieben rentrait au bercail. Il retrouvait sa vie telle qu'il l'avait laissée, inchangée. Mais lui, lui, il avait changé.

Et trois années plus tard, il refaisait sa valise, et fuyait la maison pour la troisième fois. Pour de bon. Il savait pas trop où il allait, il voulait juste partir de Kishika, il irait dans la capitale, il se débrouillerait. Il voulait juste vivre.

vi.  yesterday you told me 'bout the blue blue sky

Finalement, quatre ans plus tard, il habitait Voltapolis. La vie s'était révélée chère, à la capitale. Alors il avait trouvé un petit appart en coloc, dans la ville voisine. Ses compétences en informatique lui avaient permis de trouver du travail, dans une boutique au coin de la rue. S'ajoutaient à cela quelques revenus sporadiques grâce à des petits boulot occasionnels obtenus un peu à la sauvette, par bouche à oreille.

Vers la fin de l'année précédente, il avait mis suffisamment de côté pour s'inscrire à l'académie de Nemerya, en Technosciences, pour continuer d'apprendre. Il suit désormais des cours en alternance, trois jours dans la semaine, et il fait l'aller-retour entre les deux villes sur la journée. Son inscription à l'académie lui a également valu un rendez-vous avec le Professeur Baobad, qui l'a inscrit dans le Groupe des Météores, dont dépend son cursus. Il lui a par la même occasion confié un pokémon qui saurait « lui être utile pour la suite », l'enregistrant donc officiellement comme dresseur pokémon.

Puis, il y a deux mois de cela, son coloc s'est barré, en le laissant en plan. Alors, incapable de payer le loyer seul, il a passé des annonces. Et c'est comme ça que Phoenix a débarqué dans sa vie, en frappant à sa porte, un beau matin.




surnom diraxy
âge 23 ans
Comment as-tu découvert le forum ? je vous stalk depuis l'ouverture krr krr
Ton pokémon préféré ? je sais pluuuus. Pendant longtemps c'était Feunard, mais j'aime tout autant Fantominus, Spectrum, Funécire et Tritox.
Un dernier mot ? désolée d'avance cette fiche sera longue, bon courage ♥


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Stardust : 290
Jeu 13 Avr - 16:15
Bienvenue ♥


- Nilaya Eternara & Kaala & Rek'Sai & Mambo & Lucifer & Arwen -


  
   Kaala        Rek'Sai      Mambo      Lucifer    Arwen
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Ven 14 Avr - 10:00
bienvenue Awww

FOOL'S GARDEN DANS TA FICHE J'AI CRIÉ
j'ai déjà tout dévoré, j'adore ton personnage, bisous Awww
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Ven 14 Avr - 16:42
Bienvenue Sieben !

(et mes excuses pour ce temps d'attente)

J'aime beaucoup ce personnage, son caractère, tout cet environnement construit autour de lui. On a vraiment l'impression qu'il a toujours été dans l'univers du forum et qu'il n'attendait que ta plume pour sortir au grand jour.

Je suppose que tu étais la personne demandant à jouer un medium ? Avec le staff on avait pas du tout compris que tu voulais jouer un télékiniste, mais plus quelqu'un qui communique avec les Spectres (limite pratique l'exorcisme, le ouija) Alors c'est vrai qu'il y a des télékinistes dans les jeux, mais si on accepte un personnage avec des pouvoirs psychiques (aussi petits soit-il) ça peut être la porte ouverte à des dérivés plus extrêmes (et on finit avec des X-men, j'exagère mais tu vois l'idée xD)

Du coup il faudrait juste lui retirer ses capacités de télékinésie et la technokinésie. Pour le second tu peux très bien dire que Sieben est un génie concernant l'informatique (ce qui fait qu'il est ultra doué dans ce domaine). Pour la télékinésie si ça bloque dans ton background on peut évidemment en discuter pour trouver une solution, il n'y a aucun soucis là-dessus ! ^^

Franchement ne te démoralise pas parce que ton personnage a franchement plein de charme !
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Mar 18 Avr - 13:39
Merci pour l'accueil, contente que le personnage vous plaise ♥

romy ; FOOL'S GARDEN C'EST TROP BIEN, OUSH.

lisbeth ; Alors je te rassure, dans la question que j'ai posée avant de m'inscrire je pensais bien à une medium qui communiquerait avec les spectres, et ça c'est pour une autre perso (Phoenix, qui s'est inscrite juste après moi, et que je mentionne dans la dernière phrase de l'histoire de Sieben). Après coup, j'ai pensé à la psychokinésie pour Sieben, et je me suis dit que j'allais tenter pour voir, mais je me doutais que je poussais un peu et c'est tout à fait compréhensible que ça vous embête (ça ouvre effectivement beaucoup de portes, et ça risque d'être délicat à contrôler). Du coup, j'ai édité ma présentation pour retirer toute mention de telles capacités, Sieben est donc un garçon ordinaire avec simplement un intérêt poussé — et une certaine aisance — pour l'informatique. J'ai également changé son starter, et l'aide de porygon en fait un vrai petit génie de l'informatique, mais je pense que tout ceci reste raisonnable et conforme à l'univers de pokémon.

N'hésitez pas à me dire s'il reste tout de même des modifications à faire :3
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Mar 18 Avr - 16:10
Aucun soucis Sieben (et j'ai hâte de voir Phoenix !) Merci au contraire pour ta compréhension et j'aime beaucoup comment tu utilises Porygon et sa nature, si particulière, de Pokémon "web". Je sens que ça peut donner de sacrées situations en jeu. Et comme tu es Météore, tu commences avec des bonus, petit veinard !

Bienvenue sur Dusk Lumiris !

Tu es officiellement validé, félicitations ! Tu peux aller créer ta T-Card, ton journal de bord, et rejoindre le serveur Discord ! Regarde le message ci-dessous pour savoir si ton starter est chromatique. S'il l'est, tu peux modifier sa couleur comme bon te semble. Bon jeu à toi ! Si tu as des questions, n'hésite pas !



Tu obtiens 5 pokéballs, ton starter, 25 pokédollars et 10 stardusts.

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Mar 18 Avr - 16:10
Le membre 'Lisbeth Steinbrech' a effectué l'action suivante : Modération


'Chromatique' :


Le Maître du Jeu est le compte fondateur/pnj principal.
Il effectuera vos modérations. Privilégiez
les MP aux comptes des membres du staff. ♥️
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Mar 18 Avr - 16:49
Ooh un nouveau venu chez les météores, et avec un Porygon en plus **. Bienvenue Rainbow sheep !
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