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The Instagirl (June)
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ft June Suiko
Evelyn voulait voir sa belle tête partout.
Sur les affiches, dans les metros, sur les bouteilles de lait ou encore les paquets de céréales.  C’était un poil narcissique, certes, mais c’était surtout très ambitieux. Pour monter de zéro en héro, d’anonyme à célébrité, il fallait avoir les épaules solides, des rêves pleins les yeux et un peu -beaucoup- d’amour propre. Il fallait aussi des reseaux sociaux soignés, avec des photos splendides. C’était ça, la recette du succès.

Souvent, les gens ne comprennent pas pourquoi les stars font autant de publications, pourquoi elles accordent autant de temps d’importance à de bêtes applications sociales. Ne dit on souvent pas que c’est la première impression qui compte ? Qu’il faut connaitre une personne avant de lui accorder quoi que ce soit ? Dans cette génération où le numérique prime et où l’esthetique domine, dans ce monde éléctronique et connecté, les médias sont comme le premier regard que l’on vous lance dans la rue: primodiaux. Tenir un instagram était donc, pour Evelyn, plus qu’une passion ou un passe-temps. C’était son travail, son métier, son gagne pain, et comme tout bon travailleur, la brune cherchait à gagner plus, à faire mieux. C’est pour cela qu’elle avait décider d’embaucher un nouveau photographe pour son séjour à Lumiris. Son agent s’occupant de quasiment tout, Evelyn devait juste se contenter des entretiens d’embauches. Portant une jolie robe hors de prix, des bijoux en or et des lunettes de soleil de marque, la pléiade était imposante et les habitants de Port-corail remarquait à vue d’oeil qu’elle était une personne importante. Ou du moins, une à en devenir.

« Nyx, tiens toi tranquille, s’il te plait. »

Nyx, c’était l’azurill de la demoiselle. La pokémon sautillait partout, profitant de sa queue rebondissante pour executer mille et une pirouettes. C’était certes, mignon à voir, mais ce n’était pas du tout l’attitude à adopter lors d’un meeting.

Aujourd’hui, c’était June qui allait tenter de remporter le job. Seule, assise à une table sur la terasse d’un café chic, la rouquine attira l’attention d’Evelyn.  La pléiade s’approcha gracieusement de la table de l’inconnue avant de s’y installer.

« June, je présume ? »




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» The Instagirl ;



June aimait son travail. Elle ne pouvait pas se vanter comme d’autres d’avoir accompli son rêve, mais elle savait se satisfaire de sa situation. Bien sûr, elle pouvait dire que la photographie était, dans une certaine mesure, sa passion. Donc pour le commun des mortels elle vivait de sa passion. Mais pour être toute à fait honnête, sa photographie professionnelle et sa photographie passionnelle – et personnelle, pour le coup – étaient quelque peu éloignées.
Jusqu’à présent, elle avait surtout travaillée pour les agences de mannequinat sans prétentions et des magazines féminins qu’elle ne lisait même pas. Sans oublier, bien sûr, quelques travaux annexes pour des institutions ou des particuliers, car la rémunération à la prise ne payait pas toujours, même lorsqu’il s’agissait de mannequins. Elle aurait pu s’en passer, vivant chez ses parents, mais elle ne supportait pas l’idée d’être un fardeau dans tous les aspects de la vie. Elle leur donnait tout l’argent qu’elle gagnait, comme pour racheter une partie de sa culpabilité.

Récemment arrivée à Lumiris, elle avait tout naturellement compté sur ses capacités et son expérience pour se trouver un travail. La tâche s’était cependant avérée légèrement plus délicate. Auparavant, elle avait bénéficié de la notoriété de ses parents pour se faire une petite place, mais à présent elle ne connaissait plus personne. Elle n’avait même pas prévenu ses clients qu’elle partait ; elle avait simplement arrêté de répondre aux appels une fois ses contrats terminés. Ainsi donc, elle était sans contact et sa réputation – exclusivement locale – ne lui était pas d’un grand secours.

Elle s’était donc contentée de petits jobs jusqu’à présent ; des portraits à la maternité, ou encore des photos de soirées de jeunes bourrés de fric et d’alcool. Ce dernier travail lui avait cependant beaucoup plu : ce qu’elle aimait dans la photographie des corps humains, c’était précisément ce que les Hommes cherchaient à dissimuler. Les rides, les irrégularités du teint, les rondeurs et les corps qui se tordaient sous l’effort ; les soirées procuraient de très beaux clichés. Evidemment, elle avait fait correctement son travail pour ce qui était des photos officielles – elle n’était pas une irresponsable – mais elle s’était amusée également. Quelque part, elle avait réussi à entremêler passion et travail, l’espace d’une soirée.
Par ailleurs, c’était une de ces soirées qui lui avait permis de décrocher l’entretien d’embauche auquel elle se rendait ce jour-là. Au détour d’un cliché réussi, une connaissance de l’agent d’un acteur, qui connaissait un autre agent… Un truc du genre. Cela ne l’intéressait pas tellement. Mais c’étaient ces « trucs » qui permettaient de se faire un nom dans ce genre de milieu, malheureusement.

C’était donc pour le compte Instagram d’une certaine Evelyn Rosenbach, mannequin et actrice, lui avait-on dit. On l’avait aussi prévenue que ce serait un travail exigent – elle ne voyait pas où était l’exigence particulière, pour l’instant, mais puisque l’information provenait de Gaspard-les-bon-tuyaux, soit. Le rendez-vous avait été fixé dans un café et, contre toute attente, la mannequin devait être présente. June n’avait pas pour habitude de traiter les mannequins en tant qu’employeur, cette situation ne lui était donc pas familière. Elle ferait de son mieux, cela dit.  

Elle finit par l’apercevoir, tandis qu’elle attendait patiemment en terrasse. En la regardant s’approcher, June ne put s’empêcher de constater qu’effectivement il s’agissait d’une très belle femme, qui respirait l’argent de surcroît. La photographe était sensible à la beauté, moins à la richesse. Mais elle supposa que cela faisait partie du personnage. « C’est exact. Et vous devez être mademoiselle Rosenbach... » répondit-elle à la question de la mannequin, avec sourire qui se voulait engageant. Elle continua. « Je dois vous avouer que je ne m’attendais pas à vous voir seule pour cet entretien. » Ce n’était pas condescendant, loin de là, seulement June doutait un peu de la capacité de jugement artistique et de l’objectivité d’une actrice-mannequin-whatever. Souvent ces gens-là avaient une vision déjà préétablie de ce qui devait être fait. N’allait-elle pas l’ennuyer, ou pire lui faire peur, avec son book ?

« Vous souhaitez commander quelque chose ? » ajouta-t-elle tout en faisant signe à une serveuse. De son côté, elle s’était déjà faite servir un café pour patienter. Ses yeux se posèrent sur l’Azurill qui accompagnait Evelyn. Même lui, il n’était pas comme tout le monde avec sa couleur sombre. Oui, même lui il respirait le luxe. Elle laissa échapper un léger pouffement.

Bien, il n’y avait plus qu’à attendre que l’entretien débute réellement alors.
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ft June Suiko
« C’est cela. Garçon ! Un mojito glacé s’il vous plait. Que prenez vous ? »

Avec cette chaleur épouvantable, il était important de rester hydraté, surtout lorsqu’on est un jeune modèle avec une petite renomée.

Evelyn observa rapidement son interlocutrice de la tête aux pieds. Malgré son style banale, elle était jolie, la rouquine. Avec ses beaux et longs cheveux soyeux, ses yeux envoutants et ses lèvres pulpeuses que beaucoup désirerait d’embrasser. Si la pléiade n’était pas convaincue d’être la perfection incarnée, elle aurait presque été jalouse du physique captivant de la photographe.

« Et bien, mon agent a examiné votre dossier et m’a affirmé que vous étiez une photographe talentieuse. Apparement, vous ne decevez pas et ma requête n’est pas des plus simples. »

Avant de commencer un long et presque barbant monologue, la demoiselle sirota un peu de son délicieux mojito fraichement apporté par un des serveurs. Que c’était bon de sentir le goût de la menthe sur ses papilles ! Que c’était raffraichissant ! Pile poil ce qu’il fallait avant de débuter une tirade ! La demoiselle inspira un bon coup avant de dire:

« Vous allez devoir me filmer dans mon quotidien. Cela implique donc que nous allons passer énormémement de temps ensemble. Bien plus qu’avec n’importe lequel de vos aciens sujets, je suppose. La plus part des scéances seront programmées à l’avance pour vous donner le temps d’avoir certaines idées. En revanche, nous vous demanderons souvent que vous me suivez lors de mes déplacements. Par exemple, si je vais en vacances sur une ile à Alola, vous allez devoir impérativement venir avec moi. Bien sur, le voyage sera entièrement à mes frais. Cela est pareil pour mes scéances shopping ou d’autres de mes sorties, vous allez devoir être avec moi. Certaines journées pourront être vraiment rudes et longues. Sachez donc cela avant de signer. »

Ce job pouvait paraitre complètement ingrat et égoïste, d’un coté. En effet, Evelyn demandait litteralement à une personne de mettre sa vie personelle de coté pour filmer et photographier la sienne. Autant dire que ce genre de conditions de travail pouvait difficilement convenir à un photographe avec des charges importantes tel qu’un enfant, mar exemple. Mais, pour une personne aimant le luxe, l’aventure, Evelyn et les voyages, cette proposition était comme une oasis en plein désert: une véritable bénédiction.

« C’est donc pour ces raisons que je souhaitais m’entretenir personnellement avec vous. Comprenez, madame, que je n’expose pas tout à n’importe qui. Vous serez souvent au coeur de ma vie professionnelle, mais également de ma vie intime. Autant donc apprendre à faire votre connaissance personellement et seule à seule. Qu’en pensez vous ? Toujours interessée ? »

Nyx, l’azurill ayant la même couleur que la nuit, s’approcha de June et s’amusa à frotter sa tête contre sa jambe, comme pour lui faire une espèce de preuve d’affection.

« Navrée, elle est assez collante et énergique.»

Evelyn remit la pokémon bien au chaud dans sa pokéball. Au moins, comme cela, elle se comporterait de façon moins gênante.




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Alors, finalement, ce n’était pas seulement de photographie dont elles allaient parler… C’était à la fois rassurant et plutôt problématique. Le côté rassurant était que la mannequin ne semblait pas vouloir critiquer son art ; elle faisait confiance à son agent, c’était déjà une bonne chose. Il n’y avait donc pas réellement de concurrence, dans le sens où après elle, il n’y avait pas un autre candidat qui attendait d’être jugé. En ce qui concernait l’aspect plus problématique… June ne voulait pas parler d’elle. Avec le temps, elle avait appris à contourner ce problème. Restait à savoir si la jeune femme se laisserait prendre au jeu.

Evidemment, le monologue de la mannequin avait laissée June pensive. N’importe quel professionnel serait quelque peu désarçonné devant la demande. Il ne s’agissait pas seulement d’alimenter un compte Instagram avec des photos issues de séances, il s’agissait réellement d’abandonner une partie de sa propre liberté pour être au service de la dame. Car, à en juger par son discours et par son personnage, les délires shopping, vacances et autres sorties, seraient abondants.
Mais tout bien réfléchi… Quelle liberté June avait-elle à préserver ? Elle était toute nouvelle dans la région. Elle ne connaissait pas grand monde, n’avait pas d’attache ici. Elle n’était pas une aventurière venue conquérir Lumiris, alors bon, hormis faire des photos, que pouvait-elle bien avoir à faire ? Oui, résolument, sinon elle, qui d’autre pourrait accepter un tel travail ?

Elle regarda l’Azurill se faire rappeler dans sa Pokéball. « Ce n’est pas grave, vraiment. » répondit-elle à Evelyn. Qu’un Pokémon se montre si affectueux, cela mettait toujours June un peu mal à l’aise, mais elle comprenait. Ces petites bestioles avaient besoin d’amour. Chose que la mannequin ne semblait pas décidée à donner à son Pokémon, cette fois-ci. Peut-être pour préserver son charisme – qui avait un certain effet sur la photographe, il fallait l’avouer.  

« A priori, si je suis encore là, c’est que vous avez toute mon attention. Alors, n’hésitez pas, s’il y a un sujet qui vous tient particulièrement à cœur et dont vous voudriez discuter… Sachez tout de même que si je suis de l’autre côté de l’appareil, c’est que j’apprécie la discrétion et le secret autant que je préfère écouter et laisser les autres parler. » Car parler de soi, c’était s’exposer. C’était se rendre vulnérable. C’était donner à quelqu’un le pouvoir de vous détruire. Elle continua. « Avant de me prononcer définitivement sur ce travail, cela vous dérangerait-il que je vous pose quelques questions également ? » Question plus rhétorique qu’autre chose, elle poursuivit. « Cela peut vous paraître anecdotique, mais j’y vois un intérêt : quelle relation entretenez-vous avec les Pokémon ? » C’était une question très générale, mais comme elle l’avait mentionnée, cela avait beaucoup de sens pour June.
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ft June Suiko
La question de la magnifique rousse étonna la jeune femme. En effet, ce n’était pas le genre de question que la brune attendait. Elle pensait plutôt à « Combien vais-je gagner ? » ou « Quels seront mes avantages ? » ou encore «  Vais-je aussi recevoir des vêtements de créateurs ? ». Oui, Evelyn espérait une question superficielle et vide de sens. Pourtant, June n’avait rien dit de cela, se demandant simplement comment la demoiselle traitait ses pokémons. Était-ce une fervente protectrice des pokémons ou encore une pokémaniac ? Peut-être bien.

« Mes pokémons sont comme mes enfants. Certes, je n’ai jamais été mère, mais je ne doute pas une seconde que je traiterai ma propre chair de la même manière que je traite mes pokémons: avec fermeté, mais avec amour. »

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Evelyn n’exploitait pas ses pokémons. Elle ne les considérait pas comme de simples « machines à concours » ou de vulgaires outils. Certes, elle était stricte dans ses entrainements et sa manière de les éduquer, mais elle n’était en aucun cas cruelle ou malveillante envers ses « chéries ». D’ailleurs, les gens qui connaissaient véritablement Evelyn pouvaient affirmer avec certitude que la pléiade s’entendait mieux avec ces bestioles nommées pokémons qu’avec le genre humain.

« Alors, June, quelles sont les choses qui vous insupportent ? Vous répugnes ? Vous donnes envie de jeter l’éponge ? » demanda la brunette, plongeant son regard inquisiteur dans les prunelles ruby de la photographe

Pourquoi cette question ? Simple curiosité. En effet, la rouquine était aussi jolie que mystérieuse, et, bizarrement, cela attirait Evelyn. Ce n’était pas que la mannequin veuille s’en faire une amante ou une amie, loin de là, c’est juste qu’il y’avait une aura spéciale qui se dégageait de la fille aux cheveux de feu. Une aura repoussante mais à la fois enchantresse... et cela captivait la belle actrice. Evelyn avait envie de la connaitre. Et le fait qu’elle se trouvait derrière l’objectif et non devant ne la rendait pas moins plus intrigante.  Au contraire. Pourquoi une demoiselle avec un si joli minois désirait se cacher ? Il y’avait forcément une explication, et Evelyn doute que le « manque de confiance » en soit totalement la cause. Il devait y avoir quelque chose de plus profond, de plus secret, et cela titillait la curiosité de la mannequin.

Quels étaient les petits secrets de June ?

« Pourquoi êtes vous devenue photographe ? Soyez honnête. »

Evelyn allait le savoir.

Désolée, je reviens de ma pause et je viens que récemment de recommencer à rp. L’attente était innaceptable malgré tout et je comprends  Gros yeux
Désolée  Gros yeux


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Non, June n’était ni une Pokémaniac ni une défenseuse de la cause Pokémon. Si elle pouvait éviter tout contact avec ces bestioles imprévisibles, cela la soulageait d’un poids. Au quotidien, toutefois, elle supportait très bien une cohabitation – dans la mesure où chacun observait une certaine distance. Alors, quelque part, la réponse du mannequin la rassurait. Ce n’était pas une star gaga de ses compagnons, ni quelqu’un qui les traitait en êtres inférieurs – comme elle-même avait pu le faire. Il n’y avait donc pas à craindre de mauvais souvenirs ou de situations trop gênantes. En dépit des apparences, cette jeune femme était quelqu’un de bien, songea June.

Il ne fallait pas grand-chose à June pour dire d’une personne qu’elle était quelqu’un de bien. Après tout, si elle devait se prendre comme référence, ayant une très faible estime d’elle-même, le compliment était facile. Mais c’était important, à ses yeux. Elle était fragile par bien des aspects… Côtoyer quelqu’un de mauvais la ferait souffrir inutilement. D’autre part, elle aurait toujours la crainte que cette personne la découvre entièrement – ce serait un drame, assurément.

Il n’en fallait globalement pas plus à June pour être convaincue qu’elle pouvait accepter ce job – de toute évidence, elle n’était pas de nature très curieuse à ce niveau-là. Elle s’adapterait au caractère et aux exigences, elle en avait l’intime conviction. Restait donc à convaincre le parti adverse qu’elle était la bonne personne. Cela passait notamment par un interrogatoire quelque peu déplaisant – compte tenu des premières questions.

Comme à son habitude, June était peu démonstrative. Pourtant, intérieurement, elle était terriblement embêtée. Troublée par la question, elle ne savait pas du tout quoi répondre, en toute honnêteté. Beaucoup de choses la faisait tiquer, mais elle n’était pas certaine de pouvoir leur associer le mot « insupportable », simplement parce qu’elle avait appris à relativiser. Quelque part, on en revenait à cette fameuse comparaison avec elle-même. Si elle était l’étalon… Rien ne pouvait être pire. Mais pouvait-elle répondre cela ? Est-ce que cela n’allait pas ouvrir la porte à tout un lot de questions dont elle ne voulait pas entendre ne serait-ce que le premier mot ?

Elle sourit doucement à la Rosenbach. « Je m’insupporte. » Son honnêteté l’insupportait. Sa peur, également. Son passé, son caractère, ses parents, sa solitude… June avait mis du temps avant de s’accepter de nouveau en tant qu’être humain. « Je fais trop souvent les mauvais choix. » Cela se voulait comme un trait d’humour, mais c’était en réalité plein d’ironie, au regard de sa vie. Elle avait choisi de continuer à vivre, et voilà qu’elle menait une vie où elle ne se supportait pas. « J’aimerais changer… Et, pour une fois, ne pas me tromper. » ajoutait-t-elle, en pensant bien évidemment à l’emploi qui était sur la table.

Dire les choses, sans les exprimer très clairement. Voilà le jeu dangereux auquel jouait la rousse, trop honnête pour mentir sans ciller, certainement. Après-tout, dans ce genre d’entretien, n’était-on pas supposé ne dire que des choses positives sur soi ? Hmm… Cela tombait bien, elle avait un truc de non-négatif à dire – enfin, en quelque sorte. « Je ne pense pas jeter l’éponge si facilement, à vrai dire. Je suis venue dans cette région, malgré l’investissement que cela représente – émotionnellement et financièrement –, justement parce que je n’ai pas renoncé. » Pas renoncé à une vie tranquille, ajoutait-elle dans sa tête. « N’ayez pas peur d’être exigeante, si c’est la question. Je compte sur vous pour rester lucide. » Fermement et avec amour, pour reprendre la phrase de la belle.

Quant à ses motivations pour son métier… Cela allait de soi. Ce n’était pas une vocation – non, sa vocation avait été d’être dresseur ; une vocation ratée. « Je vous l’ai dit, je préfère observer qu’être observée. La photographie, c’est exactement cela. On observe, on met en lumière les autres ; les gens sont absorbés par ce que l’on montre et non la personne derrière tout ça. J’accorde beaucoup d’importance au jugement des gens, pour être tout à fait honnête. Peu importe qui ils sont pour me juger. Alors j’essaie autant que possible de me faire oublier, pour ne pas me sentir jugée. » Voilà qui était tout à fait juste, mais qui ne la mettrait pas en difficulté, pensait-elle. Les gens étaient malsains. Elle pensait sincèrement qu’Evelyn pourrait comprendre ce qu’elle ressentait. Après tout, ayant une profession dans laquelle elle était particulièrement exposée, la dame pouvait peut-être ressentir la même chose, par moments ? June continua : « Et surtout, contrairement aux autres formes d’art, la photographie montre toujours une vérité. » Il était difficile de tricher avec la photographie. Une photo – à condition de ne pas avoir été modifiée numériquement – représentait toujours une certaine vérité, un instant qui avait été réel.


[Pas de soucis, t'en fais pas, tu avais prévenu de toute façon °°]
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Après la réponse de la photographe, un vide froid, long, mais pourtant rempli de sens, s’installa entre les deux jeunes femmes. Est-ce que June en avait trop dit ? Peut-être bien. Ce n’était cependant pas la véritable raison derrière cette absence de paroles, cet éternel silence.

La vérité, s’il fallait être honnête, c’était qu’Evelyn était juste extenuée et complètement perdue dans ses pensées.
Ses idées formaient une farandole et un tourbillon de questions, l’écartant progressivement de la réalité. Comment des mots, de simples mots, des mots qui n’étaient pas les siens, pouvaient aussi bien décrire la pléiade ? Comment June pouvait voir si juste, pouvait dire si vrai, alors qu’elle ne parlait même pas de la cordinatrice ? Comment Evelyn, la forte, la confiante, l’indépendante, la belle pouvait se reconnaitre dans des paroles si faibles et absolument dégradantes ?
Quelque chose n’allait pas.

Toujours silencieuse, la jeune femme sirota sa boisson tout en observant une nouvelle fois le portfolio de la rouquine sur son téléphone. Sans doutes voulait elle éviter de croiser le regard de la photographe, ou peut-être voulait elle s’évader en observant les splendides paysages et les soirées arossées illustrées par ces jolies photographies.

« Passionnée de mode ? »demanda Evelyn sur un ton morose, s’attendant surtout à un « oui » comme réponse.

La pléiade adorait le style ainsi que le monde de strass et des paillettes qu’offrait son métier. Elle se sentait bien dans cet univers là; cet univers qui lui permettait de briller comme une comète. Oui, Evelyn aimait ces beaux vêtements qui mettaient son corps en valeur, ces différentes palettes de maquillage qui illuminaient son splendide visage et enfin ces chaussures comfortables qui soulignaient la forme parfaite de ses pieds. Elle adorait poser et être le petit centre de l’univers, ou plutôt, celui de l’objectif. Tout cela lui redonnait quelque chose de bien précieux: une bonne image d’elle même.

À croire qu’au fond, la pléiade n’était pas si differente de June. La seule différence était qu’Evelyn prétendait si fort de s’aimer qu’elle avait fini par le croire. June, elle, ne se mentait pas, ne se faisait pas d’illusions. Deux solutions pour le même problème: le regard des autres.

« Je ne comptais pas être facile envers vous. Je suis très éxigeante...et ravie que vous acceptez le défi. Sinon, êtes vous aimée June ? Où du moins, vous sentez vous aimée ? »

Que ce soit par un copain, une copine, un cousin, un parent, un pokémon, une cousine... avait elle quelqu’un qui l’a rendait spéciale ? Avait elle quelqu’un qui lui montrait sa véritable valeur et qui lui donnait la force d’essayer d’être quelqu’un de meilleur ? Si oui, c’était merveilleux, mais c’était également un problème.

« Vous voyez, avec les horraires que je vous propose, cela sera difficile de rester en contact avec eux. Si vous avez un copain ou une copine, par exemple, vous passerez moins de temps avec, et il est hors de question que j’engage quelqu’un qui n’est pas capable de tout gérer à la fois. Je ne veux pas de pseudo-drama, voyez vous. Soyez donc prête à faire certains sacrifices que votre salaire compensera largement.»

Est-ce que la dernière phrase prononcée par la belle était celle d’une femme vénale ? Totalement. Evelyn aimait l’argent bien plus qu’elle n’aimait ses amis ou ses amourettes, donc, pour elle, faire de tels sacrifices n’était rien. Mais ce n’était pas le cas de tout le monde et elle se devait d’avertir la photographe des conséquences de son potentiel choix.




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Pour être toute à fait franche, June songea, à cet instant, qu’elle avait échoué. Tout semblait l’indiquer : le long silence gênant, l’air absent de l’actrice, le ton maussade de sa question. En avait-elle trop dit ? Avait-elle dit quelque chose de déplacé ? Malheureusement, elle était loin de se douter que ses paroles avaient touché un point sensible de son interlocutrice. Elle se sentit un peu prise au dépourvu, se mordilla la lèvre inférieure nerveusement. Pourquoi Evelyn continuait-elle à lui poser des questions si c’était déjà perdu ? Y avait-il une chance de se rattraper ?

La rousse se rendit compte qu’inconsciemment elle avait placé beaucoup d’espoir dans cette interview. Elle voulait ce job, hein… Sa gorge s’était nouée par l’angoisse d’avoir fait un pas de travers. Elle hésita ; devait-elle s’excuser ? Mais ce n’était pas très glorieux… Elle passerait définitivement pour une moins que rien si elle faisait cela. Alors, finalement, elle se dit que perdu pour perdu, elle n’avait qu’à répondre avec sincérité aux prochaines questions de la dame. S’éclaircissant légèrement la voix pour reprendre contenance, June s’exprima la même douceur que depuis le début de l’entretien. « Je suis dans ce monde depuis mes débuts, il y a quelques années. » Elle sourit. Cela ne voulait pas vraiment dire qu’elle était une passionnée – pour dire vrai, elle ne l’était pas. Mais elle connaissait assez bien ce milieu, à présent. Elle en avait appris les codes et les ressorts, presque malgré elle, à la dure. Ses débuts en particulier avaient été très difficiles humainement parlant – alors que du point de vue de son art, la photographie, ils n’avaient requis que peu de son talent, étrangement.

« Mais je ne doute pas d’avoir encore beaucoup à apprendre, et ce serait avec plaisir, oui. » De son point de vue, même après 20 ans de carrière – années d’expérience qu’elle n’avait d’ailleurs pas – on pouvait toujours apprendre. De la jeunesse, notamment – ces enfants inexpérimentés, qui arrivaient avec leurs idéaux farfelus, sûrs d’eux, sûrs que le monde leur appartiendrait. Et le monde leur appartenait.

Son esprit vagabondant, elle en oublia presque la question suivante. Aimée ? Son sourire disparut. Si elle trouvait légèrement surprenant – presque déplacé, même – qu’on lui posât la question, June en comprit les raisons cependant. Evelyn s’était déjà fait très claire sur le sujet, d’ailleurs. Etrangement, passé l’étonnement du moment, la rousse trouva qu’il lui était extrêmement facile d’y répondre. Normal, quelque part… « Je n’ai pas de famille. Mes parents sont loin… » Ils mourraient probablement sans qu’elle le sache. A cette pensée, une pointe invisible lui transperça la poitrine. Ils avaient fait beaucoup pour elle, et elle les avait abandonnés. « Je n’ai que très peu de connaissances ici, à l’heure actuelle. Il y a bien quelqu’un qui m’aime… Mais c’est un Pokémon. Vous n’avez rien à craindre, je suppose. » Elle haussa les épaules. Contrairement à tout à l’heure, sur ce coup-là, June savait qu’elle marquait des points. La mannequin cherchait quelqu’un qui avait renoncé à sa liberté, quelqu’un qui lui serait entièrement dévoué. Elle le serait.

Il ne lui avait pas échappé que l’actrice aimait l’argent. Dès le départ, paraissant avec tout l’attirail de la femme fortunée, elle avait fait forte impression à June de ce côté-là. S’entendre dire de vive voix que tous les sacrifices qu’elle ferait seraient compensés financièrement lui fit cependant mal. Elle s’en foutait qu’Evelyn soit attirée par l’argent. Elle s’en foutait de sacrifier sa vie personnelle – surtout compte tenu du désert social dans lequel elle vivait. Mais elle trouvait assez indélicat qu’on lui signifie, si explicitement, qu’on l’achetait comme on achèterait un animal de compagnie. Elle songea amèrement que c’était le monde dans lequel on vivait de nos jours et qu’elle devrait certainement faire avec. Alors, combien valait sa vie ? « En parlant de compensation… Je suppose que je verrai toutes les questions, disons d’ordre pratique, avec votre agent une fois que vous vous serez décidée ? »
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