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After all these years. - Ft. Ezekiel
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After all

These years

"After all this time, I'm glad to see you again. But you, are you ?" - Feat Ezekiel & Achille


La vie, cette jolie vie. Tu la vis, sans vraiment la vivre. Tu fais ce que tu as à faire et le peu de choses que tu aimes faire, sans en faire plus.  Parce que tu n’as plus goût à rien. Tu n’as plus foi en personne. Car les seuls en qui tu avais placé tout ton espoir ont disparu, un à un. Enfin, récemment -il y a quelques mois-, tu as recroisé Lucian. Vous avez repris contact, pourtant plus rien n’est comme avant. Tu essaies de le soutenir, mais c’est difficile, tu ne sais pas trop comment t’y prendre -continuer d’essayer de lui faire comprendre que sa sœur ne reviendra jamais, alors qu’il croit tout le contraire ? Non tu as déjà tenté, rien n’y fait. Donc, pour ne pas le blesser plus qu’il ne l’est, tu rentres dans son jeu, en lui disant que oui, Kattie reviendra. Mais tu sais parfaitement que c’est faux, que ce n’est qu’une illusion que s’est faite le pauvre jeune homme.-

Alors même que tu as vingt-six ans, et que ce manège-là dure depuis plus de vingt-ans maintenant, tu viens encore à te demander pourquoi tu as dû subir tout ça. Finalement, tu te tortures plus l’esprit qu’autre chose. Parce que tu n’auras jamais de réponse, jamais. Tu vivras jusqu’à la fin avec cette frustration de ne jamais avoir eu d’explications. Peut-être est-il donc préférable que tu cesses de ressasser encore et encore tous ces douloureux souvenirs ? Peut-être devrais-tu tourner la page ? Ah oui, excuse-moi, c’est vrai que tu n’as jamais réussi. Tu as eu beau essayer, jamais au grand jamais tu n’as franchi le cap. C’est triste. Ta vie est triste, morose. Mais tu n’y peux rien, tu n’as pas le choix. Tu n’es que la simple marionnette de ta propre existence -si triste et si pathétique-.

Tu es chez toi, dans ton appartement, à Fort-des-Songes. Affalé sur ton lit, ton stylo que tu fais tourner entre tes doigts, tu réfléchis. Tu penses à ton nouveau roman -ou plutôt celui que tu n’as toujours pas réussi à terminer. Tu n’y arrives tellement pas, à le finaliser, que tu fais des pauses, et tu écris autre chose en attendant de parvenir à rédiger celui-ci-. Les mots ne te viennent pas. L’encre ne se dépose pas sur le papier et, pour cause, ton cœur rate un battement à chaque fois que tu t’apprêtes à y déposer ne serait-ce qu’une phrase. Parce qu’il te fait mal, cet écrit que tu te doit d’écrire. C’est ta promesse, celle que tu lui as faite. Et tu ne peux pas faillir à ta mission -tu dois honorer sa mémoire-. Tu dois faire ça pour elle, pour sa famille -tu t’y es engagé-. Et puis, elle a marqué ta vie, tu lui dois bien ça ? D’ailleurs vos conversations te manquent cruellement. Parfois, quand tu y repenses, une larme vient glisser le long de ta joue -tu aimerais tant qu’elle soit encore là-. Tu aimerais tant la revoir, ne serait-ce qu’une dernière fois. Car elle a réussi à te redonner ce sourire magnifique -sourire que tu avais rarement eu-.

Dehors, il pleut. Tu n’as pas envie de bouger, tu voudrais pouvoir rester éternellement allongé sur ce lit, seule épaule à tes pleurs. Pourtant, tu te dois de te préparer. Tu as été convié à un repas dans un restaurant pour le moins chic. Oui, tu es reconnu, alors on t’invite à des soirées et des repas. Il faut dire que ton dernier livre a été très bien accueilli par la critique -il faut dire que tu y as transposé beaucoup de tes émotions, et tes lecteurs adorent ça, ils en raffolent-. Tu n’as pas réellement envie d’y aller, car ce n’est pas ton milieu -ça ne l’a jamais été-. Aujourd’hui, tu as de bons revenus grâce à tes bouquins qui marchent bien. Mais avant, avec ta famille, vous viviez dans la peur d’être obligé de vendre votre maison et de vous retrouver à la rue. C’est ça, ton monde -cette douce pauvreté-. En plus, tu n’aimes pas réellement les personnes qui se trouvent à ces soirées mondaines. Ils sont tous faux, égocentriques, et croient que tout leur est dû. Enfin, tu n’as pas vraiment le choix. Alors tu te lèves, tu te prends une douche rapide, puis tu enfiles un joli costume -il te va à ravir d’ailleurs-.

Et puis, tu t’armes d’un parapluie. Tu es désormais prêt à affronter la tempête -quelle ironie-. Heureusement, le restaurant est à deux pas de chez toi, tu pourras rentrer rapidement. D’ailleurs, tu arrives rapidement -trop rapidement à ton goût-. Mais, avant de pénétrer dans l’enceinte du bâtiment, tu t’arrêtes devant la porte, et tu inspires un grand coup. Tu n’as pas envie, mais tu n’as pas le choix -à croire que la vie ne te laisse jamais le choix mon pauvre-. Et puis, tu t’appliques à mettre en place ton sourire de façade, avant de pousser la porte tout en refermant ton parapluie. Un serveur t’accueille alors, et t’indiques la table à laquelle tu mangeras, après que tous les convives aient bu une coupe de champagne. Tu rejoins alors tout ce beau monde -ironie quand tu nous tiens- que tu salues tour à tour. Il y a une table, au fond de la salle, sur laquelle sont déposés tout un tas d’amuse-bouche. Tu as peur d’en prendre, de te servir, tant ce n’est pas une habitude chez toi. En plus, tout ça à l’air de coûter terriblement cher -heureusement, ce n’est pas toi qui paie-, mais tu te sens mal à l’aise. Alors tu ne prends qu’une simple coupe, et te ranges dans un coin. Quelques personnes passantes par-là te félicitent pour tes écrits -elles mentent, tu en es certain. Elles n’ont clairement pas lu tes livres, ça se voit sur leur visage-. Alors tu les remercies simplement, et, grâce à Arceus, elles s’éloignent.

Tu te retrouves alors seul. Tu scrutes la salle qui est drôlement belle, personne ne peut le nier. Les serveurs sont bien habillés, les tables bien dressées, les luminaires au plafond sont magnifiques. Si mes parents pouvaient voir ça… D’ailleurs, une idée se niche dans ton esprit : cela fait plusieurs semaines que tu n’as pas vu ton père et ta sœur, tu pourrais les inviter au restaurant ? Ils le méritent, ils méritent de connaitre ce genre d’endroits eux-aussi. Et, tandis que tu es dans tes pensées -comme souvent-, tu n’aperçois pas directement le serveur qui se trouve non loin de toi, et qui est probablement venu débarrasser quelques plats déjà vides. Mais dès lors que tu reviens sur terre, tu ne peux t’empêcher de rester bouche-bée. Non, ce n’est pas possible. Le hasard, la coïncidence, tout est beaucoup trop gros. Après toutes ces années, quelles sont les chances que tu le retrouves ici, à Fort-des-Songes ? Quoique, il fallait dire que tu avais croisé Lucian en cette même ville -votre destin allait-il faire en sorte que vous vous retrouviez tous ici ?-. Tu met quelques secondes avant de réagir, avant de parler. Tu t’approches alors de lui, ton regard ayant retrouvé une légère lueur d’espoir. Tu ne fais que de te répéter que ce devait être un rêve. Mais non, c’est bien lui, tu en es certain.

« - Ez… Ezekiel, c’est bien toi ? »

Ta voix est tremblante, tu continues de rester bouche-bée -tu as l’air un peu bizarre vu comme ça, mais tu n’y peux rien-. Tu n’as rien trouvé de mieux à dire que ça, parce que tu es totalement perdu. Mais tu es heureux -dois-tu l’être ? L’es-tu réellement ? Car est-ce que tu as le droit d’être heureux ? Le sera-t-il lui ?-. Toutes ces questions se bousculent dans ta tête tandis que tu fixes -sans réellement le fixer- ton ami d’enfance -peux-tu encore le considérer ainsi ? Tu le veux, et tu espères que tu le peux-.
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feat Achille Trinisky
« Du nerf Fitzgerald ! » Tu sers les dents, acquiesce en silence. Tu n’as pas le choix… Ou plutôt, tu ne l’as plus. Ce boulot, tu ne peux pas te permettre de le perdre comme les dizaines d’autres avant lui. C’est une chance inestimable, tu sais ? Qu’on veuille de ta dépouille dans un tel établissement… Ça n’a pas de valeur. Ton curriculum vitae n’était pas flatteur. (Il était à ton image) C’était celui d’un raté, d’un minable, d’un homme dont personne ne voulait. Tout ça parce que tu n’avais jamais réussi à t’adapter. Tu n’avais jamais réussi à te mêler à la classe populaire, à oublier d’où tu venais et qui tu étais. Tes mains étaient celles d’un enfant roi, d’un paria de la haute société, d’un minable n’ayant jamais travaillé. Mais cette fois, il fallait que ce soit différent. Pour la première fois en trois ans, tu étais parvenu à te trouver un travail plus respectable que le service d’un fast-food et tu avais promis à Eden de réussir. Elle comptait sur toi. Tu ne pouvais pas échouer pour une énième fois. Tu ne pouvais pas la décevoir. (Tu parvenais toujours à la décevoir…)

« Oui patron. » Tu prends sur toi. C’est désormais la forme que revêt ton quotidien. C’est désormais le sens de ta vie. Chaque fois, tu te plis au service de tout un tas de gens plus importants que toi et tu subis sans poser de questions. Après tout, c’est tout ce que tu mérites n’est-ce pas ? Tu as cessé d’espérer, depuis longtemps, que le vent tournerait. Ton monde à toi est noir. Il ne brille plus de rien du moindre espoir. Il se contente d’endurer et d’attendre que tout cela passe… Car il y a forcément une fin à tout ceci, non ? Tu ne peux peut-être pas te permettre de précipiter les choses, mais tu t’endors chaque soir avec l’espoir que ton corps ne supportera pas la prochaine épidémie. C’est plus fort que toi.

Cette vie, tu la détestes. Il n’y a qu’Eden pour te forcer d’y rester.
En son absence, aurais-tu été capable de respecter ta promesse ? (Ça aurait été quand même moins compliqué si tu étais mort du premier coup…)

Ce soir, c’est soirée mondaine. Et ça fait mal. Ça fait mal de craindre sans cesse un visage connu, une vieille âme capable de se remémorer le visage de l’enfant raté des Fitzgerald. Tu as peur. (Tu es un trouillard, tu l’as toujours été.) C’est un sentiment qui ne se contrôle pas, mais qui puise sa force dans tous les regards qui se sont posés sur toi après la sortie du magazine. Tu as déjà trop souffert. Tu n’en méritais pas tant. Tu sais que le prix à payer pour toutes les atrocités commises était haut… Mais n’acquitteras-tu donc jamais ta dette ? Un masque d’indifférence sur le visage pour mieux couvrir l’inquiétude et la douleur, tu nettoies les tables tout en veillant à ne jamais croiser le regard des convives. C’est difficile, n’est-ce pas, d’être de l’autre côté ? À une époque, c’était toi que l’on invitait à ce genre de soirées. C’était ta place que l’on réservait. Et maintenant… Et maintenant, il n’y avait plus rien de tout ça. En trois ans, tu étais tombé dans l’anonymat. Tes parents avaient nettoyé leur réputation en te répudiant et plus personne n’avait entendu parler de toi. Tu avais complètement disparu et tu n’étais même pas capable d’imaginer le genre d’excuse qu’ils avaient brodés de leurs mains pour justifier ton absence. Avaient-ils prétendu que tu étais retourné à Johto ? Avaient-ils feint l’ignorance, prétendu que tu n’avais jamais existé ? Tu ne le saurais sans doute jamais. (Eux et toi n’aviez rien de plus à vous dire.)

De retour à la plonge, tu déposes les assiettes vides sur la table métallique puis tu passes une main dans tes cheveux soigneusement coiffés pour l’occasion. Tu n’étais rien de plus qu’un minable. Tu étais un minable qui jouait le rôle d’un adulte parce qu’il n’avait pas d’autres choix. La vue de ton reflet dans un miroir te dégoutait, le contact de ta propre beau te donnait envie de gerber, le son de ta voix te faisait envier la surdité d’Eden… Plus rien de tout ce que tu représentais ne t’inspirait la moindre empathie. Tu n’étais plus un être humain respectable… Tu n’étais plus un être humain, point. Mais tu devais jouer le jeu, faire semblant. Dans les soirées comme celle-ci, tu devais enfiler ton plus beau masque et faire semblant que tout allait bien, car telles étaient les attentes que l’on plaçait en toi.

Sauf que ça ne durait jamais bien longtemps.

Un jour ou l’autre, le masque finissait par se fissurer. Tu perdais le contrôle, plaçait un mot de trop, faisais un geste de travers et, aussitôt, on s’empressait de chasser le problème. (Bienvenue dans le pattern de la vie d’Ezekiel Fitzgerald…) Tu n’avais ta place nulle part. Tu étais la raison pour laquelle votre vie était si pitoyable. Pourquoi n’y arrivais-tu jamais ? Pourquoi devais-tu détruire de tes mains toutes tes chances d’y parvenir ? Ignorant ton questionnement et les idées qui grouillent dans ta tête, tu repasses la porte battante menant à la salle afin d’attaquer une autre table. Surtout, faire le vide. Effacer les questions de son esprit et obéir, tout simplement. Le temps n’est pas propice aux questionnements. Il ne l’est jamais. Un peu agité malgré toi, tu commences à empiler frénétiquement lorsqu’une voix s’élève à tes oreilles. « Ez… Ezekiel, c’est bien toi ? » Tu te figes alors systématiquement. Tu n’oses pas regarder derrière toi. Cette voix, tu ne la reconnais pas. Ce n’est pas un timbre familier, ce n’est pas un bon signe. Tes craintes étaient fondées : jamais tu n’aurais dû accepter de travailler ce soir. Tu aurais dû prétendre être malade ou, encore mieux, l’être réellement. Tu aurais dû boire jusqu’à en perdre le respect de toi-même puis appeler ton patron pour démissionner. N’importe quoi. N’importe quoi pour ne pas avoir à vivre cet instant.

Déglutissant, tu délaisses ton travaille quelques secondes afin de retourner ta tête vers ton interlocuteur. Ton cœur ratte alors un battement. Ça ne peut pas être vrai. Il a, certes, bien vieilli en dix ans, mais jamais tu ne pourras oublier le visage d’Achille Trinisky. Il est gravé dans ta mémoire comme une malédiction qu’un dixième de siècle n’a pas suffi à résoudre. Un éclat de panique traverse ton regard alors que tu t’empresses de te retourner pour mieux attraper tes assiettes mises de côté. Tu tentes de garder ton calme, de ne pas te trahir, mais le son de ta voix se casse lorsque tu parviens enfin à lui répondre. « Je suis désolé Monsieur, mais je crois que vous avez fait erreur sur la personne. » Tu ne veux pas. Tu ne veux pas que cette image soit celle qu’Achille aura de toi désormais. Tu veux qu’il se souvienne de l’enfant que tu étais, de l’enfant que tu as tué. Tu veux qu’il garde en mémoire l’illusion d’un adolescent heureux. Tu n’as plus d’amour propre, le regard des gens ne te concerne plus… Mais l’opinion d’un ami d’enfance est toujours différente. Le Trinisky avait été témoins de la version la plus aboutie de toi-même… Et aucune mise à jour ne s’imposait.

Tu étais très loin de ta superbe d’antan. Mais si elle pouvait survivre dans l’esprit de quelqu’un… Alors peut-être pouvait-on considérer que tu n’avais pas tout perdu ?

Ramassant la pile de vaisselle sale, tu passes à côté du jeune adulte sans oser lui jeter un œil. « Pardonnez-moi » Sauf que ta voix manque cruellement de certitude. Elle est ébranlée, fragilisée, cassante. S’il t’entendait, le monde entier saurait que quelque chose ne tourne pas rond. Alors en quel nom continues-tu de te battre ?
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Un léger sourire s’esquisse sur ton visage. Parce que tu es heureux, malgré tout, de le revoir après autant d’années. Mais, en même temps, tu appréhendes ce moment où il va se retourner -il n’a pas dû reconnaitre ta voix, il faut dire que ton timbre de voix a drôlement changé depuis que tu t’ais mis à fumer ; plus rauque, plus éraillée-. Quelle va être sa réaction ? Tu as peur, comme tu as hâte. Tu as peur, comme le jour où Lucian a croisé de nouveau ta route -et, finalement, ça s’était plutôt bien passé-. Alors là, est-ce que vos retrouvailles allaient être agréables ? -pouvaient-elles seulement l’être, après tout ce qu’il s’était passé ? Ezekiel n’est pas comme Lucian, il est sûrement conscient que rien ne reviendrait à la normale, pas après ça-.  

Et puis, ce sourire qui n’était qu’un sourire de façade jusque-là, rayonna soudainement sur ton visage, lorsque le concerné se retourna vers toi - depuis que Louise avait disparu, jamais tu n’avais retrouvé ce petit éclat de joie sur ton visage -. Tu avais envie de le prendre dans tes bras, de lui demander comment il allait après toutes ces années - est-ce une question à poser après tout ? -. Il a bien grandi, mais il n’a pas réellement changé – enfin, en même temps, comment aurais-tu pu oublier le visage de l’un de tes six sauveurs ? -. Mais du coup, tu es un peu perdu, tu ne sais pas réellement trop quel comportement adopter, ni quels mots employer. Tu es ému, tu es bouleversé – oui, comme tu l’as été avec Lucian -. Ton regard est plein de chaleur – voilà des années que ça n’avait pas été le cas -. Jusqu’à ce que tu remarques la détresse dans le sien.

L’incompréhension est totale lorsqu’il se retourne prestement vers ses assiettes. La panique te prend. Que se passe-t-il, est-ce l’effet de la surprise qui le fait réagir ainsi ? Lui as-tu fais peur ? As-tu dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? – difficile à croire, tu n’en avais prononcé que quatre -. Et là, ton cœur s’arrête net. Il se serre, il s’effrite, il explose même dans le creux de ta poitrine. Que… Quoi ? Que vient-il de dire ? Tu ne comprends pas. Tu n’es pas en train de faire erreur sur la personne, impossible. Tu sais que c’est lui. Alors… pourquoi ? Pourquoi fait-il comme s’il ne te connait ? Tu serres les dents, tu fixes le sol. Tes amis étaient, et sont encore tout pour toi à l’heure actuelle, même si tu ne les as pas vu depuis dix ans. Ils restent tes amis. Tu leur dois tout, et jamais tu ne les remercieras assez pour tous ces bons moments que vous avez pu passer ensemble. Jamais tu ne les remercieras assez qu’ils t’aient aidé à te sortir de ce trou dans lequel tu étais destiné à plonger lorsque ta mère est décédée. Alors, le voir faire comme si de rien n’était… ça te détruis plus que tu ne l’es déjà.

Tu as les larmes aux yeux. Tu passes rapidement ta main afin de faire fuir le chagrin qui se fait de plus en plus fort. Ton cœur bat fort, à tout rompre. Tu trembles même un peu. Finalement, tu as plus envie de fuir qu’autre chose. Tu ne voulais déjà pas être là, après tout. Mais si en plus tu croises ton ami d’enfance qui t’ignores, tu ne vas pas pouvoir supporter ce nouveau raz-de-marée de souffrance. Tu en as marre, de cette douleur qui te tord la poitrine constamment. Tu en as marre, marre, marre. Et puis, tu ne peux pas le laisser partir, pas comme ça, pas une nouvelle fois. Il y a dix ans, tu les as tous laissé s’éloigner, sans avoir rien fait. Et ce schéma ne va pas se reproduire une seconde fois. Non, car tu vas faire ce qui est en ton pouvoir pour lui parler. Tu ne vas pas le laisser s’échapper comme ça, sans explications.

Alors qu’il prend sa pile de vaisselle, et qu’il passe devant toi, tu lui attrapes le bras – tout en prenant soin de ne pas l’arrêter brusquement, de sorte à ce qu’il ne fasse pas tomber ce qu’il est en train de porter ; tu t’en voudrais trop si ce scénario catastrophe se produisait -. Tu attends plusieurs secondes – qui semblent être des minutes – avant de prendre la parole. Tu le fixes, avec cette boule dans la gorge qui ne veut pas s’en aller. Tu inspires un grand coup, essayant de chasser toutes ces mauvaises émotions qui habitent ton esprit. Tu ne voulais pas que tes retrouvailles avec chacun d’eux se passent mal – ça n’avait pas été le cas avec Lucian -, alors pourquoi là, maintenant, tout semble mal parti ?

« - Pourquoi tu fais semblant ? »

C’est la seule phrase qui, actuellement, est venue à ton esprit. La seule que tu as réussi à formuler et à prononcer, malgré ta voix tremblante et cette putain de boule dans la gorge, dans le ventre. Tu as mal. Tu te demandes pourquoi. Tu as tellement de questions qui se bousculent, c’est un véritable enfer, là-haut, dans ton esprit. Un véritable bordel. Mais, peut-être qu’au final… Il ne t’a tout simplement pas reconnu ? Tu pensais ne pas avoir réellement changé depuis le temps ; tu avais certes bien grandi, mais ton visage été resté sensiblement le même. Oui, mais pourquoi aurait-il dit qu’il n’était pas Ezekiel ? Tu finis par lui lâcher le bras, et tu te frottes le front durant quelques secondes avec ta main. Mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? Et puis, ton regard se dirige vers le sol. Tu as soudainement honte. Peut-être qu’il ne voulait pas te revoir, tout simplement. Et, dans ce cas, tu ne pouvais l’obliger à rien. Mais bon sang que ça te faisait terriblement mal.

« - Je ne pensais pas que nos retrouvailles se passeraient ainsi, même après dix ans… Mais bon, si tu ne veux pas me revoir, je comprendrai bien… »

Ta douleur, elle se sentait dans ta voix. Tu avais envie de pleurer, de t’effondrer. Mais tu ne pouvais pas, tu n’avais pas le droit, pas ici. Parce que quelques regards curieux s’étaient déjà dirigés vers vous. Quelle image aurait toutes ces personnes si tu venais à te comporter comme un enfant ? Tu pourrais alors dire adieu à ta carrière. Tu ferais plutôt ça tout à l’heure, en rentrant chez toi – comme tous les jours, tous les soirs, toutes les nuits finalement -. En attendant, tu te retournes vivement, attrapant un mouchoir dans ta poche. Personne ne doit voir l’état dans lequel tu te trouves. Personne ne doit comprendre. Et puis, tu t’empresses de remettre ton masque, tandis que certaines personnes jettent des coups d’œil vers vous. Tu leur souris, simplement. Alors qu’au fond, tu as juste envie de fuir.
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Le masque.
Le masque.
Le masque putain.

Surtout ne rien laisser paraître, faire comme si tout allait bien, comme si cette méprise était un grain de sel dans l’océan. Les gens se trompent tous les jours… Ils se trompent de nom, de visage, d’identité. Ils se méprennent continuellement parce qu’au fond, plus personne n’est vraiment unique. Il y a trop d’êtres humains sur la planète pour estimer le caractère totalement inédit et individuel de chacun d’eux… Aborder la mauvaise personne dans le métro, dans la rue, au restaurant n’était donc plus quelque chose d'inhabituel. Les gens s’excusaient, rigolaient parfois puis tournaient la page sur cet évènement fâcheux sans insister. Parce que l’erreur était humaine, les gens comprenaient. C’était sans doute ce qui allait se produire ici et maintenant. Achille allait se morfondre en excuses, tu allais lui répéter que ce n’était pas grave puis il oublierait. Il serait peut-être un peu troublé, troublé d’avoir croisé ton sosie, mais il ne t’associerait pas à lui. À toi-même. À l’adulte que tu étais devenu. Et c’était tout ce qui comptait. Tu ne pouvais pas accepter qu’Achille te voit ainsi. C’était un coup bas de trop orchestré par la vie. C’était un coup de poignard parmi une centaines d’autres. Elle te martelait continuellement, elle s’acharnait. À chaque semblant de stabilité que tu semblais pouvoir dégager de ta noirceur, elle mettait tout en œuvre pour te rappeler que tu ne contrôlais, en réalité, rien du tout. (Que tu n’es qu’un pion de plus à sacrifier sur son échiquier.)

Tu aurais aimé pouvoir le regarder en face, lui dire que tout allait bien, que tu menais la vie dont tu avais toujours rêvé. Mais le mensonge aurait été trop gros, trop utopique. Il n’aurait pas pu y croire. À une époque, Achille t’avait tant apporté. Lui et les cinq autres avaient été le centre de ta vie, mais avec lui ça avait toujours été un peu différent. Un peu plus… ambigu. Il n’avait pas été ton premier amour, mais il avait été sans conteste le cœur de tous tes péchés. Au regard de toute la misère née de cette dépravation, ça aurait été facile de lui en vouloir, n’est-ce pas ? Tu avais tant détesté Lucas après tout… Détester les gens pour tes propres erreurs, c’était une façon pour toi de limiter la propagation de ta souffrance. C’était une manière pour toi de te couvrir de belles illusions, de croire que tu n’étais pas seul dans tout cet enfer. Sauf que c’était surtout un mensonge fait à toi-même. Tu avais craché sur Lucas toute ta colère, toute ta haine. Il ne restait désormais plus rien. Tu étais passé à autre chose, tu t’étais conformé, tu t’étais guéri. Achille n’avait pas demandé à être ton premier crush. Toi seul aurait dû comprendre que quelque chose n’allait pas, que cette attirance contre nature méritait que l’on s’oppose à elle. Tu ne l’avais pas fait. Lui n’était pas responsable de ton égarement.

Passant à côté du jeune homme, tu veilles à ne surtout pas croiser son regard. Tes yeux restent fixes sur la porte, ne s’en détournent pas… Et même lorsque sa main agrippe ton bras osseux, tu ne réagis pas. Tu fixes la porte, garde le menton haut, fais semblant d’être en contrôle. (De toute manière, tu fais toujours semblant…) Pourquoi insiste-t-il ? De quel droit se permet-il d’arrêter ainsi ton roulement, ton service ? Tu n’es qu’un inconnu. Ezekiel Fitzgerald est mort. (Tu l’as tué de tes propres mains, tu as toi-même mis un terme à sa vie !) Il est décédé le jour où Kattie a disparue, le jour où tu as compris que toi, Achille et les cinq autres étiez différents. Qu’espère-t-il sincèrement ? Que vos retrouvailles seront belles ? Il doit se douter que quelque chose ne va pas… Que l’Ezekiel de ses souvenirs n’aurait jamais dû s’occuper du service, qu’il aurait dû se tenir à son échelle. Alors pourquoi te retenir ? Pourquoi t’empêcher de tracer ta route, pourquoi se faire souffrir davantage ? « Pourquoi tu fais semblant ? » Tu fronces légèrement les sourcils. C’est à peine perceptible, mais cette réaction est la première que tu lui offres depuis qu’il te retient contre ton gré. Tu ne peux pas te permettre de taper un scandale, de laisser les émotions parler pour toi et de t’emporter. Alors tu te bornes au mutisme. Cette question possède milles réponses que tu voudrais soudainement lui cracher au visage, mais tu ne peux pas. Ta mâchoire se serre.

Tu es heureux pour lui, heureux que les rôles se soient inversés. Heureux que lui ait été invité ici alors que tu n’es rien de plus qu’un chien à son service. Tu es sincèrement heureux pour lui. Il a eu ce qu’il méritait et toi aussi. Mais toi, tu n’es plus capable d’admirer ton reflet dans le miroir. À chaque jour, ton esprit se bat contre des souvenirs horribles, contre une vie qui n’en est pas une. Tu fais semblant de ne pas le reconnaître parce que tu ne veux pas altérer l’enfant que tu étais ni l’image qu’il a de toi. Parce que tu ne veux pas souiller ta jeunesse. Vous n’êtes plus la même personne, tu n’es plus l’ami d’Achille Trinisky. C’est la vie.

Lorsqu’il relâche ton bras, tu roules légèrement les épaules afin de briser la sensation de ses doigts sur ta peau diaphane. Tu laisses le silence se prolonger, tu attends un signe, une indication à continuer ta route. Sauf qu’elle ne vient pas. Le jeune homme se masse le front, tentes visiblement de faire le tri dans ses pensées. Et toi, tu restes là : immobile, faussement indifférent, incapable de contrôler tes émotions. « Je ne pensais pas que nos retrouvailles se passeraient ainsi, même après dix ans… Mais bon, si tu ne veux pas me revoir, je comprendrai bien… » Vos... retrouvailles ? Tes doigts se crispent sur tes assiettes, tes lèvres se pincent. Jetant un œil rapide autour de vous, tu comprends aussitôt que vous êtes en train d’attirer l’attention de quelques curieux dans l’assemblée. Ça ne te plait pas. Ça ne te plait pas du tout. Transférant tes assiettes dans une seule main (Comment un corps comme le tien peut-il supporter un tel poids ?), tu saisis le poignet d’Achille puis le force à te suivre à l’arrière du restaurant.

Vous êtes seuls.

En arrivant, tu t’empresses de déposer dans un claquement sonore tout ton fardeau puis tu te retournes instantanément vers lui. Tu essuies tes mains sur ton tablier, prend une grande inspiration, tentes de garder ton calme. C’est peine perdue. « À quoi tu joues Achille Trinisky ? » Tu es en colère. Tu es en colère parce que tu ne sais rien faire de plus. Les années t’ont transformé en brute, en animal sauvage que les blessures rendent malins. Ce n’est pas sa faute. Lui n’est qu’un dommage collatéral de toutes les atrocités précédant son retour. Quelques années plus tôt, les chose se seraient sans doute passées différemment. Quelques années plus tôt, vous auriez célébré ces retrouvailles inattendues. Mais pas aujourd’hui. « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Qu’est-ce que je peux encore apporter à ta vie ? » Tes doigts se crispent sur ton tablier, s’enfoncent dans ta peau au travers. Ce n’est pas juste. Ça ne devait pas arriver. S’il n’y avait pas eu les regards, les questions, l’insistance… Tu aurais pu faire comme si de rien n’était. Ce soir, en arrivant, Eden aurait admiré tes larmes pour la centième fois et l’histoire aurait touché à sa fin sans faire d’autres blessés. Pourquoi ça ne se passait jamais comme ça ? « Qu’espères-tu en me reparlant ? Qu’on va discuter comme si les dix dernières années n’avaient jamais eu lieu, qu’on va se remémorer le passé en rigolant et qu’on va se prendre dans nos bras comme de bons vieux amis ? Dis-le-moi ! » Le ton de ta voix était monté. Tu t’étais emporté. Tu n’étais pas stable… Tu ne le paraissais même pas.

Tu devais seulement savoir quel intérêt y avait-il encore à te parler à ce jour…
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"After all this time, I'm glad to see you again. But you, are you ?" - Feat Ezekiel & Achille


Tu es pitoyable, Achille Trinisky.

Tu es misérable, stupide, minable. Tu es peut-être un peu trop idéaliste aussi – chose rare, mais parfois, ça t’arrive d’avoir une petite lueur d’espoir -. Mais là, qu’est-ce que tu espérais au juste ? Que le simple fait de vous revoir ramènerai le tout à la normal ? Ou peut-être, qu’après autant d’années, le passé – ou du moins cette face sombre qui vous avez séparés – allait disparaître comme par magie ? Non, tu n’étais pas aussi idiot. Pourtant, tu aimais à penser jusque-là que les choses auraient pu être plus facile. Que tout aurait u se dérouler autrement. Cet évènement vous avez tous terriblement affecté, et jamais vous ne pourriez faire une croix sur ça, vous deviez tous vivre avec à l’heure d’aujourd’hui. Qu’espérais-tu, toi-même tu n’as pas réussi à tourner la page, ce doit être pareil pour les autres. Alors pourquoi tu t’es obstiné à croire que les revoir, un jour ou l’autre, viendrait à régler les choses ? Ah oui, je sais, excuse-moi. Tout ça, c’est parce que tu t’entêtes à croire que ce sont encore tes amis, malgré la décennie qui s’est écoulée. Mais pour eux, qu’est-ce que tu es, au final ? Ils ne t’ont pas oublié, probablement. Cependant, ils ne doivent plus te considérer comme leur ami. Et ça, cette idée, tu as vraiment du mal à t’y faire.

Tu te demandes pourquoi ? Eh bien, parce que tes rêves ont tous toujours été brisé. Toujours, la vie t’a dit « Stop Achille, cesse de te faire du mal, et prend conscience que tout ce que tu espères ne sera finalement qu’illusion. » Tu n’as jamais voulu l’entendre, ce conseil si précieux que t’as offert la vie -quelle ironie, elle te donne un avertissement, avant de t’enfoncer encore plus profond dans les tréfonds de tes propres ténèbres -. Tu ne peux pas, et surtout ne veux pas tourner la page. Tu ne veux pas te dire que plus jamais tu ne leur parleras, parce que vous avez tous été amis un jour, que le destin a fait en sorte que vos routes se croisent – si Lucian s’obstine à croire que Kattie reviendra, toi tu t’entêtes à croire que tes proches d’autrefois reviendront ; finalement, tu es comme Lucian, d’une autre façon -. En fait, tu ne peux juste pas croire que toutes ces personnes qui t’ont sauvé, qui t’ont aidé, puissent un jour réellement sortir de ta vie. C’est inconcevable, à tes yeux – mais toi, tu n’es sûrement plus rien pour eux, accepte le -.  

Tu es tellement plongé dans tes pensées, que tu mets plusieurs secondes avant de réaliser que Ezekiel a attrapé ton poignet, et que celui-ci est en train de te traîner vers un quelconque endroit. Tu te laisses faire, tu ne dis rien, tu ne fais rien de plus. Parce qu’au fond, tu te dis que c’est peut-être bon signe ? Il faut dire que ce n’était pas vraiment le bon endroit – en plein milieu de tous les convives – pour discuter. Alors, cette petite lueur d’espoir regagna tes prunelles. Tu penses que finalement, tout va peut-être pouvoir s’arranger. Que vous allez pouvoir reprendre contact, lui et toi, comme tu l’avais fait avec Lucian – ça te rendrait tellement heureux, de pouvoir recommencer à lui parler, à lui aussi -.

Mais tes émotions sont de véritables montagnes russes, Achille. Parce qu’à peine tu penses que tout va s’arranger, que les évènements prennent une tournure que tu redoutais – tout as commencé lorsqu’il posa la vaisselle et qu’un claquement sonore sec raisonna dans la pièce -. « À quoi tu joues Achille Trinisky ? » Oui c’est vrai, à quoi joues-tu ? Que croyais-tu ? Qu’espérais-tu ? Tu es misérable. Et toute cette colère qui résonne dans les propos de ton ami – as-tu seulement encore le droit de le considérer ainsi ? – te serre le cœur, te le poignarde même. « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Qu’est-ce que je peux encore apporter à ta vie ? » Ton souffle se coupe. Oui, ce dont tu avais le plus peur est en train de se produire. Visiblement, tu n’existes plus à ses yeux, tu n’es plus rien pour lui. Pourquoi ? Ah, ce beau mot qui se répète encore et encore dans ta tête, leitmotiv de ton existence. « Qu’espères-tu en me reparlant ? Qu’on va discuter comme si les dix dernières années n’avaient jamais eu lieu, qu’on va se remémorer le passé en rigolant et qu’on va se prendre dans nos bras comme de bons vieux amis ? Dis-le-moi ! » Tu es sous le choc. Tu le fixes, les traits de ton visage assombris, la bouche entrouverte, incapable de parler. Non, décidément, tu ne t’attendais pas à ça – pourtant, tu aurais dû le savoir, que ce ne serait pas chose facile. Tu aurais dû te préparer, tu ne l’as pas fait. Tant pis pour toi, que veux-tu de plus -.

Au final, tu dois sûrement être trop sensible, trop fragile. Parce que tu passes ton temps à pleurer, ou à vouloir pleurer. Tu es incapable de gérer tes émotions – mais, pour ta défense, elles sont lourdes, pesantes, difficiles à encaisser -. Tu as assez donné. Tu n’en peux plus. Tu voudrais crier, hurler, implorer que tout ça s’arrête, que quelqu’un vienne abréger tes souffrances. Mais tu ne peux pas, tu ne pourras pas, et jamais personne ne viendra te délivrer – tu n’es pas comme la princesse enfermée dans la tour que le prince charmant viendra sauver, tu es plutôt retenu prisonnier dans une cellule sous terre, seul, croupissant -.

« - Je ne joue à rien… J’espérai juste qu’on pourrait peut-être se reparler. C’est ce que font des amis, non ? » Tu avais commencé comme ça, tout en le fixant, d’un ton neutre. « Je sais très bien qu’on ne pourra pas effacer ce qu’il y a derrière nous. Et, je le répète, ce que j’espère, c’est peut-être pouvoir retrouver l’un de mes amis ? »

Tu as l’air d’un gamin qui fait un caprice, Achille. Mais tu ne pouvais pas le laisser partir, il n’avait pas le droit de t’abandonner – oui, tu commençais à raisonner comme ça, parce qu’au fond, lorsque tous s’étaient éloignés, tu avais eu l’impression qu’ils t’abandonnaient -. Lorsqu’une petite ampoule s’éclaira dans ta tête. Tu venais de réaliser. Tu venais d’avoir ce déclic, tu venais de comprendre ce qui n’allait pas – tu avais tellement été dans ta bulle jusque-là, que tu n’avais même pas été capable de te rendre compte de ce qui devait mettre Ezekiel dans l’embarras ; tu ne méritais pas d’être son ami en réalité puisque tu avais été incapable de te mettre à sa place -. Les rôles avaient été échangé. Peut-être ne voulait-il pas que tu le vois en tant que serveur tandis que toi tu étais là en tant qu’invité d’honneur ? Mais toi, tu t’en moquais complètement – tu ne connaissais que trop bien -.  Devais-tu lui dire que tu t’en fichais ? Devais-tu parler d’autre chose ? Tu avais finalement choisi la deuxième option, parce que tu sentais que la première ne ferait qu’empirer les choses. Tu finis donc par reculer, et tu t’adosses nonchalamment contre le mur. Tu croises tes jambes, et tu fixes le sol – ah, ce magnifique sol -.

« - Je n’ai pas le droit de vouloir te reparler ? »

Tu as ce ton digne du plus grand des gamins, c’est certain. Tu ne trembles plus, tu n’as plus – autant – envie de pleurer qu’avant. Tu essaies de rester fort. Mais rien n’y fait. Tu t’écroules, à l’intérieur.
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À quel point étais-tu égoïste ?
Égoïste, tu l’avais toujours été. Ça faisait partie de toi, c’était comme ça. Mais jamais tu n’avais atteint de tels sommets. Pour protéger ta petite personne, tu étais prêt à sacrifier les espoirs et les joies de tes plus proches amis sans le moindre remord… Tu étais une personne fondamentalement mauvaise. Il aurait mieux fallu pour Achille qu’il ne recroise jamais ta route. Il aurait vécu une meilleure soirée, une meilleure vie s’il s’était contenté de t’oublier tout simplement. Tu t’en voulais terriblement de vivre et de partager le même plan existentiel que le sien… Ce soir-là, c’est toi qui aurais dû prendre la place de Kattie. Toi, on ne t’aurait pas regretté. En ton absence, la terre aurait mieux tourné. Tu n’aurais pas eu de frère, de parents ou d’amis pour te pleurer. Parce que tu étais une chose dispensable, une chose sans laquelle le monde ne s’arrêtait pas. Si tu avais pris sa place, tu ne serais pas là présentement, à blesser consciemment la seule personne qui ne pointe pas du doigt tes imperfections, la seule personne qui ne te regarde pas avec mépris pour avoir fait l’erreur de choisir des bras interdits, contre nature.

Tu t’en voulais. Tu t’en voulais d’être toi, d’être aussi misérable.
La souffrance était tout simplement trop grande, trop lourde à porter. On t’avait donné une fois la force de leur faire face, mais ça n’avait pas duré. Tu n’avais pas les épaules assez solides pour ce genre de choses. Tu étais tout simplement trop faible, trop fragile pour garder la tête haute sans que la gravité ne menace de te rompre le cou. Et Achille. Achille était là au mauvais moment, il n’était que le dommage collatéral d’un crime qui ne le concernait pas. C’était injuste. C’était profondément injuste. Tu aurais aimé pouvoir faire la part des choses, te réjouir de sa présence… Au lieu de quoi tu lui hurlais dessus. Tout ça parce qu’il avait voulu te parler. Tout ça parce que tu n’étais pas capable d’assumer l’ombre que tu étais devenu. Tu savais que votre amitié ne redeviendrait jamais comme avant… Mais pourquoi refusais-tu de t’ouvrir ? Parce que tu avais peur. On ne s’ouvrait plus après tant de souffrances. Tes erreurs te consumaient chaque jour avec un peu plus de vigueur et de puissance jusqu’au jour où il ne resterait rien. Un jour, sans doute, tu cesserais de ressentir. Tu passerais de la parole aux actes et tu cesserais de faire une montagne de chaque délit t’ayant détruit.

Penser à tes parents, à Kattie, à Johto, à tes amis ou à lui n’éveillerait bientôt plus en toi le moindre sentiment. Tu attendais ce jour avec impatience parce qu’à défaut de pouvoir mourir, tu voulais au moins pouvoir vivre une vie sans déceptions. Sans douleur.

Mais pas aujourd’hui. Pas face à lui. Pas face au dégoût que tu ressentais face à ta réaction, à tes peurs. Tu étais un animal, Ezekiel Fitzgerald. Tu étais un ponchiot blessé, un ponchiot qui mordait quiconque osait approcher sa main. Tu ne parviens pas à te gérer, à garder ton calme lorsque les émotions prennent le dessus sur ta raison. Et c’est la raison pour laquelle, au final, tu finis par perdre tous les emplois que tu décroches. Ton être n’est que souffrance. Tu n’es pas assez adulte, assez stable pour faire la part des choses, pour porter ton masque jusqu’à ton dernier souffle. S’il y a encore quelque chose d’humain en toi, c’est par la colère que tu le manifestes. Et ça, c’est grâce à elle. Grâce à Eden. Avant elle, tu n’étais qu’une âme déambulant dans les rues et prête à tout pour un bref éclat de bonheur. Un simple remontant. Au moins, maintenant, tu étais capable d’être un homme. Pas l’homme que tu rêvais d’être, pas un homme bien, mais un homme. Un déchet, mais un déchet passablement humain. « Je ne joue à rien… J’espérai juste qu’on pourrait peut-être se reparler. C’est ce que font des amis, non ? Je sais très bien qu’on ne pourra pas effacer ce qu’il y a derrière nous. Et, je le répète, ce que j’espère, c’est peut-être pouvoir retrouver l’un de mes amis ? » Un ami, vraiment ? Le pauvre, s’il savait à qui il a à faire. S’il savait à quel point ses illusions sont vaines. Tu aimerais rire, (car c’est forcément une mauvaise blague) mais le sérieux de son regard t’en décourage. Personne ne veut être ami avec toi, c’est une règle non écrite de toute amitié qui soit. Dans ton monde à toi, il n’y a que toi. (Et Eden) Il n’y a rien de plus, rien de plus que la noirceur dans ta tête, rien de plus que la morosité de tes traits et l’espoir évanoui d’une vie meilleure.

Tu sens que la discussion risque de s’éterniser lorsque le jeune homme se recule pour mieux s’adosser contre le mur derrière lui. Toi, tu restes là, immobile. Les rôles se sont échangés. Achille brille plus que toi… Et ça fait mal. Ça fait mal de voir l’homme que tu étais en lui. Ça te ramène ton propre échec au visage, mais ça te rappelle aussi la raison pour laquelle il t’attirait tant plus jeune. Le Trinisky dégage quelque chose de dangereux. « Je n’ai pas le droit de vouloir te reparler ? » Se moque-t-il de toi ? La version antérieure de toi-même aurait trouvé cela drôle. Elle aurait embarqué dans le jeu, elle se serait amusée de ce caprice. Elle se serait élevée dans tout ce qu’il y a de plus hautain et de condescendant… Mais plus maintenant. C’est un comportement qui ne concerne pas les minables comme toi. Garde ta place, Ezekiel. Tu es désormais tout en bas de l’échelle, tu ne peux plus te permettre de regarder les gens de haut. C’est un droit que tu as perdu.

Aujourd’hui, c’est lui qui brille. Toi tu te meurs dans son ombre.

« Ce n’est pas une question de droit… » Tu aimerais lui dire. Tu aimerais lui raconter à quoi ressemble réellement ton quotidien et pourquoi rien ne va plus. Tu aimerais lui expliquer que ce n’est pas sa faute, que c’est tout simplement plus fort que toi, que tu as peur. Terriblement peur. Peur d’être blessé à nouveau, peur d’être sondé, peur de nourrir de faux espoirs. Ta vie à toi n’était pas censé se prolonger aussi longtemps. Elle était censée se terminer sur le carrelage blanc d’une modeste chambre d’hôtel de Doublonville. Ces retrouvailles n’étaient pas censées arriver. Et elles t’effraient profondément. « Tu ne retrouveras rien du tout ici… » Tu cesses alors de le dévisager en chiens de faïence puis tu baisses légèrement ton regard. Tu voudrais t’asseoir, te replier sur toi-même et attendre que ça passe. Mais on ne te laisserait pas. Pourquoi ne pouvais-tu pas disparaître en laissant derrière toi les traces d’une personne bien ? Pourquoi devais-tu tout détruire ? « Ton ami n’existe plus… Il n’est plus là, il a disparu depuis longtemps. C’est un souvenir, rien de plus. Tu dois passer à autre chose, je ne mérite pas ton attention. » Ton poing se serre. Tu préfèrerais lui crier dessus, lui dire de dégager, de ne rien attendre de toi. Mais tu n’es pas capable. L’émotion a gagné, tu as perdu. Et même si tu sais que la colère survit dans un coin de ton cœur, tu n’es pas capable de lui donner la parole à sa place.

Vraiment, tu aurais dû mourir à la place de Kattie.
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These years

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Tu as ce dilemme, dans la tête. Dois-tu poursuivre tes efforts, essayer de convaincre Ezekiel de renouer un contact, un lien avec toi ? Ou dois-tu tout simplement accepter de le laisser partir ? Non tu ne peux pas. Tu n’y arriveras pas. Ça te détruirait encore plus, et, au final, tu ne serais plus rien. Car, jusqu’à maintenant, tes amis se sont éloignés, mais tout laisse à croire qu’un jour vous pourrez reprendre tous contact – c’est ce que tu espères au plus profond de ton cœur -. Tant que ça n’a pas été ouvertement et expressément dit, tu continueras de croire que oui, tout est encore possible selon toi. Après tout, vous étiez des amis, les liens qui vous unissez étaient forts, non ? – oui, jusqu’à ce jour tragique -. Mais mon pauvre Achille, il ne doit y avoir que toi qui a encore un tout petit peu d’espoir – accepte-le, tu n’as plus réellement le choix désormais -.  

Pourtant, alors qu’il se trouve juste en face de toi, à deux pas, tu as l’impression que plus jamais tu ne pourras caresser l’espoir de redevenir son ami. Pourquoi les choses doivent-elles se passer ainsi ? Pourquoi, depuis ta plus tendre enfance, tu n’as pu que trop peu goûter au bonheur ? Pourquoi les personnes qui te l’avaient apporté, ce petit bout de joie dans ta vie si noire, devaient-elle disparaître de ta vie, comme ça, sans que tu ais ton mot à dire ? Alors oui, tu continueras ton caprice tant que tu n’auras pas eu de réponse concrète, de réponse qui tienne la route. Tu ne peux pas supprimer Ezekiel de ta vie comme ça. Et puis, pourquoi le ferais-tu ? Tu n’en as pas envie. Tu veux redevenir proche de lui, bien que tu saches que ça ne sera plus jamais comme avant. En fait, tu as besoin de les retrouver, de le retrouver. Tu as besoin d’eux – c’est un peu égoïste de ta part, mais c’est comme ça – près de toi, avec toi. Les amitiés d’enfances sont plus susceptibles de durer dans le temps, non ? C’est ce que tu crois, c’est l’illusion dans laquelle tu te berces. Parce que ce mirage, il te permet de te libérer d’un poids. Et si jamais cette utopie dans laquelle tu vis vient à être ébranlée, tu seras fini, complètement fini. Parce que, retrouver tes amis, c’est bien une des seules choses – si ce n’est la seule – qui te permet de tenir encore debout à l’heure qu’il est.

Si seulement tout était plus facile. Si seulement cet évènement tragique n’avait pas eu lieu, vous n’en seriez pas là. Vous seriez encore tous ensemble, tous unis par un lien si fort, inébranlable, indestructible. Si seulement tu avais réagi, ce soir-là, plutôt que de rester planté, à ne pas savoir quoi faire. Mais tu étais paralysé, mon pauvre. Parce qu’une fois de plus, tu ne voulais pas croire à ce qui était en train de se passer devant tes yeux – l’image de ta mère sur son lit d’hôpital, durant ses derniers instants, les dernières fois où tu l’avais vu, elles t’avaient aveuglé, et tu n’avais vu que ça. Tu n’avais pas arrêté de te répéter que non, ça ne pouvait pas se reproduire, pas une seconde fois -. Mais si seulement tu avais plongé à son secours, si seulement tu avais hurlé, crié à l’aide, si seulement tu n’avais pas été glacé par tous ces affreux souvenirs, tu aurais peut-être pu inverser la tendance. Finalement, c’est aussi de ta faute si Kattie n’est plus là. Car tu n’as rien fait, alors que tu auras pu. Et ça, tu t’en veux beaucoup – tu essaies de refouler ce sentiment de culpabilité, mais il est bien là, niché au fond de ton âme, jamais tu ne t’en sépareras -.

Ce qui était fait, était fait, plus de retour arrière possible. La seule chose que tu peux essayer de faire aujourd’hui, c’est de tenter de recoller les morceaux. D’essayer malgré tout de bâtir de nouveau les fondations, même si elles restent bancales. Car il n’y a que le temps qui pourra les consolider correctement. Tu y crois dur comme fer – cela n’est-il pas suffisant ? -. « Ce n’est pas une question de droit… » Alors pourquoi ? Si ce n’est pas de ça qu’il s’agit, pourquoi t’empêche-t-il de lui parler ? Est-ce réellement parce que les rôles ont été échangé ? Si c’est vraiment le cas, cela t’attriste beaucoup – tu pensais que l’amitié était plus forte que ça ; elle l’avait été lorsque vous étiez plus jeunes -. « Tu ne retrouveras rien du tout ici… » Ici, dans ce restaurant ? Oui, tu en es bien conscient, car ce sont des personnes que tu n’aimes pas qui se trouvent dans l’enceinte du bâtiment. Tu détestes tout le monde, sauf celui qui se trouve devant toi actuellement. « Ton ami n’existe plus… Il n’est plus là, il a disparu depuis longtemps. C’est un souvenir, rien de plus. Tu dois passer à autre chose, je ne mérite pas ton attention. »

Une, deux, trois, dix secondes. Le temps s’arrête, ton cœur aussi. Ton visage se décompose, la panique se lit dans tes yeux tandis que tu fixes de nouveau Ezekiel. Tu ne bouges plus, tu ne respires plus – le peux-tu encore après ce que tu viens d’entendre ? -. La voilà, la phrase que tu ne voulais pas entendre. Et tu ne voulais encore moins l’entendre prononcé par Ezekiel. Tout le monde, mais sauf lui – mais c’est l’inverse qui vient de se produire, mon pauvre Achille. Tu tombes de bien haut -. Plus l’espoir est grand, plus longue est la chute, plus douloureuse est l’arrivée. Tu manques de vaciller, et tu te rattrapes à temps en posant ta main sur le mur – c’est un miracle d’ailleurs -. Ta main vient de nouveau à la rencontre de ton front. Tu fermes les yeux, tu fronces les traits de ton visage, ton sourire n’est plus.

« - Bordel qu’est-ce que tu racontes ? Comment ça je ne mérite pas ton attention ? C’est une blague j’espère ? »

Ça te fait vraiment mal de l’entendre dire ça, alors tu as dit ces mots-là d’un ton sec. Quand vous étiez plus jeunes, que les rôles étaient tout autre, il t’avait accepté alors que tu venais d’un milieu extrêmement pauvre, alors que lui venait d’un milieu aisé. Il t’avait accepté comme tu étais, alors qu’à ce moment-là, tu n’étais qu’une épave. Il t’avait accepté. Et puis, jamais il n’avait été question de ces choses-là, vous n’étiez que des enfants après tout – pourquoi n’aviez-vous donc pas pu rester à ce stade-là ? Pourquoi le temps n’avait-il pas pu se figer durant ce temps où tout allait merveilleusement bien ? Ah, cette fichue vie -.  Tu retires finalement ta main, et tu plonges ton regard dans le sien. Il ne doit pas penser des choses comme ça.

« - T’as pas le droit de dire et de penser ce genre de choses. C’est parce que nos rôles ont été inversé hein ? Si c’est ça, je trouve ça triste… Après tout, toi tu m’as bien accepté alors que je n’avais rien à faire et rien à voir avec ton monde quand on était petits. »

Tu veux qu’il comprenne qu’il n’a pas à s’en faire, de ce genre de chose, pas avec toi. Qui serais-tu donc pour le juger ? Pourtant, encore une fois, tu continues ton petit caprice. Tu lui dis ça, tu lui donnes des ordres – qui es-tu donc pour te le permettre ? -. Mais si tu fais ça, c’est parce que tu ne veux pas l’abandonner.

« - Et puis, tu as réussi à passer à autre chose toi ? Moi je ne peux pas, je n’y arrive pas, et, surtout, je ne veux pas. Pourquoi je devrais faire une croix sur les autres, sur toi ? J’en suis incapable, Ezekiel. »

Oui, tu ne pourras jamais. Car éternellement tu resteras bloqué dans le passé, ce petit bout de vie durant lequel tu as pu être heureux, grâce à eux.
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Tu étais perdu.
À quand remontait la dernière fois que tu t’étais remémoré le doux visage d’Achille Trinisky ? Ou, pire encore, celui de Lucian, Elyas, Gladys, Carmin ou Kattie ? Dans ta vie à toi, il y avait un avant et un après Johto… Il y avait une vie avant que tu ne tentes de mettre fin à la tienne et il y en avait une autre, ou presque, après que l’on t’ait refusé aux portes de l’enfer. Sauf que les deux ne se rejoignaient pas. L’une avait tué l’autre. Être quelqu’un d’horriblement narcissique et condescendant n’était pas un idéal, mais c’était quand même mieux que de n’être personne. Par peur d’être confronté à tes erreurs passées, tu avais volontairement oublié. Pendant trois ans, tu avais rejeté toutes les pages de ton histoire. Tu avais lancé le livre au feu, avais admiré les flammes le consommer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. Puis tu avais recommencé à écrire. Sauf que cette fois, l’avenir n’était plus un livre, mais un éloge funèbre. Tu écrivais à l’encre noire les derniers souvenirs d’Ezekiel Fitzgerald, de son dernier témoignage sur terre.

Tu n’étais pas prêt à renouer avec le passé ce soir. Tout simplement. Il n’y était plus censé y avoir de passé ni d’avenir. Le présent lui-même était une valeur incertaine… Alors pourquoi ? Les questions se bousculaient dans ta tête. À quoi bon cette énième machination, cette souffrance de plus ? La vie ne se lassait-elle pas de ta dépouille ? Tu n’avais plus rien à perdre, plus de sentiment qui n’ait déjà été broyé. Plus rien de bon à exploiter. Que l’existence soudaine d’Achille te fasse réagir était déjà un miracle en soit, une sorte de don du ciel parce que, à quelque part, c’était la preuve que tu n’étais pas encore tout à fait mort. Mais après trois ans de dépression et d’idées noires, on ne pouvait pas dire que tu étais tout à fait vivant non plus. Tu étais coincé dans un entre deux, dans un état végétatif cérébral, dans une crainte constante de tout ce que tu ne pouvais pas contrôler et qui pouvait réaliser l’impossible pari d’aggraver ton état.

Achille n’aurait jamais dû réapparaître. Pour toi, pour lui… Tu ne pouvais pas lui promettre ton amitié, c’était impossible. Tu ne pouvais pas concevoir de l’amener avec toi dans cette noirceur décadente, dans cette misère indescriptible. Et si un jour il venait à savoir ? Ne prendrait-il pas peur ? Ne risquait-il pas de fuir, de t’abandonner ? Lui ne devait pas être le genre de personne intéressée par les magazines peoples, mais d’autres gens l’étaient… La vérité finissait toujours par éclaté et toi tu n’en pouvais plus. On t’avait enfin oublié. Après trois ans à sombrer, on était enfin parvenu à t’oublier, à se lasser de tes erreurs. Tu n’étais pas assez intéressant pour que l’on s’acharne sur toi trois ans de temps. Une fois qu’il n’y avait plus rien eu à tirer de toi, on t’avait enfin finalement délaissé. S’acharner sur les restes d’un homme n’avait rien d’intéressant. Ce n’était pas passionnant ni drôle, c’était ennuyant. Le divertissement était terminé. Et toi avec.

Tu ne voulais plus de tout ça. Tu ne parvenais pas à te soigner, à sortir ta tête de l’eau. Tu ne voulais pas faire sombrer quelqu’un d’autre avec toi… Vraiment, son chemin et le tien n’auraient jamais dû se recroiser. C’était un coup de pute en trop. À quelque part, ça devait au moins être distrayant… N’est-ce pas ?

Tu aimerais dire que le silence qui se prolonge après que tu ais lancé ta tombe t’angoisse, mais en vérité, ce n’est qu’un silence de plus dans tous les non-dits qui composent ton existence. Tu ne connais pas la version adulte d’Achille, mais toi, tu aurais sans doute rigolé puis tourné les talons. Inutile de perdre son temps avec un raté comme toi, inutile d’accorder de l’intérêt à quelqu’un qui n’est pas capable de s’en estimer digne. Les yeux fixés vers le sol, tu attends ton châtiment. Tu attends d’encaisser le coup, ses aveux. Sauf qu’ils ne viennent pas. À la place, tu le vois bouger presque imperceptiblement pour celui qui n’a toujours pas osé le regarder. « Bordel qu’est-ce que tu racontes ? Comment ça je ne mérite pas ton attention ? C’est une blague j’espère ? » Doucement, tu redresses légèrement la tête pour croiser le visage du jeune homme. Tu dois connaître l’émotion qui brille dans ses yeux. Tu ne sais pas lire les gens, mais tu sais reconnaître les émotions les plus triviales qui animent les traits humains. Son sourire a disparu, ses traits se sont crispés. Tu as commis une erreur Ezekiel.

Au bout d’un moment, il retire sa main puis plonge enfin ton regard dans le tien. Instinctivement, tu dévies discrètement tes pupilles afin de fixer un point inconnu dans l’univers. Tu ne peux pas supporter d’être fixé ainsi. « T’as pas le droit de dire et de penser ce genre de choses. C’est parce que nos rôles ont été inversé hein ? Si c’est ça, je trouve ça triste… Après tout, toi tu m’as bien accepté alors que je n’avais rien à faire et rien à voir avec ton monde quand on était petits. » Il en est conscient. Et sa conscience des faits est encore plus douloureuse que la tienne. Croisant les bras, tu t’éloignes de ton propre mur pour faire quelques pas dans le couloir, tu dois te calmer. Tu ne dois surtout pas laisser place à la panique ni aux souvenirs qui menacent de s’échapper de leur prison respective. Tremblant, tu prends une grande inspiration puis tu t’arrêtes face à la table en aluminium sur laquelle tu as déposé les assiettes. Tu déposes tes mains sur le dessus, courbe légèrement le dos pour mieux loger ta tête entre tes bras. Tu tentes de faire barrière au monde qui t’entoure. Tu ne dois surtout pas t’abandonner à des sentiments incontrôlables. « Et puis, tu as réussi à passer à autre chose toi ? Moi je ne peux pas, je n’y arrive pas, et, surtout, je ne veux pas. Pourquoi je devrais faire une croix sur les autres, sur toi ? J’en suis incapable, Ezekiel. » La perte de Kattie n’a été que le début. Tu as réussi à oublier cette étape heureuse de ta vie parce que les choses n’ont eu de cesse d’empirer après son départ. Si tu pensais être triste de sa mort, c’est que tu n’avais rien connu encore. Mais ce genre de chose ne se dit pas.

Tu es comme tout le monde : toi aussi, tu aimerais bien faire un saut dans le passé.
Mais tu ne peux pas.
L’avenir est là : laid et dégoutant, mais bien présent.

Sans te redresser, la tête toujours callée entre tes bras, tu trouves enfin la force de répondre. « Sauf que toi tu valais mieux que ça ! Toi tu es parti de rien et tu as tout construit de tes mains ! Alors que moi… moi… » Tu avais tout détruit. Tu as détruit ta famille, tes relations, ton premier amour, ton propre nom. Achille est né dans le pire pour mieux s’élever… Toi c’est tout le contraire. Et c’est honteux. Honteux d’être devenu aussi lamentable alors que toutes les cartes étaient bonnes. Si ce n’était que ça… « Oui ! » Oui ? Non. Tu n’avais pas réussi à passer à autre chose : tu avais détruit le passé parce que c’était trop difficile de se le remémorer sans cesse. Si tu n’avais pas expulsé votre enfance de ta mémoire, c’est ton corps au bout d’une corde que l’on aurait retrouvé cette année. « Bien sûr que je suis passé à autre chose ! On a vingt-six ans Achille, ce n’est plus le temps de couiner pour des histoires de gamins ! » Mensonge. Odieux mensonge. En vérité, tu donnerais tout pour rattraper le temps perdu, pour t’octroyer la chance d’être adolescent et heureux une nouvelle fois… Pourquoi dois-tu cracher sur ses espoirs ?  « Il y a pire, bien pire dans la vie qu’une amitié qui n’a pas fonctionné… » À ces mots, ta voix se casse légèrement. Tu t’en moques. Ton dos se recourbe davantage, dévoilant au travers ta fine chemise blanche la courbe d’une colonne vertébrale décharnée.

Il y a pire. Il y a cent fois pire.
Mais il pourrait aussi y avoir mieux…
Sauf que toi, tu ne te laisseras pas la chance d’aller mieux.
Les chutes, c’est fini pour toi.
Tu es confortable à cet endroit si bas, si creux, que tomber ne fait plus peur.
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These years

"After all this time, I'm glad to see you again. But you, are you ?" - Feat Ezekiel & Achille


Ta vie est si triste, Achille Trinisky.

Ta vie est triste, pourtant tu n’y peux rien, jamais rien tu n’y pourras. Car c’est elle qui te place tous ces obstacles sur ta route. Parce que c’est elle qui t’arrache tout, qui t’anéanti, qui t’as fait devenir ce pantin errant dans les rues, sans aucune once d’émotions dans le regard. Parce que tu es vide. Toutes ces émotions si noires, si douloureuses, si dangereuses t’ont arraché le cœur – il ne bat plus que pour vivre ; il ne battait plus pour les autres ; jusqu’à ce que tu les retrouve, Lucian et Ezekiel -.  Tu n’es plus qu’un simple corps qui déambule, sans but, sans objectifs – tu en as un, mais ce n’est pas réellement le tiens -. La vie t’a transformé – elle t’a transformé alors même que tu n’étais qu’un enfant de six ans ; c’était beaucoup trop jeune, tu n’as pas eu le temps de profiter de ton enfance -. Tu t’es retrouvé bercé par les flots déchainés de la vie, s’abattant d’abord sur ta génitrice, puis sur Kattie, pour finir sur Louise. Chaque fois que tu as pensé pouvoir souffler un peu, te remettre de tous ces évènements atroces qui ont fait couler bien des larmes sur ton visage innocent, un second raz-de-marée venait te percuter. Ta vie, tu l’as passé la tête sous l’eau, cherchant désespérément à remonter à la surface, à la recherche de l’air, de l’oxygène. Et chaque fois que tu parvenais à le faire, une seconde vague venait te percuter au visage. Alors tu as abandonné. Tu as décidé de te laisser couler, jusqu’au abysses. Parce qu’à quoi bon continuer de se battre alors que tout est espoir est vain ?

Oui, tu n’aurais pas continué ton combat si leur route n’avait pas de nouveau croisé la tienne. Toutes ces personnes qui avaient été tes bouées de sauvetages reviennent dans ta vie, une à une – est-ce un bon présage ? - . Tu crois fort, vraiment, que vous pourrez vous retrouver – tout n’est qu’une question de temps, et de volonté ; mais tu sembles être le seul à vouloir renouer contact, Achille -. Tu crois fort, peut-être beaucoup trop, en ces liens qui vous ont unis. Et même si vos vies ont toutes connu des répercussions, tu as envie de les aider à sortir la tête de l’eau à leur tour. Toi, tu as abandonné, parce que tu n’avais plus personne pour – enfin, tu en avais une qui a fini par être emporté loin de tout, loin de toi -. Après tout, tu leur dois bien ça, n’est-ce pas ? C’est à ton tour de leur offrir ton aide. C’est sûrement pour ça aussi que tu tiens tant à les retrouver. Parce que tu es conscient que l’existence de chacun des tes amis a été bouleversé, et que votre éloignement n’a pas dû être bénéfique – ça a dû tout aggraver aussi -. Donc, tu te dois d’être là pour eux, maintenant que tu les as retrouvés. Et tu ne lâcheras pas l’affaire, ça jamais – pourtant, peut-être devrais-tu simplement accepter de les laisser partir ? Non, tu ne t’en veux rien qu’en pensant à ça, car tu ne peux pas -.

Il s’est éloigné, allant dans le couloir d’à côté. Tu peux encore l’apercevoir. Pourtant, ce simple geste te brise soudainement. Il s’éloigne, et tu as l’impression que tu ne peux rien faire. Il s’éloigne, et toi, tu restes adossé à ton mur, impuissant. Tu aurais envie d’aller vers lui, tu aurais envie de le prendre dans tes bras, et lui dire « Ne t’en fais pas, maintenant tout va bien aller. » Mais tu ne peux pas – car ne serait-ce pas que des paroles en l’air ? Est-ce seulement la réalité ? Est-ce que tout pourra s’arranger un jour où l’autre ? Est-ce que vous pourriez tourner la page ensemble, ou est-il préférable que vous le fassiez chacun de votre côté ? Tu n’en sais rien, et tu voudrais que la première option soit la bonne -. Tandis qu’il prend appuie sur la table et que sa tête vient se nicher au creux de ses bras, tu as l’impression qu’une barrière se dresse devant vous – en a-t-il marre de t’écouter raconter des choses qui n’ont peut-être ni queue ni tête pour lui, vu que tu ne fais plus partie de sa vie ? -.

Si tu t’écoutais, tu te serais laissé glisser contre le mur, et tu te serais recroquevillé sur le sol. Mais tu n’es plus un enfant, Achille. Alors tu restes debout, tu te repositionnes correctement, de sorte à ce que tes appuis ne flanchent pas une seconde fois. Tu te prépares à encaisser sa réponse – car aux vues des débuts de la conversation, tu sais que sa réponse ne pourra être que négative -. « Sauf que toi tu valais mieux que ça ! Toi tu es parti de rien et tu as tout construit de tes mains ! Alors que moi… moi… » Ton seul réflexe, c’est de balancer ta main – ou plutôt ton poing – en arrière, et de frapper le mur. Tu serres les dents. Tu avais su rester calme jusque-là, mais là, là tu ne pouvais juste plus. Pourquoi s’infériorise-t-il autant, surtout face à toi ? Tu le connais bien assez, tu sais qui il est – du moins tu savais, parce qu’en dix-ans, il s’est probablement passé beaucoup trop de choses ; est-ce donc là la limite de votre amitié ? -. Alors oui, oui tu as fait en sorte de réussir pour sauver ton père et ta sœur de la misère. Tu as fait en sorte de leur redonner le sourire malgré tout, de les rendre fier, de les rendre heureux – tu as réussi – mais toi, tu ne l’es pas. Parce que ton existence te dégoûte, parce que si tu n’avais pas ces deux personnes-là, tu aurais essayé de quitter cette fiche planète – aurais-tu eus un autre choix que celui-ci ? -. Et puis, tu détestes ce nouveau monde qui s’ouvre à toi, toutes ces personnes sont beaucoup trop différentes de toi – et puis, connaissant tes origines, tu n’es même pas sûr qu’elles t’acceptent réellement -. Toi, tu t’en fiches de tout ça. Pourquoi lui y accorde-t-il autant d’importance, alors que c’est toi, qu’il ft un temps où tu étais à sa place ? « Oui ! Bien sûr que je suis passé à autre chose ! On a vingt-six ans Achille, ce n’est plus le temps de couiner pour des histoires de gamins ! » Une nouvelle fois, ta main se porte vers ton visage, et tu le masses doucement. Tu as besoin de canaliser ces émotions qui sont en train de prendre possession de ton corps. Tu dois te contrôler – ce n’est pas souvent que ça arrive, mais quand ça a lieu, il vaut mieux que tu saches garder le contrôle -. Tu pensais être important pour les autres, pour lui. Tu avais donc faux sur toute la ligne. Ton poing se serre de nouveau, tu as mal, très mal. « Il y a pire, bien pire dans la vie qu’une amitié qui n’a pas fonctionné… » Non. Juste non.

« - Et alors ? Par pitié cesse de t’inférioriser face à moi. Tu vaux beaucoup mieux que ça, Ezekiel, et je le sais. »

Non, tu ne voulais pas de ça, surtout pas. Il sait qui tu étais, d’où tu viens, alors pourquoi s’amuse-t-il à ce petit jeu-là ? Parce qu’il n’a pas réussi ? Mais vous n’avez que vingt-six ans, comme il l’a si bien dit, il a encore tout le temps de se reprendre en main, il n’est jamais trop tard.

« - Peut-être que pour toi, ça se révèle être vrai. Mais pour moi c’est la chose la plus horrible qui se soit produite dans ma vie. Alors pour toi, c’est peut-être qu’un caprice de gamin, mais vous êtes tous ce qui m’est arrivé de plus beau. Et t’entendre dire ça… ça me… »

Ca me détruit. Tu n’as pas fini ta phrase. A la place, tu as pris une grande et longue inspiration, tout en fermant les yeux. Parce que tu dois chasser toutes ces larmes qui menacent de se révéler. Tu n’as pas le droit de pleurer, pas là. Pourquoi faut-il que les choses se déroulent ainsi, avec lui ? Ton cœur va éclater, si ça continue.  

« - Je pensais que notre amitié était plus forte que ça, que j’étais quelqu’un d’important pour toi. »

Cette dernière phrase, tu l’as chuchotée, tout en baissant la tête. Est-ce qu’elle est parvenue à ses oreilles ? Tu n’en sais rien. Tu ne sais même pas si tu as envie qu’il l’ait entendu ou pas. Parce que tu es perdu, Achille.
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after all these years.
feat Achille Trinisky
Tu avais toujours aimé provoquer les gens.
Les voir perdre patience et contenance c’était un véritable délice à tes yeux. Pendant plusieurs années, tu t’étais délecté de cette haine dirigée vers toi, de cette flamme dans le regard de tes vis-à-vis. Il avait fallu que tu paies cher de ta vie pour que cesse enfin ce petit manège… Et maintenant tu réalisais qu’irriter Achille était beaucoup moins drôle que tout ce que tu avais connu en termes d’incitation gratuite à la violence. C’était beaucoup moins fun quand ce n’était pas volontaire, quand ce n’était pas ton objectif. Toi, tu voulais seulement qu’on te laisse disparaître en paix. Tu voulais t’effacer dans la mémoire des gens, dans ces souvenirs qui te maintenaient en vie contre ton gré. Pourquoi était-ce une concession si difficile à obtenir ? Pourquoi Achille lui-même ne pouvait-il pas comprendre ton besoin de tourner la page ? C’était vingt-trois ans d’histoire que tu t’efforçais chaque jour de supprimer afin qu’Eden ne retrouve pas ton corps inanimé dans les toilettes et on te le refusait. On te rappelait qu’un jour, tu avais été quelqu’un. On te forçait à te remémorer les jours heureux, les jours dont le souvenir était plus douloureux encore que ton voyage initiatique.

C’était cruel.
Achille était cruel.

Et peu importe les mots que tu employais pour lui faire comprendre que son délire n’était pas le tien, rien ne cessait. C’était ses idéaux contre les tiens, son bonheur contre le tien. Les deux ne pouvaient visiblement pas exister sur le même plan. Pour que Achille Trinisky soit bien, il fallait que tu te sacrifies… Sauf que ça n’arriverait pas. Tu ne lâcherais pas prise, tu n’accepterais pas que l’on remue le couteau dans la plaie. Lui ne savait rien de toi. Il ne savait rien de l’enfoiré que la mort de Kattie t’avait fait devenir, il ignorait tout de ta tentative de suicide, de leurs mains brisant ton corps, sur la honte née d’être un enfant imparfait aux yeux de ses propres parents. Il ne pouvait pas savoir. Parce que c’était des choses dont tu ne parlais jamais. Eden elle-même travaillait à consoler des larmes et réparer un cœur dont elle ne comprenait pas la cassure. Sa vie en avait toujours été ainsi. Papa était triste, tout le temps triste. Cet enfant, on aurait dû te l’enlever. Cela aurait été mieux pour elle, mieux pour ce petit être dont tu venais d’obscurcir les premières années d’existence…

Alors au final, si ta propre fille ignorait tout du mal qui te grugeait, commet un parfait inconnu pourrait-il savoir ? Tu étais injuste de le condamner aussi rapidement, tu sais… Achille faisait ce qui lui semblait être juste et toi aussi. Vous n’étiez tout simplement pas sur la même longueur d’ondes et c’était difficile à accepter autant pour lui que pour toi. Alors vous parliez dans le vide, à chercher qui avait raison, qui avait tort. Sauf que ça ne marchait pas ainsi dans la vie… Il n’y avait pas de bon, ni de mauvais. Il n’y avait que des réalités différentes. Des réalités dont on ne pouvait pas comprendre la subtilité tant qu’elles n’étaient pas partagées. Votre conversation était un véritable dialogue de sourds, ça ne menait nulle part. Pourtant, vous n’en démordiez pas. Vous refusiez les arguments de l’un, de l’autre dans l’espoir de comprendre quelque chose qui vous échappait et qui continuerait de vous échapper tant que vous n’accepteriez pas votre différence. Pitoyable n’est-ce pas ?

Un fois de plus, tu te retrouvais au cœur d’une situation fâcheuse que tu n’avais ni initié, ni demandé. Tu étais simplement censé faire le service. C’était censé suffire. Il ne devait rien y avoir de plus ou de moins. Rien.

« Et alors ? Par pitié cesse de t’inférioriser face à moi. Tu vaux beaucoup mieux que ça, Ezekiel, et je le sais. » Il le … savait ? Mais que savait-il de toi au juste ? Du vrai toi, de l’abomination à laquelle ta candide jeunesse avait laissé sa place !? De quel droit, après dix putain d’années d’absence, se permettait-il prétendre connaître ta valeur ? Toujours accoudé contre la table, tu refermes tes doigts sur ta chevelure bleutée. Tu voudrais tout arracher. Tes cheveux, ta peau, tes muscles : creuser jusqu’à ce qu’il ne reste rien, creuser jusqu’à découvrir le creux de ton existence. Mais tu ne peux pas. À chaque fois, c’est la même guerre, le même dilemme entre ta promesse et tes envies. Tu n’es plus capable de vivre ainsi. Ce n’est pas une vie. Iza’ se doutait-il qu’en agissant ainsi, qu’en te faisant promettre l’impossible, il te condamnait ? Avait-il entrevu le cauchemar qui t’attendait ? Avait-il fait cela par sadisme ?

Il n’y avait rien pour toi ici-bas.
Rien du tout.
Achille venait de te le prouver.
On ne s’attachait pas à l’homme que tu étais devenu. On ressassait le passé et on te remettait au visage une perfection qui s’était étiolée, qui ne te concernait pas. On aimait la personne que tu avais été, pas celle que tu étais devenue. « Peut-être que pour toi, ça se révèle être vrai. Mais pour moi c’est la chose la plus horrible qui se soit produite dans ma vie. Alors pour toi, c’est peut-être qu’un caprice de gamin, mais vous êtes tous ce qui m’est arrivé de plus beau. Et t’entendre dire ça… ça me… » C’est qu’elle avait été belle sa vie dis donc ! Malgré toi, un léger rire s’échappe de ta gorge pour venir emplir la seconde de silence qui vous précède. Qui es-tu pour estimer qu’une douleur est pire qu’une autre, dis ? Est-ce trop pour toi de faire preuve d’un peu d’empathie ? Que connais-tu de son quotidien, de ces dix dernières années ? Être fortunée n’est pas un gage de bonheur. Tu devrais pourtant le savoir mieux que quiconque, Ezy.  « Je pensais que notre amitié était plus forte que ça, que j’étais quelqu’un d’important pour toi. » Et là, plus un son.

Important hein ?

Prenant une grande inspiration, tu t’accordes quelques secondes de répit avant de te redresser enfin. Abandonnant ta table, tu glisses une main dans ta chevelure désordonnée puis tu glisses le revers de ta main sous ton nez dans un geste nerveux. Tu aurais besoin d’un remontant. Juste un verre, une clope : n’importe quoi. Tu as piètre allure, c’est triste de t’y voir. Le masque s’est brisé, l’indifférence dans tes yeux s’est éteinte. Tu n’as pas pu encaisser. « Ce que tu viens de faire… Ce n’est pas fair. Ce n’est pas fair du tout. » Vous devez abréger. C’est un miracle qu’aucun autre serveur ne soit passé par cette porte encore, vous ne pouvez pas éterniser cette conversation. Ça ne devait pas se passer comme ça. Vous étiez censé… Vous étiez censé quoi au juste ? « Tu joues avec mes sentiments Achille Trinisky… » Soupirant, tu te retournes enfin pour lui faire face. Sans te presser, tu viens accoter ton épaule contre le mur le plus près de lui, tu croises les bras. Tu ne rigoles plus. Tu ne fais plus grand-chose d’autre que le fixer. Malgré la douleur qui anime tes pupilles, le reste de ton visage semble parfaitement indifférent à la scène. Que ressens-tu, Ezekiel Fitzgerald ? « Tu sais plus que quiconque à quel point tu étais important pour moi… À quel point vous l’étiez tous. » Tu n’avais pas été amoureux de lui, la simple idée te donne des frissons, mais il avait été essentiel. Sans tes amis, tes rares instants de bonheur n’auraient été que du vent. Ils avaient rendu l’impossible possible : ils t’avaient rendu humain. « Tu n’as pas le droit de retourner ça contre moi ou de remettre en question mon attachement envers vous. » Comment fais-tu pour ne pas t’énerver, pour ne pas lever le ton ? Tu voudrais hurler. Tu voudrais tant pouvoir lui hurler dessus. C’est un désir qui se niche au creux de ton cœur depuis vos retrouvailles et qui, pourtant, ne prend pas vie dans la réalité. C’est là, ça existe, mais ça ne vit pas. « Tu ne sais rien de moi Achille, ne fait pas semblant de me connaître ou de connaître ma valeur. Tu ne retrouveras pas l’ami que tu as perdu… Il est loin derrière, il n’a pas survécu. Cesse de te torturer comme ça. » Tes émotions sont des montagnes-russes, mais cette fois, tu as bien atteins le fond.
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Réveille-toi, Achille Trinisky.

Réveille-toi, et accepte le sort qui t’es destiné. Accepte, sans rechigner, sans te battre, sans essayer de fuir. Accepte, plie-toi aux exigences de la vie. Accepte, et oublie, libère-toi de ce fardeau qui pèse sur ton cœur. Accepte la réalité. Ouvre les yeux. Tu l’as toujours su. Tes rêves, la vie te les prend, et, devant tes yeux effrayés, elle te les brise en deux, puis en quatre, puis en six, jusqu’à ce qu’il ne reste que des miettes. Tu ne peux plus – ou plutôt tu ne peux pas – te battre. C’est fini. Game over. Laisse-toi aller, et tu ne t’en porteras que mieux. Ton combat s’achève aujourd’hui, ici-même, dans l’arrière de ce restaurant, face à cet individu que tu ne peux plus appeler ami. Tu auras tout fait, tout essayé – il est temps de passer à autre chose –. Il est temps que tu tournes la page, que tu les arraches aussi – en auras-tu seulement la force ? Non, tu le sais pertinemment, mais tu n’as pas le choix encore une fois –. Tes idéaux se sont toujours retrouvés au tapis. Abandonne. Cesse de t’obstiner.

Parce que ton égoïsme est en train de prendre le dessus – n’est-ce déjà pas le cas ? –. Tu veux à tout prix que tes envies se réalisent. Mais as-tu seulement pensé à Ezekiel dans tout ça ? As-tu seulement pensé une seule seconde qu’après tout ce temps, il était normal que lui ait tourné la page ? Non, tu ne peux pas t’en rendre compte, tu es aveuglé par tes propres désirs. Tes rêves ne se réalisent pas, quand est-ce que tu le comprendras ? Arrête de laisser les émotions te dicter la conduite à suivre, et assume, comprends, apprends. Tu dois cesser. A quoi bon qui plus est ? Tu t’engages dans une lutte perdue d’avance, tu ne fais que gaspiller de ton temps et de ton énergie. Et tu blesses la personne avec qui tu te trouves actuellement. Tu ne fais que l’enfoncer encore plus. Tu lui ordonnes même de redevenir ton ami – mais quel toupet tu as, mon cher Achille –. La partie est finie – a-t-elle seulement débuté un jour ? –. Plutôt que de laisser Ezekiel travailler, tu t’obstines à le faire entrer de nouveau dans ta vie – et par la même occasion, tu rentres dans la sienne ; quel égoïste tu fais, mon pauvre Achille –. Lâche prise, abandonne. De toute façon, ce n’est pas comme si tu avais réellement le choix.

Arrête d’insister, Achille.

Arrête d’insister, tu ne fais qu’envenimer les choses.

Parce qu’avec les mots que tu viens de balancer sans réellement réfléchir, tu l’accuses, comme si tout était de sa faute. Tu l’accuses pour un crime qu’il n’a pas commis – si tu y tenais tant, tu aurais dû faire les efforts nécessaires pour les retenir, pour qu’ils ne partent pas ? –. En fait, c’est toi le problème, Achille Trinisky. C’est toi qui as mis à mal ces retrouvailles. C’est de ta faute. Ta faute. Car tu n’as pas cherché à comprendre ce qu’est devenu Ezekiel, tu n’as pas cherché à savoir ce qu’il peut bien ressentir, ce qu’il peut bien penser. Non, tu n’as rien fait de tout ça. Tout ce que tu as fait, c’est l’interpeller de force, lui imposer tes choix et tes envies sans savoir ce que lui peut bien désirer. Tu es horrible. Tu n’as pas de cœur – tu n’en as plus visiblement –. Après dix longues années, tu t’es donné le droit de lui dicter la route à suivre, selon ce que toi tu penses – serais-tu en train de prendre le même chemin que tous ces bourgeois qui se trouvent de l’autre côté du mur ? Serais-tu en train de devenir comme eux ? Parce que finalement, tu prends Ezekiel de haut, depuis le début. C’est inconscient, jamais tu ne ferais ça. Mais c’est pourtant ce qui se passe depuis le début –. Tu es monstrueux.

Tu es en train de te rendre compte de tout ça – ça te fait très peur, car tu n’es pas comme ça en vérité ; qu’est-ce qui est en train de te prendre ? –. Alors, tu restes tête baissée. Tu n’oses même plus le regarder dans les yeux. Tu l’accuses, alors que c’est toi qui es en tort – tu t’en veux –. « Ce que tu viens de faire… Ce n’est pas fair. Ce n’est pas fair du tout. » Oui, il a totalement raison. C’est injuste, ce que tu lui fais subir, tout ça pour satisfaire ta petite personne. « Tu joues avec mes sentiments Achille Trinisky… » Oui Achille, ce n’est pas juste, ce n’est pas digne de la part d’un ami – c’est que tu insistes avec ce terme, il te tient à cœur. Mais bon sang lâche l’affaire –. Tu ne peux d’ailleurs toujours pas le regarder tandis qui vient se placer à côté de toi – cette fois tu voudrais réellement fuir –. Tu sens son regard posé sur toi, mais toi, toi tu ne peux pas bouger, tu es paralysé. « Tu sais plus que quiconque à quel point tu étais important pour moi… À quel point vous l’étiez tous. » En fait, comme tu n’as jamais eu d’autres amis, tu ne sais pas quel comportement adopter. Tous les autres doivent avoir tourné la page. Il n’y a que toi qui es resté bloqué dans le passé, qui n’arrive pas à avancer. T’es pitoyable. « Tu n’as pas le droit de retourner ça contre moi ou de remettre en question mon attachement envers vous. » Il a raison. Tu n’as tout simplement pas le droit – tu regrettes fortement qu’il ait entendu cette phrase que tu as simplement chuchoté –. « Tu ne sais rien de moi Achille, ne fait pas semblant de me connaître ou de connaître ma valeur. Tu ne retrouveras pas l’ami que tu as perdu… Il est loin derrière, il n’a pas survécu. Cesse de te torturer comme ça.» Mais comment on fait ? Comment on fait pour oublier des personnes qui ont tant compté dans notre vie ? C’est ce que tu as envie de répondre aussitôt. Pourtant, tu n’en dis rien. Tu as assez fait de mal comme ça, tu ne crois pas ?

Le temps s’écoule, doucement, et tu ne dis toujours rien – t’en es incapable –. Tu as cette boule dans la gorge qui s’est formée. Tu as l’impression que le sol s’effondre sous tes pieds – tu vacilles une seconde fois ; tu aurais presque envie de te laisser tomber, de hurler en te bouchant les oreilles, espérant désespérément que ce cauchemar prenne fin ; mais tu ne fais rien –.  Tu ne sais pas quoi dire, pas comment réagir – difficile quand on se retrouve en tort, hein ? –. Mais tu ne peux pas te permettre de fuir maintenant, tu dois assumer. Alors, tu relèves doucement la tête, le visage blême, et tu viens doucement l’appuyer contre le mur. Tu fixes un point, loin devant. Ton masque a disparu – et ton véritable faciès se révèle –. « Excuse-moi.» C’est tout ce que tu as trouvé à dire – ou c’est plutôt la seule chose qui a réussi à briser la barrière de tes lèvres –. C’est nul, c’est ridicule. Et c’est pourtant ces deux seuls mots qui viennent détruire ce silence que tu as instauré auparavant. La tonalité de ta voix est lasse, sans émotions. Comme si plus rien n’émane de toi. Tu es redevenu le pantin de ta propre existence. « Je… » Vraiment, rien n’y fait. Tu es incapable de prononcer quoi que ce soit – reprend toi enfin –. Ton poing gauche se ferme, et tu le portes jusqu’à ta bouche. Tu le places devant, et tu marmonnes. « Je suis ridicule…» Et puis, tu secoues légèrement la tête. « Je n’aurai pas dû te déranger pendant ton travail, je suis désolé.» Tu tombes de haut, de très haut. « Je ferai mieux de te laisser, tu as mieux à faire… » La fuite. L’impuissance. L’inaction. C’est tout ce que tu sais faire donc, Achille Trinisky ? Tu es bien triste mon pauvre. Et tu comptes partir, comme ça, d’un coup ? Oui, parce que c’est ce que tu estimes être le mieux. Tu dois disparaître de sa vie. Alors, tu te remets bien droit, et tu oses poser un dernier regard sur lui – as-tu le droit de simplement le regarder, après tout ce que tu lui as balancé ? –. « Je n’aurai pas dû te dire ça, désolé.» T’excuser, t’excuser, et encore t’excuser. Tu n’as rien de mieux à dire.

Alors, tu te diriges vers la sortie de l’arrière de la cuisine. Ton pas est lent – tu viens de tomber de haut, c’est normal ; on dirait un véritable zombie– . Tu ne vas pas rester pour le dîner. Tu vas t’empresser de fuir. Tu vas rentrer chez toi, tu vas te poser dans ton lit. Tu vas rester enfermé des jours durant. Mais ce que tu vas faire avant tout, c’est quitter ce lieu, rien que par respect pour Ezekiel – t’es en tort, tu dois partir –.

Alors, ce réveil, douloureux hein ?

Alors, ce réveil, difficile de voir la réalité en face hein ?

Alors, ce réveil, tu as enfin accepté ton sort, hein, Achille Trinisky ?
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Toi, tu n’avais plus rien à dire.
Pour toi, c’était terminé. Les mots ne suffisaient plus, les grandes tirades ne menaient nulle part. Tu devais retourner travailler, respecter l’objet de ta présence en ces lieux. Tu n’avais plus de temps à perdre avec les reproches de Achille ni avec ses accablantes remises en question. Ta vie à toi était déjà toute tracée et elle n’incluait aucun fantôme du passé. Il n’y avait pas de place pour Achille et son refus de tourner la page. Tu ne voulais pas de lui dans ta « nouvelle vie », tu ne voulais pas qu’il se noie avec toi ni qu’il goûte à la noirceur de son quotidien. C’était une rupture que tu exigeais, certes, pour toi-même, mais aussi et surtout pour lui. Évidemment, il ne pouvait pas comprendre l’intérêt de ta froideur, les motivations derrière tes paroles… Mais ça n’avait aucune importance. Endosser le mauvais rôle, être perçu comme le grand méchant : c’était une condamnation qui te connaissait bien. Ta vie ne reposait plus sur la colère d’une seule personne, sur l’acerbe réaction d’un seul être humain. Les gens te détestaient, c’était comme ça, il en avait toujours été. Et si Achille n’avait pas été présent pour te convaincre du contraire, tu aurais sans doute fini par croire que même votre amitié n’était en réalité basée que sur l’hypocrisie et les non-dits. Parce que c’était inconcevable, impossible même, que quelqu’un puisse prétendre s’attacher à toi sans y cacher une haine profonde. L’hypocrisie, ta vieille amie. Trop souvent, tu avais été approché par des gens qui voyaient en toi un avantage social et économique plutôt qu’un ami. Depuis les sept, depuis tes seize ans, il n’y avait rien eu de sincère. Il y n’y avait eu que des fausses amitiés et un paquet de faux semblants…

À l’exception d’eux.
À l’exception de deux personnes si perdues dans l’univers que tu n’avais jamais vraiment compris pourquoi elles t’avaient choisies.
Mais même elles, tu avais fini par les chasser, par les faire fuir.
C’était plus fort que toi, tu devais toujours tout détruire.

Et tu ne voulais pas détruire Achille. Une vie solitaire était ce qui te convenait le mieux, même que c’était la seule chose qui te correspondait vraiment à dire vrai. Lui méritait tellement mieux… Mais c’était des mots que tu ne pouvais pas prononcer, c’était un aveu que tu ne pouvais pas partager. Parce que ton cœur à toi, il était fermé à double clé. Tu n’avais plus de contrôle sur ce qu’il renfermait alors tu avais tout étouffé. Tu ne voulais plus jamais que ça sorte, que ça s’exprime. Tu avais déjà fait trop de victimes. Tu avais déçu Iza, blessé Sakae et trahi Nathanael. C’était largement suffisant, n’est-ce pas ? Et si l’un jour on venait à te dire qu’une vie seule n’était pas une vie, alors tu répliquerais sans doute que tu n’avais jamais été vivant. Toutes les réalités de ce monde ne s’appliquaient pas à celui qui n’avait jamais été. Tu étais un paria, un monstre, un raté, mais certainement pas un être humain.

Les secondes qui s’accumulent après ton dernier avertissement ne t’angoissent pas. Plus rien ne t’angoisse. Les sombres présages à l’horizon ne sont qu’un coup de poignard en plus, ce n’est plus suffisant pour faire monter en toi une crainte quelconque. Même si Achille venait à s’énerver après toi, à te couvrir d’insultes ou même à ruer ton corps de coups : qu’est-ce que cela changerait ? Dans ta propre vie, rien du tout. Tu l’aurais mérité, tout simplement. Tu le méritais toujours. Tu méritais chaque cracha, chaque injure, chaque coup de poing. Tu courrais après tout ceci comme si c’était une drogue, une addiction. Tu provoquais ton malheur. Tu aurais dû insister davantage, assurer ne pas le connaître… Et alors, peut-être qu’à cet instant, tu aurais pu t’en sortir, limiter les dégâts. Mais à la place, tu avais préféré le confronter et lui demander son problème… C’était ta faute. Depuis le début.

« Excuse-moi. » Étonné, tu arques légèrement un sourcil. Ça n’a rien d’une victoire. Ces excuses laissent un goût amer en bouche, elles ne méritent pas d’être célébrées : elles ne sont pas agréables à entendre… Et pourtant, tu ne peux contenir ta stupéfaction. Était-ce ce que tu recherchais ? Était-ce vraiment ce que tu voulais entendre de sa bouche, Ezy ? Tout ça… pour ça ? Pour que quelqu’un ait raison et que l’autre ait tort, pour que tu endosses le bon rôle et que lui commettes une erreur ? Non… Ce n’était pas ce que tu avais tant recherché. Mais alors, qu’avais-tu espéré ? « Je suis ridicule… » Tu aimerais lui dire que ce n’est pas vrai, mais les mots se bloquent. Le voir aussi… vulnérable, te fais perdre de vue la raison de ta colère. À l’intérieur de toi, la montagne russe ne s’arrête plus. « Je n’aurai pas dû te déranger pendant ton travail, je suis désolé. » À cet instant, tu cesses de le dévisager. Honteux, tu baisses légèrement les yeux pour ne surtout plus admirer l’expression de son visage puis tu te mords légèrement la lèvre inférieure. « Je ferai mieux de te laisser, tu as mieux à faire… » Cette situation est le fruit de ta noirceur. Mes félicitations, Ezekiel. Lorsque lui ose le regard, toi tu te contentes de fixer le sol. Et si, au fond, tu n’étais pas le seul à souffrir ? Et si tu n’étais pas le seul à douiller ? Pourquoi n’y a-t-il que tes sentiments que comptent ? Pourquoi te penses-tu toujours le centre de l’univers ? « Je n’aurai pas dû te dire ça, désolé. » Tu ne cherches pas à le rattraper, à l’empêcher de franchir cette putain de porte. « Un jour, tu comprendras… » Le jour de tes funérailles, quelqu’un pourra témoigner. Le jour où tu laisseras derrière toi une lettre pour tout expliquer, tu prendras soin de ne rien omettre. Parce que les gens méritent de savoir… Dans l’au-delà, tu veux admirer le visage de tes parents se décomposer et celui de tes amis se renfrogner. Tu as échoué à garder près de toi tout ce qui comptait… Alors peut-être que, ce jour-là, tu seras assez fort pour leur demander pardon d’avoir été aussi horrible. Tu n’étais qu’un enfant après tout. Un enfant qui avait ressenti le besoin de se protéger et qui a finalement merdé sur toute la ligne.

Enfin seul, tu pousses un interminable soupire. C’est comme si tout le poids du monde venait de quitter tes épaules. C’était la chose à faire, n’est-ce pas ? De toute façon, il n’y avait pas d’autre choix. Il n’y avait que ça.

Retournant à tes assiettes, tu t’empresses d’aller les porter à l’employée en charge. Il s’étonne de te revoir enfin, ne pose pas de questions, mais s’indigne silencieusement de ton roulement horrible. Toi, tu ne dis rien. Tu prends une minute, une minute pour refaire ton masque, pour te forcer à agir correctement à public, à effacer tout ce que tu as de personnalité et de noirceur. Les invités n’ont pas besoin de savoir ce qui se trame dans ton horreur quotidienne. Ça ne les concerne pas. Ça ne concerne personne.

À peine deux ou trois minutes après Achille, tu ressors comme si de rien n’était. Face aux clients, tu recoiffes vite fait tes cheveux, efface les mauvais plis de ta tenue puis tu t’empresses de rejoindre une table visiblement intéressée à commander.

À cet instant, tu n’as pas conscience des regards curieux qui se posent sur ta personne… Ni des murmures indiscrets qui osent s’élever à ton contact.
À cet instant, il n’y a que toi et ton travail.
Mais pour combien de temps ?
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"After all this time, I'm glad to see you again. But you, are you ?" - Feat Ezekiel & Achille


Tic-tac, tic-tac. Tu es une bombe à retardement.

Tu dois partir, tu dois t’échapper. Tu dois t’enfuir, tu dois rentrer. Parce que tu es prêt à exploser. Tu parais vide, tu sembles ne plus rien ressentir. Mais tout ça, c’est parce qu’au plus profond de toi se rassemble l’ensemble de toutes ces mauvaises émotions qui habitent en permanence ton corps – elles se rassemblent, elles deviennent plus fortes ensembles, elles grandissent côte à côte –. Bientôt, elles vont ressurgir, tu le sens, tu as peur, tu es terrifié rien qu’à l’idée. Tu ne pourras rien contrôler – tu dois fuir, fuir au plus vite –. Tu en trembles même – dépêche toi, tu n’as plus beaucoup de temps –. Ce réveil, celui qui t’a fait bouffer en plein visage la réalité, la vérité, c’est lui qui a lancé le décompte de cet explosif. Tu ne peux pas laisser les autres te voir lorsqu’explosion il y aura – tu aurais trop honte –. Tic-tac, tic-tac, le temps tourne, tu n’as plus le temps de te retourner, plus le temps de le regarder une dernière fois avant de l’oublier – c’est ce que tu es censé faire, ne l’oublie pas –, plus le temps de rien.

L’horloge tourne, Achille.

Tic-tac, tic-tac. Tu es comme le calme avant la tempête.

Tu es comme ce silence, celui d’un mauvais présage. Tu es comme ce moment d’ataraxie avant l’évènement dramatique. On la reconnaît facilement, cette seconde, cette minute de quiétude. On la sent, on la pressent, on la ressent. C’est pareil avec toi. Tu n’as même pas pris la peine de remettre ton masque, ton sourire d’apparat avant de passer la porte. « Un jour, tu comprendras… » Tu as ces putain de mots qui résonnent dans ta tête – tu n’arrives pas à les chasser, ils sont là, bien ancrés dans ton esprit ; ils ne comptent pas partir de sitôt –. Et puis, pour couronner le tout, tu as la voix d’Ezekiel avec. Comme si elle avait pris possession de ta conscience – tu n’es maître de rien, pas même de ta propre chose qui te sers de corps, de support à ton âme abîmée, consumée –. Comprendre, comprendre, comprendre, tu aimerais bien. Mais de quoi dois-tu te rendre compte ? Et puis, comment ça « un jour » ? Ça te prend les tripes, ça prend la tête, ça t’empoisonne le cœur. Ce sont donc les derniers mots que tu as entendus de Ezekiel – tu n’arrives toujours pas à te rentrer dans le crâne que tu dois le laisser, que tu dois l’abandonner, l’idée te répugne, te file la nausée –. Tu vas devoir vivre avec ça - tu n’y arriveras pas, tu ne pourras pas –.  

Tandis que tu pénètres de nouveau dans la salle, tu n’as qu’une seule idée : passer le pas de la porte de sortie. Tu ne peux pas rester en ces lieux. Fuir, m’enfuir, m’échapper. Oublier – tu n’as plus que ça à faire désormais ; y parviendras-tu ? –. Mais alors que ton pas s’accélère, une main vient se poser sur ton épaule. Tu t’arrêtes, net, et tu te retournes lentement. On te demande où tu comptes aller, pourquoi tu veux partir. « La soirée n’est pas à votre goût Monsieur Trinisky ? Ou peut-être avait vous des choses à vous reprocher ? … » Ce grand monsieur barbu qui t’as interpellé, tu le regardes avec incompréhension. Tu te demandes ce qu’il peut bien te raconter. « Mais ne partez pas voyons, vous n’avez même pas mangé, même pas prit un verre à l’apéritif ! Venez donc en boire un avec nous, rapidement ! » Tu n’as pas envie, clairement, et c’est limite s’il te traine de force. Tu n’arrives plus à articuler un quelconque mot. Tu n’arrives plus à te débattre, alors tu te laisses finalement emporter – as-tu le choix ? Non, bien évidemment, tu n’es pas libre de tes propres actions –. Il te tend un verre de champagne, tu le remercies par politesse – tu ne veux pas trainer avec ces gens. Et puis, tu as l’impression qu’il y a une drôle d’ambiance. Toutes les personnes de ce petit groupe – les autres, pour la plupart, ce sont déjà installés à table – te regardent de manière étrange. Que me veulent-il ?

Ils commencent alors à parler de choses et d’autres, parfois ils t’adressent la parole, pour te dire et te demander des choses comme « Comment avez-vous fait pour monter l’échelle sociale de cette manière ? C’est remarquable en tout cas ! » Baliverne. « Vos livres sont vraiment époustouflants ! J’ai beaucoup aimé les lire, j’ai d’ailleurs hâte que votre prochain ouvrage paraisse ! » Faux-cul « Cela doit vraiment vous changer la vie, d’avoir de l’argent désormais ! » En quoi ça te regarde ?  C’est pas tes oignons. Tu te contentes de réponses concises. Tu veux en finir au plus vite. Tu dois partir avant de croiser de nouveau la route d’Ezekiel – tu dois disparaître de celle-ci, ne l’oublie pas –. Mais à peine penses-tu à ça, que le voilà de retour dans la salle. Tu te crispes – tu trembles aussi, et ce, depuis que tu as quitté l’arrière du restaurant –, tu es paralysé. Ta gorge se noue. Tu poses alors ton verre au plus vite, tu les remercies de t’avoir invité à partager ce verre avec eux, et tu fais volte-face. Mais, de nouveau, une main t’arrête net dans ton élan. « Mais enfin, ne partez pas, la soirée ne fait que commencer ! Pourquoi tenez-vous tant à partir ? Le lieu n’est-il pas à votre goût ? Ou alors … » Sa phrase resta en suspend. Tu tournes simplement la tête vers l’homme, qui a d’ailleurs un sourire étrangement… démoniaque ? Tu ne bouges pas, tu attends la fin de sa phrase. Tu ne comprends pas à quel petit jeu il joue. Tu paniques. Fuir, m’enfuir, m’échapper.

« Ou alors vous préférez que personne n’apprenne que les rumeurs sont bien fondées. On vous a vu, Monsieur Trinisky, partir en douce avec ce serveur. »

Ton cœur rate un battement.

Tic-tac, tic-tac c’est presque la fin du décompte.

Il a lancé ça en haussant la voix. Puis il a ris. Toi, tu t’es décomposé. Les battements au creux de ta poitrine ont accéléré. Tu dégages sa main de ton épaule rapidement, et tu recules. Autour, les regards – pour la plupart – se sont posés sur toi. Oui, tu es gay, et tu l’assumes. Enfin, tu n’as jamais voulu rien dire en public parce que c’est une chose qui ne concerne pas les autres. Mais là, qu’il est l’affront de te dire ça, de le crier presque à la Terre entière, ça te brise. En quoi ça l’amuse d’enfoncer encore plus le couteau dans ta plaie déjà trop grande, trop ouverte ? – il ne connait rien de ta situation, il ne connait rien de tes blessures, de tes souffrances, mais il satisfait sa petite personne t’humiliant –. «Vous n’avez vraiment rien à faire d’autre qu’humilier les autres, c’est fou…» Tu as lancé ça, et tu as aussitôt fait demi-tour. Ils rient. Ils se moquent.

Mais lorsque tu relèves la tête, il est là, derrière toi. Il a tout entendu, c’est sûr.

« Pardon, j’ai été retenu, mais je vais partir. »

Tu paniques. Les autres s’esclaffent de plus belles, avant de s’éloigner et d’aller s’installer à leur table. Toi, t’es bloqué, t’es paralysé.

Tic-tac, tic-tac. Achille, échappe-toi.  
Tic-tac, tic-tac. Il est trop tard.
Tic-tac, tic-tac.
Boum.
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« Hey, Ezekiel c’est ça ? Tu peux aller porter ça à la table là-bas ? » Bien sûr votre altesse. Momentanément accoudé contre le bar, le regard balayant la salle sans rien y voir, tu te redresse nonchalamment avant d’adresser un sourire factice à ta collègue. Tu aimerais lui dire que ce ne sera pas possible, que tu n’en as pas envie, que tu aimerais que quelqu’un te remplace pour le reste de la soirée. Mais tu ne peux pas. Si tu fais ça, c’est le renvoie assurer… Et c’est impossible, tu ne peux pas te le permettre. Tu ne peux pas laisser Achille apparaître dans ta vie et tout briser comme ça. Il y a plus important que lui, il y a Eden. Si tu ne peux pas offrir quelque chose de mieux que la rue à ta propre fille, alors quel genre d’être humain es-tu ? Même si tu ne vaux rien, même si ton nom est une infamie, même si le simple fait d’exister est un affront à Arceus, tu ne peux pas te permettre de la noyer avec toi. Tu ne peux pas entraîner avec toi une enfant dont le seul crime sur terre est d’avoir été le tien.

Alors oublie Achille. Oublie que rien ne va, oublie que tu viens de rejeter ce qui s’apparente le plus à un ami dans ta vie. De toute manière, tu n’as pas besoin de tout ça. Tu n’as pas besoin de rompre la solitude, de mettre un terme à la noirceur désormais si réconfortante qui t’enlace depuis trois ans… Le jeune homme n’est qu’une erreur, un coup bas de plus programmé par la vie, un coup de poignard qui ne mérite pas d’être considéré. Peut-être n’en a-t-il pas conscience, mais son brusque retour dans ta vie vient d’y foutre le bordel. Comment peux-tu oublier qui tu as été si ton passé s’amuse à ressurgir d’entre les entrailles de la terre sans crier gare ? Comment peux-tu avancer quand on t’oblige à te rappeler !? Qui sera le prochain à reparaître ? Elyas le coupable ou, pire encore, Lucian la victime ? Est-ce un moyen de fermer la boucle, de t’enfoncer une dernière fois avant que l’originalité ne manque ? Si c’est ça son plan, alors autant qu’elle sache dès maintenant que tu n’y adhèreras pas. Tu ne la laisseras pas remettre sur ton chemin tous les fantômes de ton passé… Tu ne la laisseras renfoncer le couteau dans ta plaie, te rappeler continuellement à quel point tout était mieux avant. Achille est déjà un coup bas de trop.

L’utiliser contre toi, c’est si petit, cruel, que tu ignores s’il y a des mots pour définir un tel complot, un tel châtiment.

Terminant de poser les coupes sur ton plateau, tu te redresses de tout ton port altier afin de masquer l’incertitude qui parcourt chaque terminaison nerveuse te composant. Solidité, indifférence, magnificence. Au loin, le tableau est parfait. Tes yeux sont doux, professionnels, on dirait que tu as fait ça toute ta vie. L’illusion est si belle, qu’on en oublie même ton ossature saillante et ta carrure si chétive, si inquiétante. Ce masque est le fruit de trois années d’efforts, trois années à faire semblant que tout va bien, à couvrir de mensonges les inquiétudes d’Eden. Elle sait que votre vie n’est pas belle, que son père n’est pas un homme bien, mais parfois… Parfois elle s’abandonne au rêve que tu lui fais miroiter. C’est votre seul moyen de combattre la réalité. Et c’est ta seule façon de survivre à cette soirée dont la fin te semble intouchable, inatteignable.

Ta table a une voisine méritant tous les honneurs. Même si tu fuis son regard et que tu fais semblant de n’avoir rien vu, tu n’es pas étranger à la présence d’Achille à celle-ci. Mais si tu peux prolonger le mensonge assez longtemps pour leur faire croire que sa présence n’est pas un désagrément, qu’elle ne change rien, qu’elle ne compte pas… Alors tout ira, bien, n’est-ce pas ? (Naïf. Naïf. Naïf.) Tu ne prends pas le temps de t’étonner de sa présence, mais il aurait dû partir. Tu aurais mis ta main au feu qu’il allait le faire, que c’était son intention… Alors pourquoi est-il toujours là ? « Tenez, voici vos verres. » Un sourire, léger, professionnel. Les invités attablés te remercient avec une légère indifférence dans la voix, s’empressent de continuer leur conversation sans se soucier davantage de toi. Tu ne t’en formalises pas : à une époque, tu étais pire qu’eux. Tu as toujours été pire que tout le monde. Glissant ton plateau rond sous ton bras, tu prends silencieusement une grande inspiration puis tu te retournes vers la table voisine avec l’intention de la contourner sans faire de cas. Professionnel, irréprochable.

Ce job, tu dois le garder.

C’est cet instant qu’Achille choisit pour se relever… Sauf qu’une main posée fermement sur son épaule l’en empêche aussitôt. Curieux, tu cesses de bouger pour mieux observer la scène qui se déroule juste sous tes yeux. Autour, d’eux, les regards convergent soudainement. Comme s’ils savaient ce qui les attendait et comme s’ils s’en délectaient d’avance. Tu respires doucement. Professionnel, irréprochable. « Mais enfin, ne partez pas, la soirée ne fait que commencer ! Pourquoi tenez-vous tant à partir ? Le lieu n’est-il pas à votre goût ? Ou alors … » Tu ne voles pas au secours d’Achille, tu ne bouges même pas. C’est une altercation qui ne te concerne pas. Tu n’es que le témoin silencieux. Tu ne vois rien, tu n’entends rien, tu ne dis rien. Jusqu’au moment où un sourire fend le visage de l’homme et qu’un sombre présage ne naisse dans le creux de ton ventre. Tu fronces légèrement les sourcils, mais ton corps ne réagit pas davantage. Toi, plus rien ne peut t’atteindre. Qu’on insulte, qu’on moque ou qu’on pointe Achille du doigt ne te fait ni chaud ni froid. Vous n’êtes plus amis, vous n’êtes plus rien.

(Ah oui ? Vraiment ?)

« Ou alors vous préférez que personne n’apprenne que les rumeurs sont bien fondées. On vous a vu, Monsieur Trinisky, partir en douce avec ce serveur. » Ton cœur s’arrête, ton visage se décompose. On vous a vu partir en douce avec ce serveur. Les rumeurs. Quelles rumeurs ? Les rires, les regards, l’attention qui s’est redirigée d’abord vers Achille puis vers ton pauvre corps tapi dans son ombre. Les… rumeurs. Tu ne sais rien du Trinisky, mais les mots sont plus puissants que des balles. Il n’y a qu’à voir leur sourire, leurs moqueries pour comprendre de quel genre de rumeurs il s’agit. Et à cet instant, tu sens la bile remonter à nouveau le long de la gorge.

Tu voudrais vomir. Vomir ton être en entier. Vomir tes organes à même le sol si cela pouvait te nettoyer de l’intérieur.

« Vous n’avez vraiment rien à faire d’autre qu’humilier les autres, c’est fou… » Le jeune homme fait demi-tour, relève la tête, croise ton regard. Tu n’as pas de mots. Tu as l’impression de revenir trois ans en arrière. De revenir à l’époque où le dossier est sorti, où la nouvelle a détruit ta vie. Les rires, les regards. C’est un souvenir si saisissant que les années ne l’ont pas atténué. Et là, tout recommence. « Pardon, j’ai été retenu, mais je vais partir. » Pourquoi ne proteste-t-il pas ? Pourquoi ne rigole-t-il pas en leur disant que c’est faux ? Achille n’est pas comme ça, il n’est pas … Il ne peut pas…

(Et si c’était vrai ?)
Non c’est impossible.
(Qu’en sait-su ?)
Tu le sais c’est tout.
(Vraiment ?)
Oui.
(Non.)

« Non… Non attend. » Dégoût. Dégoût profond. Il n’y a pas de mots, il n’y a pas de réaction à la hauteur de ta répugnance. Tu as consacré trois années de ta vie à corriger ton erreur… Trois années à te rentrer dans le crâne que c’était dans ta tête tout ça, que tes gestes étaient contre-nature, que ce n’était pas censé être. Trois années à essuyer les regards, les moqueries et à régurgiter chaque soir ton aversion de toi-même. Tout ça pour quoi ? Pour être assimilé aux putains de conneries d’un mec sorti de nulle part pour foutre le bordel dans ta vie ? Est-ce une blague ? « Quelles rumeurs ? » La froideur dans ta voix n’a de pendant nulle part ailleurs dans l’univers. Tu dois l’entendre de sa bouche, tu dois l’entendre dire. Toi, tu ne veux plus être associé à ces conneries…

Et surtout, tu ne veux plus t’approcher de qui que ce soit ayant ce genre d’attirance.
L’idée de partager le même air que le sien te rend malade.
Les déviances comme la sienne te rappellent pourquoi tu avais tant mérité d’avoir la corde au cou.
Elles te rappellent ton enfer, ce crime que tu as expié de ton sang et de tes tripes.

Alors tu poses la question. Tu poses la question pour qu’Achille te confirme que tu te fais des scénarios, que ce n’est pas ça. Que « partir en douce avec le serveur » a une autre signification que la tienne. Tu as besoin d’entendre que ce n’est qu’un malheureux malentendu…

Sinon…
(Sinon quoi ?)
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Tu n’as pas su fuir à temps – tu n’as pas assez écouté ton instinct de survie –.

Et puis, surtout, tu regrettes soudainement d’être venue à cette soirée. Tu savais pertinemment que ce genre de festivités ne sont pas pour toi – tu n’es pas de leur monde et tu ne le seras jamais ; parce qu’ils ne t’accepteront jamais, mais aussi parce que toi tu ne le veux pas –. Pourtant, rappelle-toi, il y a quelques minutes à peine tu as pris Ezekiel de haut – tu as juste fais comme tous ces gens vicieux –. Oui, tu n’aurais jamais dû venir, même pour simplement faire acte de présence. Tu t’es laissé happer dans ce panier de crabes – tu t’es laissé prendre dans leurs filets, alors que tu savais très bien dans quoi tu t’engageais –. Cette salle est remplie de vipères qui ont su te remettre à ta place – celle de l’enfant pauvre, qui restera toujours un enfant démuni à leurs yeux, ainsi qu’un homme qui ne mérite pas sa place actuelle dans la société, qui a simplement eu un coup de chance –. C’est dégueulasse, c’est injuste, mais c’est comme ça – plus jamais tu n’iras à ces soirées, tu viens de t’en faire la promesse –. En fait, plus jamais tu ne sortiras de chez toi tout court. Tu vas rester enfermé, te laisser aller, te laisser mourir. C’est fort, comme pensée, c’est triste aussi, mais c’est actuellement ce que tu envisages de ton avenir, de ce que tu vas faire de tes prochains jours. Tu vas tout simplement disparaître de la circulation – tu n’en peux plus, tu as ta dose –.

Parce que plus jamais tu veux avoir à revivre des soirées comme celle-ci. Plus jamais. Never. C’est un véritable enfer – pire que toutes tes années de vie réunies ; c’est un peu exagéré, mais ça donne une image, une idée –. Et puis, quand tu commences enfin à ressentir l’ensemble de tes membres, quand tu arrives enfin à te mouvoir de nouveau, sa voix t’interpelle. « Non… Non attend.» Tu plisses les yeux. Et puis, une nouvelle lueur d’espoir se niche dans ton cœur – aurait-il changé d’avis ? Ça ne ferait que rendre ta journée un peu plus joyeuse –. Tu as même un petit sourire qui renait sur ton visage – comme si ton corps était de nouveau animé par des émotions – mais qui s’efface aussitôt qu’il reprend la parole. « Quelles rumeurs ? » Tes pupilles s’horrifient de nouveau. Pourquoi est-ce que son ton est si froid ? Tu restes muet. Parce que bien que les regards ne soient plus vers vous – toutes ces vipères étant bien trop occupées à assouvir leurs désirs de s’alimenter d’une nourriture de haute qualité ; elles avaient simplement jeté la grenade – les oreilles, elles, ne sont pas sourdes.

Que dois-tu lui répondre ? Être honnête et lui dire que ce sont les hommes que tu préfères ? L’être seulement à moitié en inventant une moitié de mensonge sans queue ni tête ? Ou éviter totalement le sujet ? Après tout, ce ne tu ne prends pas en compte, c’est qu’il a été, lui aussi, impliqué. Il mérite donc que tu lui apportes une réponse – mais pourquoi est-il désormais si froid ? –. Tu arques cependant légèrement un sourcil. Pourquoi est-ce que ça l’intéresse tant de savoir, soudainement ? – parce qu’il est impliqué Achille, comprend le, il a besoin de réponses ; tu es vraiment incapable d’être attentif aux autres finalement, incapable de les cerner, incapable de comprendre leurs ressentis –. Finalement, tu t’es toujours laissé bercer par les autres – c’était eux qui te soutenaient, pas le contraire –. Finalement, tu n’es qu’un poids mort – tu n’as toujours fais que suivre les autres, tu disais que tu essayais de les protéger comme ils l’avaient fait pour toi, que t’essayais de les aider quand ils allaient mal, mais en fait, tu n’as jamais rien fais de tout ça –.

Ton silence devient trop long. Tu fais craquer tes doigts, tu ne cesses de regarder ailleurs, tu passes ta main dans tes cheveux, tu réajustes ta cravate. En fait, ce n’est pas le dire à Ezekiel qui te dérange le plus, c’est surtout toutes ces oreilles qui n’attendent qu’à l’entendre, cette vérité que tu n’as jamais dévoilé au grand jour. Ils attendent tous, affamés, telles des hyènes avec leurs faux sourire à te glacer le sang. Tu ne veux pas qu’ils gagnent. Parce que c’est intime, personne d’autre que toi n’a réellement besoin de le savoir. Ce sont tes affaires, pas les leurs. Et ils n’attendent que ça, que tu confirmes leurs dires. Ils t’épient, tels de véritables vautours en proie à des carcasses gisantes. Oui, tu es la carcasse qu’ils ont envie de dépouiller, le déchet présent sur la voie publique qu’ils ont envie d’écraser, encore et encore. La vie te prend déjà tout ce que tu as, tu ne peux pas laisser des personnes qui se croient supérieures à tous les autres faire la même chose.

Tu finis finalement par souffler un coup, et puis, tu arrives à relever les yeux vers Ezekiel. Tu l’assumes, et tu as pourtant tant de mal à le dire. « Que je préfère les hommes. » Ni plus, ni moins. Tu regardes rapidement autour de toi – ils rient, ils mangent, ils sont contents ; ils ne semblent surtout pas avoir entendus, et ça, ça te rassure drôlement –. Pourtant, il y a toujours quelque chose qui t’inquiète – une impression, un sentiment –. Ça ne te dérangeait en rien de le dire à Ezekiel, mais le ton qu’il a employé lorsqu’il t’a posé la question… C’était si froid, si sec, si tranchant, si cinglant… Si glaçant. Tout ton être s’était gelé, comme si tu venais de te prendre une rafale de vent comme il y en a durant les tempêtes en hiver. Contre toute attente, désormais, c’est ça qui t’alarmes, qui t’affoles, qui te troubles. Et, tu te rends soudainement compte que tu as littéralement peur de sa réaction. As-tu fait le bon choix finalement en lui avouant ta préférence pour la gente masculine ? Tu secouais doucement la tête. Dans tous les cas, c’était trop tard.

« Je m’excuse qu’ils t’aient assimilé à ces rumeurs. Je ne fais que te causer du tort. Il vaut mieux que je parte. » Oui, parce que ça y est Achille, tu n’en peux plus. Cette situation reste délicate depuis le début, tu ne fais que faire du mal à Ezekiel, les autres cherchent à te faire tomber. Ta place n’est décidément pas ici. Tu arrives à esquisser un léger sourire, tu fermes donc ta veste, et tu commences à vouloir te diriger vers la sortie. Dois-tu lui dire au revoir ? Dois-tu lui dis à bientôt ? Dois-tu lui dire adieu ?

Non, parce que ça te crèverais l’âme.

Non, parce que même après cette conversation, tu pars avec l’optique de le revoir un jour.

Non, parce que tu t’obstines à croire que tu pourras le retrouver un jour.
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On disait de l’homophobie que c’était la crainte et rejet des homosexuels et de l'homosexualité plus en général. Sauf que les gens ne savaient rien. Ils ne savaient pas ce que c’était d’avoir le crâne martelé d’idéaux, d’avoir l’esprit ravagé par les commentaires haineux. C’était facile de te condamner, facile de juger tes sentiments à cet instant… Mais personne ne savait. Jamais personne n’avait tenté de se mettre à ta place, d’imaginer ton quotidien après la sortie de ce putain de dossier.

Ce jour-là, tu avais tout perdu.
Parce que tu avais fait l’erreur de préférer les hommes aux femmes.
Parce que tu t’étais rangé du mauvais côté de mère nature.
Parce que tu étais une abomination.

Les gens s’en foutaient. Leur divertissement prévalait sur ton confort quotidien, sur ta qualité de vie. Pendant les semaines qui avaient suivi, lorsque les charmants habitants de Kalos t’avaient reconnu dans la rue, ils n’avaient pas hésité à te pointer du doigt et te cracher dessus comme si tu avais tué leur mère. Tu ne méritais même pas leur indifférence. Tu ne mérites même pas d’être ignoré. Alors comment ? Comment étais-tu censé t’en sortir ? Tu avais fait ce qu’il y avait à faire. Tu t’étais soigné. L’homosexualité était un péché, une erreur : mais rien d’insurmontable quand on avait une détermination comme la tienne. C’était la normalité ou la mort, il n’y avait pas d’autre option, aucune demi-mesure. Tu étais déjà trop près du gouffre, trop près de la mer. Tu avais dû faire un choix…

Et au final, tu n’en avais été que plus perdu.
Soigné, mais complètement détruit. Incapable de trouver ta place en ce monde, bercé par des illusions abjectes, la tête saturée de fausses réalités, tu n’avais pas été capable de ressortir glorieux de ce combat. Tu avais, au mieux, réussi à éviter d’être mis KO. Mais le prix avait été horrifique. Tu y avais tout laissé : ton honneur, ton respect de toi-même, tes croyances. Tu t’étais abandonné à des bras qui, quelques années auparavant, t’évoquaient plus de haine que de désir et tu t’étais enfoncé dans le crâne que c’était la bonne chose à faire. Tu pouvais, toi aussi, être normal. Tu pouvais toi aussi étouffer ce désir infâme pour les hommes et te conformer. Tu le pouvais. Et tu avais réussi.

Droit comme un piquet, tu fixes Achille. Tes yeux sont couverts d’un voile de froideur qui n’augure rien de bon, mais tu t’en fiches. Tu as besoin de l’entendre de sa bouche. Tu as besoin de savoir dans quelle galère il t’a inclus. Tu ne le laisseras pas détruire ta vie à nouveau. Tu refusais d’être à nouveau traité comme un paria pour un crime qui n’est pas le tien… Tu n’as rien fait. Tu as expié tes péchés pendant trois ans, tu n’as jamais cessé d’étouffer ce désir atroce qui grondait dans le fond de ton ventre. Tu as été irréprochable… Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce sur toi que ça tombe ?

Mais tout ira bien, n’est-ce pas ?

D’ici quelques secondes, Achille te rassurera. Il te dira que tu te trompes, que ce n’est pas ce que tu crois. Que lui n’est pas comme ça, qu’il est quelqu’un de bien, de normal, de droit. C’est le dernier espoir qu’il te reste, la dernière chose qui t’empêche de craquer. Tu ne peux pas imaginer que quelqu’un ayant une attirance aussi contre nature, aussi dégoutante ait pu poser une main sur toi. C’est une réalité qui te répugne, qui te donne envie de t’arracher la peau. Tu ne peux pas (veux pas) être assimilé une fois de plus à cette déviance. C’est inconcevable que tu aies pu laisser quelque chose comme… ça t’approcher de la sorte, respirer le même air que le tien pendant d’aussi longues minutes. Sa maladie, qu’il se la garde. Toi, tu as déjà suffisamment donné.

Il réajuste sa cravate, passe une main dans ses cheveux, craque ses doigts, fuit ton regard.
Tu réprimes ton désir de lui sauter au visage.

« Que je préfère les hommes. » Ton cœur se serre. Tu encaisses le coup sans broncher, sans cesser de le détruire du regard. Les rumeurs. Toujours les rumeurs. Achille était au courant des rumeurs le concernant et, pourtant, il t’a approché. Il a osé minimiser la distance entre vous, il a osé t’adresser la parole.  « Et alors ? Tu ne t’empresses pas de leur dire que ce ne sont que des rumeurs ? Que ce n’est pas vrai ? » Toi, c’est ce que tu t’empresserais de faire… Parce que toi, tu n’es pas comme ça. Tu ne partages pas ses abjectes fantasmes. Et parce que toi, tu ne laisserais personne raconter de telles absurdités, de tels horreurs sur toi. Mais lui… Mais lui ne fait rien. Et ça ne fait que nourrir ta colère creuse. Même pas il ne cherche à te défendre, même pas il ne se défend (ne vous défend). Serrant le poing, tu t’apprêtes à insister davantage, mais il ne t’en laisse pas l’occasion. « Je m’excuse qu’ils t’aient assimilé à ces rumeurs. Je ne fais que te causer du tort. Il vaut mieux que je parte. » C’est tout ? Réalise-t-il un centième tu tort qu’il vient de te causer, de l’ampleur de la situation !? Pourquoi toi ? De toutes les personnes présentes sur place, pourquoi fallait-il que ce soit toi !?

Tu hyper ventiles. L’air ne se rends plus correctement à ton cerveau.
Les rumeurs sont vraies.
Tu voudrais vomir.
Et lui… Et lui agit comme si de rien n’était. Il referme son manteau, s’apprête à partir, comme si tout allait bien. Comme s’il n’y avait aucun problème.

Laissant ton plateau tomber sur le sol, tu serres les dents avec colère. Les regards se retournent, vous redevenez le centre de l’attention. Mais qu’en as-tu à faire ? « Tu te fous de ma gueule !? » Sans même t’en rendre compte, sans même y penser, tes doigts se referment sur son veston alors que tu le tires brusquement vers toi, le dardant d’un regard si noir, si sombre que toute l’humanité qu’il te restait semble s’être évaporé à son contact. Tu le tuerais. S’il n’en tenait qu’à toi, si tu pouvais tu le tuerais certainement. Son existence te répugne. Il te rappelle tout ce que tu détestes en toi, tout ce qu’il y a de plus condamnable par l’humanité. « Je me disais bien que quelque chose clochait avec toi. » Sourire carnassier, aversion, nausée. Tu voudrais gerber, lui cracher ta haine au visage. « C’est à cause des gens comme toi que le monde va si mal, tu le sais ça ? » Tu n’es plus toi. Tu es un enfant effrayé se protégeant derrière des abominations qu’il ne pense pas vraiment. Tu es devenu ton bourreau, la copie conforme des hommes qui t’ont détruit ce soir-là. « Putain tu me dégoûtes… » Puis en le repoussant, tu le lâches enfin. Tu examines brièvement tes mains comme si tu venais de toucher quelque chose d’anormalement souillé puis tu le jauges ouvertement de la tête aux pieds comme si tu le voyais pour la première fois. « Ne t’avise plus jamais de m’approcher, Achille Trinisky. Est-ce bien clair ? » Tu es de retour dans le passé, tu es trois ans plus tôt. Tu es effrayé. Le traumatisme ne s’est jamais évaporé, tu ne l’as jamais surmonté. Et pendant quelques minutes, tu y es à nouveau. Ça fait mal. Ça fait beaucoup trop mal. « Si jamais on se revoit, ça va mal se passer enculé. » Le frapperais-tu ? Sans doute.

Parce que Achille représente tout ce que tu détestes.
Parce que lui est encore capable de s’assumer… Alors que toi tu sacrifies tout ce que tu as à réprimer quelque chose de naturel. Quelque chose qui fait honteusement parti de toi.
Tu es jaloux. Indigne et jaloux.
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Tu as fait comme si tu n’avais rien entendu. Tu as ignoré ce qu’il t’a dit avant que tu lui dises que tu allais partir, volontairement. Parce que c’est vrai. Tu ne peux pas le nier, tu ne peux pas mentir. Tu es comme ça – encore une fois, tu n’y peux pas grand-chose –. Oui, tu préfères les hommes aux femmes, mais quel mal y-a-t-il à ça ? Tu restes sain d’esprit – mais l’étais-tu déjà à la base ? –, tu le vis bien. De nos jours, la société est un peu plus ouverte à ce genre de sujets, non ? A l’heure actuelle, les autres acceptent un peu plus ceux qui sortent des codes, non ? Maintenant, deux hommes ou même deux femmes ont le droit de se marier – ils l’ont gagné ce droit –, alors, tu restes normal finalement, non ? Mais, qu’est-ce que la normalité en réalité – de simples codes établis par la société, que les individus doivent respecter à la lettre au risque de se faire éjecter, renier, insulter ; mais tout ça, ce n’est que fictif, personne n’est réellement normal ; du moins c’est ton point de vue –.

Tu l’as toujours bien vécu, le fait d’être homosexuel. Ou du moins, tu as commencé à respirer de nouveau lorsque tu l’as dit à ton père, et qu’il t’a répondu que ce n’était pas grave, que ce n’était pas quelque chose de mal de préféré une personne du même sexe, et que, dans tous les cas, tu resterais son fils. Il t’avait dit ça avec ce grand sourire rassurant qu’il avait toujours eu – il a toujours essayé d’avoir cette image après le décès de ta mère ; et il l’était, bienveillant –. Ce jour-là, il t’a serré dans ses bras, il t’a dit qu’il t’aimait et que, peu importe tes orientations, tes attirances, ton métier, tu restais son fils. Grâce à lui, tu as pu te libérer de ce poids qui pesait sur ta conscience – la peur d’être rejeté par ta propre famille ; tu n’aurais pas survécu et tu aurais rejoint l’au-delà depuis bien longtemps déjà –. Tu as alors pu laisser ton cœur parler un peu – cœur endolori, cœur meurtri –, et tu as vécu une aventure, une belle aventure avec Nathan. C’était beau, c’était doux – cœur réparé ? –. Tu aurais eu envie que ça dure bien plus longtemps. Tu aurais eu envie de partager encore plus de choses, de moments avec lui – tu étais bien avec lui –. Mais ta carapace à tout fait foirer. Tu ne t’ouvrais pas, tu ne parlais pas beaucoup parce que tu avais encore tous les évènements passés dans la tête. Alors Nathan avait préféré partir, s’excuser bon nombre de fois. Tu avais compris son choix. Tu l’avais respecté. Et puis, vous ne vous étiez plus jamais revu – belle idylle envolée, effacée ; cœur martelé –.

Tu n’as plus jamais eu de relation après ça, parce que tu t’es dit que tu n’es peut-être pas fait pour ça au final. Parce que tu ne te confies pas, tu ne parles pas de toi, de ton passé, tu peux rester des heures durant dans ton mutisme. Oui, définitivement, tu ne pourras jamais. Alors, tu te contentes de les regarder, ces personnes que tu trouves magnifiques – mais tu ne les approches pas, parce que tu as peur aussi maintenant –. Bien qu’au fond, tu sais que tu as besoin de quelqu’un près de toi, tu as besoin de quelqu’un pour t’aider à passer à autre chose – cœur blessé, tu as besoin que quelqu’un le répare –, tu as peur de ne pas être à la hauteur des attentes de l’autre. Et puis, tu ne veux pas l’enfoncer avec toi dans ton malheur, lui poser sur les épaules l’ensemble de tes tourments, de tes chagrins, de ta mélancolie incurable. Tu ne peux pas accepter que l’autre souffre avec toi. Alors tu te contentes de les observer, toutes ces hommes qui attirent ton regard, avec un bref petit sourire désenchanté.

Tu t’apprêtes à partir, mais tu vois bien que quelque chose ne va pas, que quelque chose a changé dans l’attitude d’Ezekiel. Il respire plus fort, plus vite. Que peut-il bien avoir ? Tu le fixes avec un air interrogateur, et tu t’apprêtes à lui demander s’il va bien, s’il a besoin de s’asseoir. Mais tu n’as pas le temps de faire quoique ce soit, que son plateau tombe, que le verre vole en éclats. Tu à dans l’idée de t’élancer vers lui, de l’aider – il semble vraiment ne pas aller bien – mais le son de sa voix qui résonne t’empêche de bouger. « Tu te fous de ma gueule !? » Que… Quoi ? Qu’as-tu fait ? Tu n’as pas le temps de réfléchir qu’il attrape ton veston, qu’il t’attire brusquement vers lui. Tu oses le regarder dans les yeux, mais la noirceur de ses prunelles te fait trembler. Tu viens d’atteindre le summum du summum de mal-être. « Je me disais bien que quelque chose clochait avec toi. » Pardon ? Est-il réellement sérieux ? Tu fronces les traits de ton visage. « C’est à cause des gens comme toi que le monde va si mal, tu le sais ça ? » Wow. Alors là, c’est la claque la plus puissante que tu ne t’es jamais pris. Aurais-tu seulement pensé que ton ami d’enfance éprouverait tant de haine envers toi à cause de ça, de ton homosexualité ? Non, pas du tout, tu tombes dénue. « Putain tu me dégoûtes… » Ton ascenseur émotionnel est complètement déréglé. Que dois-tu réellement penser ? La colère remonte. Tu ne vas pas te laisser faire comme ça. Tandis qu’il te repousse et te relâche enfin, tu te concentres afin de ne pas perdre l’équilibre, et ton regard, devenu noir à son tour, se pose de nouveau sur Ezekiel qui est en train de te regarder de haut en bas. « Ne t’avise plus jamais de m’approcher, Achille Trinisky. Est-ce bien clair ? » Oui, c’est clair, très clair même. « Si jamais on se revoit, ça va mal se passer enculé. »

Tu penches légèrement la tête sur le côté, tu frottes tes mains sur ton veston, et puis, un sourire apparaît sur ton faciès, suivit d’un petit rire. Un rire nerveux surtout, mais un rire que tu ne peux t’empêcher de contrôler. Wow wow wow. Tu n’as même pas les mots pour dire ce que tu ressens à cet instant même. Beaucoup de colère, de la tristesse, de la détresse, de l’incompréhension. Pourquoi ? Les regards sont tous tournés vers vous – peu importe, tu ne comptes pas te laisser marcher sur les pieds de la sorte ; pourtant dois-tu répondre calmement, ou lui hurler dessus comme tu as envie de le faire ? –. « Je te demande pardon ? » La tonalité de ta voix est sèche, rudement sèche. « Jamais je ne t’aurai cru comme ça, Ezekiel.» Tu as craché ces mots. Parce que bordel ça te détruit d’entendre ça de la part de quelqu’un que tu connaissais si bien – que tu connaissais… Mais dix ans ont scié votre relation, tu ne le connais plus, il a raison. –. « C’est plutôt à cause de gens comme toi, qui n’acceptent pas ce que sont les autres, que le monde ne tourne pas rond. » Tu continues de penser que bon sang, tu aurais préféré rester chez toi ce soir. Ça t’aurait permis d’éviter… tout ça. « Mais je n’en ai rien à foutre de ce que tu peux penser, de te dégouter ou pas. Parce que ce ne sont pas tes putains d’insultes gratuites qui vont me faire changer Ezekiel. » Non, tu as réussi à accepter qui tu es – enfin, en partie, mais tu as réussi à vivre à cette chose en toi, cette différence ; tu n’aimes pas dire que c’est une différence –. « Tu es vraiment pathétique mon pauvre. » - cœur fendu -.  

Jetant un regard foudroyant, tu t’empresses de te diriger vers la porte de sortie. Tu as besoin d’air, tu es en train de t’étouffer. Il faut que tu respires, que tu délivres ta cage thoracique, qui se compresse encore et encore, en permanence depuis le début de soirée. Dans la salle, s’élèvent des rires, des remarques, des chuchotements, des esclaffements, des soupirs, des hurlements de rire – tu sais de qui ils proviennent ; de ceux qui ont lancé la grenade –. Toi, tu vas exploser. Pars, pars vite, Achille Trinisky. Et puis, tu te promet à toi-même d’éviter ce genre d’endroits.

Plus jamais tu n’iras à ces soirées de demeurés.

Plus jamais tu ne sortiras de chez toi.

Plus jamais tu ne veux avoir à vivre ça.
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Blessé.
Tu voudrais pleurer, mais les larmes refuseraient sans doute de couler.
La blessure était béante, impossible à guérir. Tu ne savais même plus à qui tu la devais. Mais tu savais une chose : un esprit bousillé comme le tien n’avait pas sa place sur terre. C’était un esprit traumatisé, un esprit couvert de profondes cicatrices que personne ne voyait. Parce que personne ne voulait voir. Personne ne voulait aller plus loin que le premier mur.

Tu te souvenais de ta première nuit avec une femme. Ce soir-là, tu avais noyé le peu de conscience qu’il te restait dans l’alcool. Tu avais décidé qu’il était grand temps que tu d’aspires à un peu de normalité toi aussi, que tes souffrances cessent enfin. Ça n’avait rien donné. Une fois chose faite, tu avais ressenti le besoin absolu de prendre une douche, d’effacer le contact de ses doigts sur ton corps rachitique. C’était comme si un poison brûlait ton épiderme à chaque endroit qu’elle avait effleuré. La souffrance avait surpassé le cadre psychologique. C’était aussi physique que lorsque que ton corps était roué de coups. Privé de ton droit d’être propre, de nettoyer ta souillure, tu étais resté assit toute la nuit à t’imprégner de cette sensation jusqu’à l’assimiler, jusqu’à accepter que ce serait désormais ton quotidien.

Et au jour d’aujourd’hui, même sorti de la rue, même après trois ans à te convaincre, elle était toujours là. Jamais plus tu n’avais étouffé ta douleur dans les bras d’un homme. Tu avais gagné ton pari : tu avais atteint cette normalité tant désirée.

De quoi te plaignais-tu ?

« Je te demande pardon ? » Tu l’avais peut-être aimé un jour. Pas de la façon dont tu avais aimé Nathanael, mais à sa façon. Un amour de jeunesse, quelque chose d’aussi fragile qu’éphémère. Mais c’était loin derrière vous désormais. Et maintenant, au regard de son ricanement agité et de son visage, il ne restait que de la haine. Sa voix avait été sèche, à la hauteur de la scène que tu venais de lui offrir. Un sourire naît sur ton visage, vestige de la désagréable personne que tes parents avaient emmuraillé, éloigné d’eux. Tu n’en démords pas, tu ne baisses pas le regard : tu accuses le coup, tu accuses sa colère sans en tirer la moindre honte. Tu n’en attendais pas moins de sa part. Tu n’espérais pas qu’il parle sans rien dire ni qu’il éclate en sanglots… Ça n’aurait pas été drôle après tout, n’est-ce pas ? « Jamais je ne t’aurai cru comme ça, Ezekiel. » Vient-il seulement de s’en rendre compte ? Les gens sont rarement ce qu’on croit qu’ils sont. C’est la vie… Et pourtant, pourtant tu ressens quelque chose de semblable à lui : toi non plus, tu n’aurais jamais cru être comme ça. Trois ans plus tôt, en apprenant l’homosexualité d’Achille, tu aurais sans doute saisi l’opportunité sans la moindre hésitation. Un trophée aussi précieux que le Trinisky n’était pas le genre de chose que l’on pouvait laisser filer sans rien faire.

Aujourd’hui, tu n’aspirais qu’à lui cracher au visage. Qu’à t’en prendre physiquement à lui… Dans l’espoir de payer ta dette ou de faire disparaître ce dégoût constant de toi-même. Tu ne connaissais même plus tes propres motivations. Tu savais seulement qu’Achille te dégoûtait, que tout ce que vous aviez de semblable t’inspirait une haine vorace capable de détruire les treize années qui vous avaient uni.
Tu détruisais toujours tout.

« C’est plutôt à cause de gens comme toi, qui n’acceptent pas ce que sont les autres, que le monde ne tourne pas rond. » Il avait raison. Même dans ton état, même dans ta détresse actuelle, tu pouvais le reconnaître. Le monde ne tournait pas rond à cause de toi. Tu l’avais souvent dit : si tu n’avais pas échoué ce soir-là, le monde ne s’en porterait que mieux. Au lieu de quoi, tu continuais de créer de nouvelles victimes, de nouvelles âmes tourmentées qui ne se remettraient peut-être pas de ton ignoble rencontre. Quel homme glorieux étais-tu devenu ! Une chance que tu avais survécu. Une chance que la vie t’avait donné une deuxième chance, qu’Izaiah t’avait tendu une main. Tu avais si bien exploité ta renaissance, c’était magnifique. « Mais je n’en ai rien à foutre de ce que tu peux penser, de te dégouter ou pas. Parce que ce ne sont pas tes putains d’insultes gratuites qui vont me faire changer Ezekiel. » Il était plus solide que toi. Serrant légèrement le poing, vous vous fixez en chiens de faïence comme si le moindre faux mouvement de la part de l’autre pouvait donner le feu vert à votre colère. Sauf que rien ne se passe. Toi, les insultes t’avaient gagné. Mais c’était plus que la crise d’un ancien ami d’enfance, c’était plus qu’un cas isolé. Ton enfer à toi c’était étalé sur des semaines, des mois. De parfaits inconnus, ta propre famille, un amour perdu : tu y avais tout laissé. Personne ne t’avait rattrapé, personne ne t’avait accepté. Alors que te restait-il désormais ? Quelles étaient tes possibilités ? « Tu es vraiment pathétique mon pauvre. » Oui.

Le regardant s’éloigner, tu esquisses un sombre sourire en coin. Tu n’as pas honte de ce que tu as fait. Pour la première fois depuis longtemps, tu tentes de te faire croire que c’est le vrai toi. Que cette mise en scène, cette vulgaire crise, est le fruit de ta véritable personne. Sauf que ça ne marche pas. Une petite voix te martèle le crâne d’une culpabilité qui ne disparaîtra pas de si peu, une fois l’euphorie du moment éteinte. « Bonne soirée, Monsieur Trinisky. » Nonchalant, désintéressé, tu te penches pour reprendre ton plateau que tu t’empresses de déposer sur une table alors que tu te diriges vers la sortie arrière du bâtiment. Déboutonnant légèrement ta chemise (tu as besoin de respirer), tu fouilles les poches de ton manteau au vestiaire puis tu en extirpes un paquet de clope et une fiole argentée. Tu t’étais promis que ce soir, tu parviendrais à t’en passer. Que tu le ferais, pour Eden. Pour elle. C’était toujours pour elle. Sauf qu’elle ne suffisait jamais.

Repoussant la porte, tu t’empresses d’allumer une clope dont tu tires la première inspiration sans hésiter une seule seconde. Seul, tu réfléchis mieux. Tu revois le visage décomposé du jeune homme, mais aussi sa colère. Tout ça grâce à toi. Tu en faisais des belles choses dans la vie dis-donc… Tu blessais les gens pour ta propre douleur, tu amenais tout le monde avec toi dans ton enfer et tu n’en tirais pas la moindre culpabilité. Pas encore. Parce que ton univers, ton esprit, étais trop sombre pour permettre la naissance d’un tel sentiment. Mais ça ne tarderait pas. Demain peut-être.

Accoté contre le mur de briques de l’établissement, tu vois soudain la porte s’ouvrir dans un fracas assourdissant. Tu souries. « Fitzgerald ! » Tu as échoué. Tu n’avais qu’un seul objectif, qu’une seule preuve à faire… Et tu as échoué. Ce soir, tu devras expliquer à Eden que papa n’a plus de travail, que c’est terminé, qu’il doit chercher une nouvelle fois.

Elle ne sera sans doute pas déçue. Elle a l’habitude après tout… Tu as toujours été un très mauvais menteur.
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« Bonne soirée, Monsieur Trinisky. »

Ne te retourne pas.

Trace ta route.

Tu as ce dilemme dans la tête, t’es déchiré par tes propres émotions qui se battent entre elles. Colère et tristesse se renvoient sans cesse la balle – elles ne t’aident pas réellement à faire un choix –. Tu es tellement énervé, tellement déçu, que tu te dis que plus jamais tu ne veux avoir à recroiser sa route, jamais. Et puis, même temps, tu es triste, brisé, tu te dis que ce qui vient de se produire n’est pas réel, que ce n’est qu’un mauvais cauchemar, et que tu vas bientôt te réveiller. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Mais tu es déjà réveillé, Achille, et tout ce que tu viens de vivre est bien réel. Tu auras beau essayer de te pincer ou essayer tout autre technique pour t’éveiller, te sortir de ce tourment, rien n’y fera. Maintenant, tu dois avancer, encaisser, oublier aussi. L’oublier lui. Cette idée, elle te file la nausée. Seras-tu capable de mettre un pied devant l’autre désormais ? Seras-tu capable de passer outre, de continuer ta vie – mais quelle vie as-tu finalement ? –. Il va falloir être fort, Achille. Il va falloir affronter tes démons, et toutes ces mauvaises paroles que tu as pu entendre.

Tu finis par passer la porte, sans te retourner. Ça ne sert à rien – peut-être même que ça aggraverait encore plus la situation –. Une fois au dehors, tu inspires longuement. Ça te fait beaucoup de bien. Pourtant, tu sens que tu vas craquer, que c’est imminent.

Cours, Achille.

Les larmes te montent. Tu passes le revers de ton veston sur tes yeux, et tu te mets à courir. Tu cours, tu pleures, tu as envie de hurler. Tu heurtes même deux personnes qui se trouvent sur ta route – ou plutôt c’est toi qui es en travers de la leur, mais actuellement tu ne vois plus rien, tout est flou, tu es aveuglé –.  Ils t’insultent – tu n’en as que faire –. Toi, tu continues, tu traces. Tu cours. Tu aurais même voulu habiter encore plus loin, afin de ne jamais t’arrêter – ça te faisais du bien –. Et puis, dans ta tête, tu pries Arceus. Tu l’implores de te faire oublier cette soirée – tu sais pertinemment qu’elle restera à jamais gravé dans ta mémoire ; tu ne pourras pas mettre ce douloureux souvenirs de côté –. Tu recommences à te poser tout un tas de questions aussi – a quoi sers-tu ? Pourquoi vis-tu ? As-tu réellement ta place sur cette planète qui ne semble visiblement pas vouloir de toi ? –. Tu n’obtiendras jamais les réponses, tu le sais, pourtant tu te tortures l’esprit.

Courage, Achille, te voilà chez toi.

Tu arrives enfin à ton appartement. Tu ouvres la porte à une vitesse incroyable – tu la refermes aussitôt à double tour – et puis tu jettes ta veste par terre, tu arraches les chaussures à tes pieds. Puis tu te diriges vers ton lit, tu te laisses lourdement tomber dessus, tu attrapes ton oreiller, et tu hurles. Tu hurles jusqu’à n’en plus pouvoir. Tu hurles jusqu’à ce que tes poumons n’aient plus d’air. Tu hurles jusqu’à en faire exploser tes cordes vocales. Et puis, tu pleurs. La chose qui te sert de corps s’anime par spasmes. Tu pleurs, jusqu’à ce que tu n’aies plus de larmes. Tu n’as plus de forces, tu es épuisé physiquement et mentalement. Tu n’as plus la force de rien. Alors, tu pleurs, jusqu’à ce que tu tombes de fatigue dans les bras de Morphée qui t’accueille avec bienveillance.

Ta petite Zorua, inquiète, est venue se coucher prêt de toi, mais tu ne l’as pas vu ni sentie, tes yeux se sont déjà clos.

Bonne nuit, Achille, repose-toi bien.

Et surtout, attention au mauvais cauchemar, Trinisky.
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Fin du RP, merci beaucoup  Jotem <3
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