Dusk Lumiris

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“Over the city lies the sweet” ft. Cael
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“Over the city lies the sweet”
« Ne t’inquiète pas princesse, tout va bien. », murmures-tu à son oreille alors que les muscles relâchés de son cou posent sa tête sur ton épaule.

Les yeux fixés sur ton téléphone, tu regardes les minutes qui défilent et le réseau qui ne revient pas. Tout va bien aller. C’est la promesse que tu lui répètes depuis dix longues minutes, ce sont les mots qui se tordent en boucle dans ta bouche. C’est une berceuse, une douce mélodie censée l’endormir et la rassurer, lever le linceul d’inquiétudes au creux de ses grands yeux clairs.
Passant ses bras autour de ton cou, l’enfant niche son visage au creux de ta chaleur réconfortante. Elle souffle doucement, laisse peu à peu la fatigue prendre le pas sur ses craintes.

« Tout va bien aller », la tonalité mensongère de ta propre voix t’agace.
À l’abri dans l’obscurité grandissante, tu commences à réaliser que la coupure qui a plongé Nemerya dans la pénombre ne sera pas de passage.
Et que le bus ne passera pas.
Agacé, tu soupires discrètement puis glisse ton téléphone dans la poche de ton pantalon. Au passage, tes doigts effleurent honteusement le métal d’une pokéball dont le simple contact te fait frissonner – Tu ne laisses rien paraître. Tu gardes le contrôle.

« Tout va bien aller… » Cette fois, ce n’est qu’un souffle perdu dans l’immensité nocturne – dans le silence angoissant des nuits trop longues.
Abandonnant définitivement le confort du banc métallique qui a accueilli les fragments dissipés de ta patience, tu glisses tes bras sous le corps délicat de ta princesse afin de ne pas déranger son sommeil royal. L’astre qui vous couvre de ses derniers rayons se prépare doucement à rejoindre son berceau et il est hors de question pour toi de rester dans un abri bus dans le cœur d’une obscurité sans lumière.
T’armant de courage et de persévérance, tu tentes de tirer un trait sur ta méconnaissance des lieux, sur ta triste certitude de ne pas savoir où aller, où vous abriter.
Tu sais que tu trouveras forcément quelque chose.

Dans les rues, les réfugiés de Voltapolis commencent tout juste à affluer.
Tu sais que quelque chose s’est passé – Comme tous et chacun, tu as entendu le message de détresse sommant Hommes et Femmes de se mettre en sécurité. Sauf que tu n’as nulle part où aller.
Tu es à des lieux de chez toi, à des lieux de ta forêt et de ta serre.
L’agitation qui paralyse les rues n’est pas la tienne et la foule inquiète qui ruine le décor n’est pas ta maison. En vain, tu te répètes que ce n’est que l’histoire d’une fois – d’une interminable nuit.

Mais entre le cœur et la raison, il y a un gouffre sans précédent.
Tu n’étais pas censé venir à Nemerya.
C’était une erreur. Tu aurais dû jeter ce cailloux – cette erreur de la nature. Tu n’aurais pas dû le remettre aux mains des scientifiques, endosser la dette morale de sa résurrection. Tu n’aurais pas dû quitter Kishika, t’extraire des mains de la terre.

Les manquements que tu as délibérément commis pèsent lourd sur ta misérable conscience alors que tu traines des pieds jusqu’à un square relativement tranquille. Sur le chemin, tu tentes d’ignorer les regards qui se détournent et l’appréhension ridicule dans les yeux des gens. La tête rivée vers le sol, tu tentes de ne pas feuler ton mécontentement, de ne pas faire de geste brusque risquant de trahir la tension qui bloque tes muscles.
Tu tentes d’être un peu plus humain, un peu moins animal. Tu tentes de tirer un trait sur ton désamour envers le vivant, sur ta peur exacerbée par les foules et l’ombre du risque que l’on vienne te parler.
Tu sais pourtant que c’est ridicule, que personne ne se soucie suffisamment de toi pour te choisir parmi tous – Mais Eden est un désavantage important à ta soustraction volontaire.
Les gens s’inquiètent toujours pour le devenir des enfants.

Finissant finalement par te rassoir sur un banc – De bois cette fois-ci, tu passes doucement ta main dans l’obsidienne de sa chevelure afin de dégager son cou.
De la même délicatesse, tu remontes son pull sur ses épaules afin de cacher ses bras mis à nu. Tu ne veux pas que le froid transisse la fragilité dont son corps se compose.
Tu ne veux pas que la chair de poule vienne briser la douceur de sa peau nacrée.

Il y a bien des choses que tu ne veux pas – Être ici, côtoyer des gens, trouver un hôtel dans lequel passer la nuit.
Râler et le pessimisme, ça a toujours été la recette gagnante du plus grand nombre de tes tirades. Tu en es conscient.
Ça ne te suffira pas à changer.

« Il doit bien y avoir un hôtel ou un motel dans le coin… », murmures-tu pour toi-même.
Tu n’oses pas partir en quête ou demander à un local… Ce serait la solution la plus simple et la plus efficace, mais – Pour ne rien changer – c’est au-dessus de tes forces ou de tes valeurs.
(c) TakeItEzy (Izaiah L. Silvērsteiń)
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Cael Hogan
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Une bouffée de vapeur sucrée filant au bord de ses lèvres, Cael lève les yeux en direction du ciel. Il n'a jamais si bien vu les étoiles qu'en plein cœur de la nuit qui vient d'étendre son manteau sombre par dessus la capitale de Lumiris. Cette clarté, pourtant sublime, et qui aurait su l'attendrir si les circonstances avaient été autres, lui noue la gorge – au bord de l'écran de son téléphone plus rien qui le lie à ceux qu'il aime et dont il n'a pas de nouvelles. Sera, Lys, Allen ou Vai'ata – toutes les tentatives de messages se soldent sur un échec. Non envoyé, restez appuyé pour réessayer. Il raisonne comme il le peut – aucun d'eux n'aurait de raison d'être là-bas, au milieu du désordre, pas vrai ? Lys ne peut qu'être à Sunyra, Sera qu'à Port-Corail, tout le monde ne peut qu'être chez soi, en sécurité – et il murmure presque, en boucle, pour se rassurer
(entre deux saletés adressées à ces barres de réseau qui ne reviennent pas)
comme la vie n'est pas si chienne pour mettre en danger ceux qu'il aime
(pas encore, pas encore, pas encore, pas encore, pas encore).

C'est plus fort que lui – quand il entend, au loin, le ballet tragique des ambulances qui s'élancent en direction de Voltapolis, lui ferme les yeux et remballe les images qu'il n'a pas laissées le bousculer depuis longtemps. Un autre drame, plus singulier, plus anecdotique (le genre qui ne marque pas les livres d'histoire) mais c'est sa seule idée fixe ;
il entend encore trembler dans les hauts parleurs l'annonce glaçante mais lui, lui c'est pas à Lumiris qu'il pense, lui c'est pas aux anonymes,
lui c'est plus égoïste – lui il ne pense qu'à ceux dont il n'a pas de nouvelles depuis trop longtemps (le temps difformé par l'urgence et la terreur), lui ne pense qu'à ceux qu'il voudrait voir lui revenir,
où que vous soyez, quoique vous fassiez,
revenez-moi indemnes, je vous en prie

et c'est sa seule obsession – l'inquiétude poignante qu'on l'appelle, un matin, ou au beau milieu de cette nuit à peine entamée qui semble n'avoir pas de fin et qu'on lui dise
qu'on lui murmure
que c'est terminé
(il mourrait une deuxième fois).

Ses doigts se resserrent sur sa cigarette électronique et son bras tremble – il songe une seconde qu'il descendrait bien acheter un paquet pour s'en griller une comme à la vieille époque mais ça fait si longtemps, ça fait si longtemps qu'il a renoncé à s'intoxiquer les poumons comme ça
(qu'il préfère encore s'intoxiquer le foie)
qu'il préfère descendre à l'épicerie du coin plutôt qu'au bureau de tabac, s'acheter trois canettes de bière (les éthanols brûlants lui ont fait de l'œil mais Cael se connaît trop bien, et il sait comme ça finirait, il sait comme détresse et vodka s'accordent mal, il sait comme il a déjà trop frôlé les braises pour vouloir retourner s'y consumer, c'est plus vraiment lui tout ça, pas vrai ?
Ça fait longtemps qu'il a renoncé…
(qu'il est devenu quelqu'un de bien)
Mais quand même, il y a songé une seconde – les flashs sont trop occupés ailleurs pour se préoccuper de lui, cette nuit,
alors qui le condamnerait s'il vacillait ?)

Canette vide et jetée dans un container, il décapsule la deuxième et la porte à peine à ses lèvres que ses prunelles accrochent une silhouette dans la pénombre déchirée par l'éclat de la lune – il s'immobilise dans son mouvement, pris de court et décontenancé. Son poids bascule d'un pied sur l'autre tandis que ses rétines s'agacent sur le clair-obscur et qu'il n'est pas bien certain – il s'est arrêté trop loin et il n'a jamais fait si sombre ici,
la syllabe solitaire franchit ses lèvres et c'est comme de revivre une seconde fois le même flottement
(ressasser en boucle la même histoire qui ne termine jamais bien).

▬ …Driss ?

Ça tenait quelque chose du murmure – une hésitation au bord des lèvres, une stupeur dans l'intonation.
Il se serait persuadé d'une erreur s'il n'avait pas croisé le regard – deux prunelles ton sur ton que même l'éclat blafard de l'astre au dessus d'eux ne révélait pas tout à fait.
Un pas, et puis deux – dans une autre vie, un autre jour, un autre soir,
(s'il avait été un peu plus lui-même, et un peu moins le Cael de ses dix-sept ans)
il aurait contourné.
Il s'en serait retourné jusqu'à sa chambre d'hôtel sans s'arrêter – sans interrompre sa trajectoire pour cet autre auquel il s'était déjà trop heurté.

Mais cette vie,
ce jour,
ce soir,
Cael n'avait pas le cœur à jouer l'audace du type à l'ego éraflé – ce soir Cael avait le myocarde à la dérive, et reconnaître la silhouette menue d'Eden dans les bras de son père avait fini d'entamer la force qu'il lui aurait fallu pour tourner le dos à la scène
(à la nouvelle confrontation qu'il ne se sentait pas le courage d'affronter).

▬ Qu'est-ce que tu fous à Nemerya, putain…

Pourquoi aujourd'hui ? murmurent ses suspensions ;
et il songe (avec amertume) comme il est drôle, ce destin, à placer sur sa route les âmes qu'il voudrait oublier, quand celles qu'il aimerait croiser emplissent tout de leur absence assourdissante.

Il avait vu les foules qui arrivaient de Voltapolis et jusqu'ici – toutes les routes à sens unique pour faciliter l'évacuation. Plus personne ne sortait d'ici.
Mais putain, pourquoi ce soir, pourquoi maintenant ?

▬ …Ça va ?

Toujours un murmure – et le geste du menton qui désigne Eden, l'inquiétude n'est pas feinte.
C'est pour elle qu'il craint – parce qu'il sait comme les enfants, toujours, paient les conséquences des décisions anodines de leurs parents.

Pourquoi il a fallu qu'elle soit là, et puis toi
pour un soir de fin du monde ici ?
yeah, histoire qu'il y ait qqch à négocier lmao ♡




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“Over the city lies the sweet”
Et dans l’incompréhension d’une nuit trop longue, tu laisses tes prunelles parcourir le square en quête d’une solution aux prémices d’un problème que tu n’as pas envie de confronter.
Tu étouffes le souffle régulier de ta prunelle dans le creux de ton cou, mais aussi les murmures angoissés qui parcourent les artères de la ville. Tu te plais de savoir Eden endormie, les paupières trop lourde face à l’excitation nerveuse des actes que l’on ne comprend pas…
Tu es heureux de la savoir soustraite à l’agitation, aux sifflements mécontents des passants, à la terreur dans le regard des poltrons et au désespoir dans la voix de ceux et celles qui connaissent quelqu’un.
Tu te sais indifférent, incapable du moindre once de compassion pour cette société dont tu t’es émancipé, pour ce cancer pourrissant les rues que tu chérissais, pour cette tache ivre de désespoir qui terni le tableau que tu te faisais autrefois du monde… Tu te sais à des lieux de leurs peurs et de leur détresse, mais pas Eden.
C’est la raison pour laquelle tes yeux cherchent désespérément un endroit où dormir, un toit sous lequel créer une impression volée de normalité, presque comme une nuit d’été de vacances imprévues… Mais rien ne vient.

En cette nuit de fin du monde, il n’y a rien pour vous.
Rien pour vous encapuchonner, pour vous soustraire à la réalité qui grouille comme vers sous le manteau de la terre. Il n’y a rien.

Le cliquetis métallique d’une canette contre un container déchire le silence de la nuit – déchire la tranquillité des étoiles, mais tu l’ignores.
Tu ne relèves pas le regard, ne cherche pas à comprendre les travers auxquels les hommes s’abandonnent tout autour de vous. Les travers qui reprennent racines à la surface des âmes ébréchées, des blessures à vif…

« Qu'est-ce que tu fous à Nemerya, putain… », l’éclat stupéfait – incrédule - d’une voix que tu connais beaucoup trop bien… Une voix dont chaque intonation s’est gravé au plus profond de ton esprit.

C a e l.
Cael dont l’existence est douloureuse, dont le souvenir est aussi tranchant que le jour de votre séparation...
Le dégoût. Le dégoût de sa voir au fond de toi-même qu’il a raison. T’as rien à foutre ici.
T’es pas chez toi. Tu proviens d’un autre monde, d’un autre univers dont la douceur n’a rien à envier au désordre qui pourri Nemerya de l’intérieur. Tu le sais… Mais tu ne peux pas partir.
Tu es coincé ici, pitoyable sous l’océan de ses prunelles et du jugement que tu crois y lire sans même en avoir observé l’existence.
Tu n’as pas relevé la tête, affronté le risque d’y croiser autre chose… Car au fond, c’est ta propre appréciation de toi-même que tu transverse au travers lui.

« J’ai déjà entendu des manières plus raffinées de saluer les gens… Comme quoi le respect est une valeur qui se perd.» Soupir sans la moindre malice, sans la moindre agressivité réel.
Comme si tu détestais par obligation, comme si la haine coulait de tes mots par simple tradition indénouable.

Quelles étaient les chances?
La malignité du destin commençait à l’agacer sérieusement. À force de le confronter aux indésirables sans l’ombre d’un consentement à l’horizon, il finirait sans doute par perdre son sang froid…
Mais pas ce soir.
Parce qu’il n’avait pas le courage, parce qu’il n’était pas sur son territoire…
Parce que le soulèvement régulier de la poitrine de sa fille contre la sienne lui rappelait qu’il avait plus urgent à traiter.

« …Ça va ?» Murmures inquiet et sincère.
Surprise suffisante pour te forcer à relever les yeux, pour confronter ton existence à celle un peu trop concrète de Cael. C’est vraiment lui.
Sa voix n’est pas un emprunt de fortune et, derrière ces intonations respectueusement craintives, se cache les contours de ton fantôme… De ta hantise.

Suivant son geste vers Eden, tu hoches doucement la tête en glissant tes doigts dans les mèches de sa chevelure ébène.
« Elle va bien, elle s’est seulement endormie... »
Tu n’as pas le cœur à te battre, à lever le ton sur Cael dont le seul crime fût été de naître dans le même siècle que le tien… Tu n’as pas envie que ton agitation et que ta nervosité brisent la quiétude de ton enfant, que tes éclats de verre viennent trancher son sommeil réparateur.
Tu es égoïste, Driss, mais jamais lorsqu’il s’agit d’Eden.

« On était seulement de passage au laboratoire… Je croyais pouvoir rentrer à Kishika ce soir, mais les bus et les tramways ont cessé d’assurer la liaison entre les deux villes alors me voici. » Découragement passé bien masqué par une fausse ironie dont ton regard témoigne à merveille.
Comme si on s’en foutait, comme s’il n’y avait nulle importance à ta présence, à l’interdiction que tu as de regagner ton mobile home et la paix transcendante qui y règne une fois à l’abri des hommes et de leur folie.

Tu n’es pas quelqu’un de colérique qu’un rien suffit à faire exploser.
Tu n’as pas beaucoup de qualités, mais ton calme, même en période de crise, ne saurait faire moins de doute.
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Cael Hogan
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La grimace est légère, sur ses traits – à peine traîtresse des émotions contradictoires qui le traversent. Il a suffit de peu au plus jeune la dernière fois pour saisir comme Driss s'est exilé en autarcie – loin de cette humanité qui les a tous les deux chavirés, à une autre époque ; des années révolues qui les ont vus briller puis s'éteindre et, au terme de la nuit, seule l'étoile de Cael s'était rallumée. Driss, d'une façon ou d'une autre, avait préféré l'obscurité. Ils auraient pu être amis si les tragédies ne s'en étaient pas mêlées – ils auraient pu être autre chose que deux vestiges d'un passé dont ils ne voulaient tous les deux plus entendre parler.
Fêlures exposées, failles dévoilées – poser les yeux sur le Protheroe en face de lui, chaque fois, c'était comme affronter ses propres erreurs mal assumées qu'il s'évertuait à étiqueter affaire classée (alors même que, ce soir, tous ses tendres démons semblaient s'être passé le mot pour mordre à pleines dents au fond de son cœur rendu malade par les terreurs).

Ç'aurait pu être n'importe qui – n'importe quelle autre présence aurait été plus douce et moins amère. Mais c'était lui ; c'était lui, la seule humanité à laquelle il pouvait se raccrocher cette nuit, au milieu du chaos dans lequel Lumiris avait plongé.

▬ Ouais… J'ai vu qu'ils ramenaient tous les évacués de Voltapolis ici mais que plus personne ne sortait de Nemerya…

Drôle de comique ; de tous les jours identiques qui défilaient les uns à la suite des autres, il avait fallu que Driss et sa fille s'égarent le soir du seul qui déraillait.
Cael, confus, se tait et baisse les yeux sur sa canette, ouverte sans avoir été entamée. Il reste sur son palais un relent de bière bon marché, dans ses pensées brusquement la crainte d'un mécanisme enclenché dont il craint déjà les conséquences. Il sait, Cael – il sait bien comme ça pourrait finir, sa solitude noyée dans l'éthanol et les silences radios dans l'ivresse jusqu'au matin.
Il n'est plus cet homme-là, a-t-il promis cent fois à son propre reflet – alors pourquoi ?
Il clos ses paupières une seconde, inspire et puis les rouvre. Il n'hésite pas une seconde quand il laisse tomber la canette dans la boîte à ordures la plus proche – juste à côté du banc.

▬ Est-ce que… vous avez quelque part où aller ? J'veux bien qu'il fasse pas vraiment froid, mais vous allez pas passer la nuit dehors…

Ce sont ses idées qui tergiversent, ses intonations qui trébuchent – ses mots dépassent sa pensée ; ses aveux portés par le cœur.
(Ce soir, peut-être qu'on pourrait faire semblant de moins se détester.)

▬ Sinon, j'ai… Il inspire, soupire – pourquoi c'est si difficile, avec Driss, d'aligner des mots pourtant si simples ? L'hôtel où on crèche avec l'équipe est genre à… dix minutes grand max à pied. La chambre c'est carrément une suite, y'a de la place, de quoi manger, dormir…

Il croise les bras – se ferme un peu, son poids balance d'un pied sur l'autre et ses prunelles claires sont à la dérive. Il n'ose pas croiser le retard de l'autre – ses iris sombres qui le condamnent trop souvent.
Ce soir, Cael non plus n'a pas la force de lever les armes.

▬ J'ai pas envie qu'Eden passe la nuit dehors.

C'est pour elle – rien que pour elle.
(C'est ce qu'il dira, si on lui demande).
C'est pour elle – rien que pour l'enfant qui n'a pas demandé les tragédies qui font trembler la région et puis la ville d'à-côté. C'est pour elle…

Et peut-être un peu pour lui – mais cet aveu-là il ne le dira jamais.
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“Over the city lies the sweet”
T’es pas certain de savoir comment réagir, quelle attitude adopter.
La nuit est mouvementée, ton cœur l’est un peu aussi. T’es fatigué de errer, fatigué de chercher une solution aux problème qui te dépassent. Ce n’est pas digne une nuit, encore moins d’une vie.
T’as juste envie que Eden soit en sécurité, que ton cœur cesse de se serrer à l’idée que l’obscurité ambiante lui porte malheur. Tu es l’homme de pas grand-chose, Driss.
Un sourire suspendu à des lèvres qui ne sont pas les tiennes, le berceau réconfortant d’un souffle régulier, l’éclat cristallin d’un rire enfantin… Le bonheur d’Eden suffit au tien.
Elle est le centre de ton univers, l’épicentre du moindre de tes faits et gestes.
Et pour elle, pour la promesse de la savoir heureuse, tu serais prêt à sacrifier le plus influent des hommes. Tu es la preuve que rien ne peut s’immiscer entre les liens familiaux et que l’absence de sa mère n’a jamais été une épine au cœur de votre amour.
Tu es la preuve qu’en devenant parent, on devient le deuxième rôle de notre propre épopée.

T’es coincé ici de toute manière.
Réagir trop fortement à la présence de Cael ne t’apporterait rien. Tu n’en tirerais aucune satisfaction et ce même si son existence parsemée de travers ne cessent de t’effrayer. Tu n’as pas le cœur d’un combattant, du froid mordant de l’hiver.
Ce soir, tu n’as rien. Tu es un peu plus toi, un peu moins ça.
Tes yeux ignorent volontairement l’éclat de la lune sur l’aluminium, les bassesses transies de l’esprit lorsqu’il s’abandonne à la peur. Ton cerveau ne retient qu’Eden et le blond vénitien des mèches un peu chaotiques de ton vis-à-vis.

Tu es passé à autre chose.
Tu as divorcé de ce genre d’existence, tu as fais vœu de sobriété le jour où elle t’a soufflé de sa voix rauque la présence en ce monde d’un enfant. De votre enfant.
D’une raison à cette vie acariâtre, à ces idées indécentes.
Tu ne laisseras personne gâcher la tranquillité des jours sauvés, la douceur d’un quotidien épargné. Tu pourrais réagir plus fortement et dire à Cael de dégager, de ne surtout pas se manifester… Mais n’est-il pas temps que tu apprennes à te faire confiance, Driss? En ce soir de fin du monde, il y a des priorités qui surpassent ce genre de craintes gutturales et irrationnelles.

Il n’y a que lorsqu’il rejette la canette que tu sens ton cœur s’apaiser d’une partie des angoisses qui le tiraillaient.
Et s’il avait vraiment changé? Et s’il existait vraiment quelque chose après les vies graveleuses et les erreurs acculées… ?

« Est-ce que… vous avez quelque part où aller ? J'veux bien qu'il fasse pas vraiment froid, mais vous allez pas passer la nuit dehors… »
Tu n’as nulle par où aller et l’agitation de Nemerya t’empêche de puiser en toi le courage de quitter ce banc.
« Je prévoyais peut-être de rendre visite à une tante éloignée qui habite dans le coin... » Tu n’as pas de tante éloignée dont le cœur bat au centre de la cité.
Tu ne connais pas l’intérêt de ton mensonge et des prétextes que tu t’inventes… Mais il y a en toi le refus catégorique d’avouer que tu as désespérément besoin d’une main tendue. L’indépendance est devenu ta condamnation, le prix à payer pour avoir choisi la vie d’un ermite à celle d’un citoyen…
« Sinon, j'ai… L'hôtel où on crèche avec l'équipe est genre à… dix minutes grand max à pied. La chambre c'est carrément une suite, y'a de la place, de quoi manger, dormir… »
Les bras croisés, le regard fermé.
Tu connais l’origine de ses hésitations, la source de son hostilité en dépit des mots et des propositions trop généreuses. Mais que vous coûte-t-il de faire semblant?

Et si, le temps d’une soirée, vous redeveniez Driss et Cael tel que vous étiez avant que la vie ne s’empare de votre naïveté?
« Eden n’aime pas trop ma tante... » Tante illusoire, mais Ô combien rassurante. Ta mère était enfant unique, ton père également.
Tu avais toujours vécu au cœur d’une famille restreinte dans laquelle l’importance de ta prunelle prenait tout son sens.
Elle était la seule descendante des Protheroe, la seule chose de bien qu’il puisse rester au sang des générations décimées.
« D’accord, va pour ça. », soupires-tu un peu à contre cœur.
C’est pour elle que tu le fait. C’est pour elle que vous le faite.
Parce qu’elle a le pouvoir de rassembler les gens, de calmer l’hostilité des coeurs bouillants. Parce qu’Eden n’est pas en droit d’être la victime de vos histoires de grands.
En aucun cas il n’est juste de lui faire payer le prix des crimes dont l’existence précède sa naissance. Tout simplement.

Et même si l’idée de te retrouver dans une pièce fermée avec Cael pour seule compagnie ne t’enchante pas, l’idée te semble un peu moins insupportable que celle d’errer jusqu’au petit matin.
La soirée est encore trop jeune pour te convaincre de braver la morsure de la nuit et la peur panique des habitants de Nemerya.

« T’en fais pas, je sais me tenir tranquille. »
Sourire léger, presque trop effacé pour exister.
Ta peur de Cael n’a rien à envier à la terreur qui a accompagné vos retrouvailles… Et même si tu continues de te méfier, tu sais que le croiser n’est pas un signe de perturbations dans le continuum espace temps. Il ne t’arrivera rien.
Cael n’est pas le démon réincarné. Il est juste un fantôme du passé.

« Je te suis. » Complètes-tu en ramenant tes mains sous la gamine.
Veillant à ne pas la déranger, tu te relèves alors avec tranquillité.

Tout va bien aller.
(c) TakeItEzy (Izaiah L. Silvērsteiń)
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Cael Hogan
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pour un soir de fin du monde ici ⋆ drissael
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Et lorsque l'autre balaie de lui-même son propre mensonge, c'est un sourire – presque imperceptible – qui s'étire au bord des lèvres de Cael. Ses épaules se relâchent et son imperméabilité s'étiole. C'est comme un aveu – sans qu'il n'ait besoin d'être prononcé. Cael comprend, et ça lui suffit – il n'aura pas l'audace d'en rire, pas l'inconscience de creuser au milieu des failles que Driss n'admet que de biais.
Pour ce soir, ils élèvent au dessus de leurs hostilités un drapeau blanc qui porte le nom d'Eden.
C'est peut-être les circonstances étranges et particulières – celles d'une nuit faite prisonnière hors du temps, cette sensation presque irréelle quand au loin résonnent toutes les sirènes mais qu'on se tient trop loin des drames pour les estimer tout à fait tangibles.
Cael en oublierait presque l'inquiétude qui le bouscule, chaque fois qu'il jette un regard sur l'écran de son téléphone mais qu'il ne reçoit plus rien.
Plus rien de ceux qu'il aime – plus rien de ceux pour qui il craint.

▬ 'kay… Viens.

Hécate lui emboîte le pas, le nez levé en direction de la petite fille dans les bras de son père – aucun doute qu'elle a reconnu l'enfant qui pleurait, la dernière fois, au milieu des orages des grands, et qu'elle a réconforté à sa façon de petit poney fabuleux.
Ce soir, c'est différent – le ciel est clair et dégagé, et il se pourrait que ces adultes las ou meurtris aient accepté faire vœu de paix.

▬ Eh… Question con… T'as du réseau, toi ?

Il ne sait pas bien si ça le rassure – l'idée qu'il ne soit pas le seul coupé du monde, l'idée qu'une panne générale finira bien par être réparée – ou le terrifie – combien de temps, combien d'heures, et combien d'horreurs peuvent bien se produire pendant qu'il n'en sait rien ?
Les mêmes noms à l'esprit, en boucle, encore et encore et c'est se faire violence pour ne pas les murmurer en litanie – il inspire et vacille, ferme les yeux puis les rouvre et les porte en direction du ciel.
Au moins, ce soir, il voit les étoiles... et c'est tout ce dont il est capable.
Se raccrocher aux souvenirs les plus bêtes pour s'arracher des sourires qui ne font que trembler.

▬ Qu'est-ce que tu faisais à Nemerya ? J'veux dire… Le karma doit vraiment avoir une dent contre toi pour que tu te retrouves en ville pile ce soir.

Risette appuyée – c'est plus fort que lui.
Arceus seul sait... (et peut-être qu'il leur en veut de leurs esclandres et de leurs coups de tonnerre sous les yeux d'une de ses œuvres les plus délicates – Cael se souvient des prunelles de l'enfant et de toutes les merveilles stupéfaites qu'il pouvait y lire).
Peut-être que les hasards n'en sont pas – peut-être que ce sont les Cieux qui les bousculent en l'espoir d'une rédemption (au nom de tout ce qu'ils étaient quand ils n'étaient encore qu'adolescents).

Le jeune Météore glisse une main dans ses cheveux, qu'il laisse couler jusque sur sa nuque, qu'il étire dans un soupir – ses iris accrochent les horizons faits de murs en béton et de balcons plongés dans l'obscurité, de fenêtre au travers desquelles vacille quelquefois la lueur timide d'une bougie. Loin, par delà les bâtiment, il devine le bord des insignes lumineux qui font la façade de son hôtel.

▬ C'est juste là-bas...

Dix minutes qu'il disait – en vérité même un peu moins quand les routes sont désertes et qu'il n'attend pas les feux verts piétons quand il faut traverser ; quelques détours dans les allées presque silencieuses et trop peu d'âmes qui vivent (Nemerya, ce soir, s'est parée d'airs de ville-fantôme).

Et lorsque l'immeuble – moderne et visiblement cher, cinq étoiles au sommet (c'était la vie de célébrité) – se dessine de l'autre côté de la rue il sort de sa poche son badge qu'il enclenche sur le détecteur de l'entrée. Rien ne se passe et il hésite – confus. Ça lui revient brusquement – la panne d'électricité.
Heureusement, le hall est animé – on le remarque et on ouvre pour lui la porte à serrure de service, en s'excusant des désagréments occasionnés. On lui confie une clef plutôt qu'une carte pour sa chambre, puis on le congédie pour s'en aller s'occuper d'autres voyageurs déconfis.

▬ Bienvenue à Lumiris, ironise-t-il – puisqu'il n'est, lui aussi, qu'un touriste dans les allées de la région. Oh… J'te préviens, j'suis au dernier étage. Pis… Y'a plus d'ascenseur, du coup.

Il jette un coup d'oeil à Driss par dessus son épaule – et le sourire qui s'étire sur ses lèvres ne présage d'une raillerie (à peine) malvenue.

▬ L'est pas encore trop tard pour aller chez ta tante…

Et puis, l'escalade s'entame – au sommet, et malgré l'habitude, il sent son souffle un peu plus court, et le soulagement qu'il éprouve est non-simulé lorsqu'il ouvre la porte, s'écarte pour laisser entrer son invité, la referme dans leur dos puis s'écroule sur le sofa.
La pièce est grande – c'est comme un petit salon, qui fait aussi office de kitchenette équipée. Une porte, au fond de la pièce, laissée ouverte, mène à la chambre en elle-même, assortie d'une salle de bain, petite mais fonctionnelle.

▬ Fais comme chez toi… Tu veux boire un truc ?

Il s'était relevé pour rejoindre l'espace kitchenette, fouillant dans son réfrigérateur – suffisamment petit et limité en contenu pour que rien, à l'intérieur, ne risque de coup de chaud dû à la panne – à la recherche d'une canette de soda. Une pensée soudaine le force à brusquement s'immobiliser dans sa quête – il relève la tête pour observer la silhouette de Driss dans l'obscurité (dont les contours se dessinent grâce à la lumière de la lune qui se glisse dans la pièce par la fenêtre ouverte).

▬ Vous avez mangé ?
c'est looong à l'aide TT ♡




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