Dusk Lumiris

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[OS] Whispers from the grave
Anastasia Salmhofer
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Anastasia Salmhofer
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Intriguée par les propos de sa maîtresse, l'évoli observa les décombres empilées devant elles sans rien y déceler d'exceptionnel. Jetés à bas par la force endormie qui autrefois se trouvait là, les énormes morceaux de roche gisaient, dessinant grossièrement la forme démesurée du pokemon qui y avait séjourné. Anastasia n'aurait pu se tromper ; sa mémoire était bonne et les événements trop récents :c'était ici même que s'était élevé de son ancien poste l'étrange golemastoc qui l'accompagnait, ici-même que dans son éveil l'imposant pokemon avait dévoilé les vestiges de ce que la dame blanche persistait à voir comme une partie de l'ancienne cité. Là, devant eux, condamnée par des années d'attente, une partie inexplorée des ruines demeurait prisonnière dans le silence et le temps, livrée au bon vouloir de l'albinos et de la curiosité maladive qui la dévorait et qu'elle cherchait désespérément à assouvir. Avec mille et unes précautions, comme si elle eu craint que l'obscurité de ses paupières ne fit disparaître sa trouvaille, Anastasia ferma les yeux et se concentra sur ses autres sens et le monde qui l'entourait.

Elle pouvait entendre Charon qui, mal à l'aise, s'appuyait d'un pied à l'autre sur sa gauche ; plus lointain et plus tenu, la lente et profonde mélopée du vent se glissant entre les ruines comme la parole de quelque peuple oublié. La fraîcheur se faisait plus forte, la chaleur aussi ; et dans l'obscurité sur laquelle elle se concentrait, ignorant ces signes qui ne l'intéressaient guère, Anastasia entendit à nouveau ce fin sifflement provenant des roches face à elle, cet imperceptible courant d'air qu'elle avait cru sentir plus tôt et la seule preuve qu'elle possédait pour valider sa théorie ; il y avait une galerie là où autrefois se trouvait Otto ; et libéré de sa prison de pierre, le vieux pokemon spectre allait pouvoir lui venir en aide...

- Otto, les rochers ; il faut que tu m'aides à m'en débarrasser.

Pendant un instant, le golemastoc immobile dans son dos ne sembla pas comprendre ce que la dame blanche lui demandait ; et alors que cette dernière s'avançait pour déplacer elle-même le peu de rochers qu'elle parvenait à bouger, le grand pokemon se mit en mouvement. Avec la lenteur d'un homme déboussolé, Otto s'approcha d'un pas lourd des fragments de pierre taillée, hésitant un instant avant de commencer à les pousser sur le côté comme s'il eu s'agit d'un vulgaire fétu de paille ; quelques minutes avaient suffit pour qu'une entrée de la taille d'un homme adulte fut dégagée à travers les décombres, offrant une fenêtre sombre sur un étrange et long couloir privé de lumière et plongé dans le silence. Intérieurement, Anastasia jubilait. Elle n'était pas encore sûre qu'il eu réellement s'agit de ce qu'elle espérait, mais la découverte était bel et bien sienne, qu'importe ce dont il eu pu s'agir ; et cette ouverture qui aurait pu en repousser et chasser bien d'autres brillait pour Anastasia comme un bout de soleil. Rappelant Otto dans sa pokeball avec un remerciement et se tournant vers ses deux pokemons restant, la dame les observa un instant.

Oracle, la jeune évoli, paraissait nerveuse comme Anastasia l'avait rarement vu ; tournant la tête de droite à gauche, elle semblait chercher dans les alentours une chose sur laquelle elle ne parvenait à mettre la patte et qui apparemment l'inquiétait au plus haut point. Charon, quant à lui, observait d'un regard curieux la petite ouverture qui s'était dévoilée sur le mur effondré. L'attitude étrange de l'évoli n'était rien face à sa propre inquiétude quant à la situation ; mais le scalpion avait confiance en sa maîtresse et son jugement ; et hochant la tête comme il paraissait donner son accord, le pokemon acier emboîta le pas à la dame alors qu'elle s'engouffrait dans la cavité, le foulard blanc remonté sur le nez pour se protéger.

Cela faisait près d'une semaine qu'elle arpentait les ruines, maintenant, plus d'une semaine qu'elle logeait dans le campement de Travis et accomplissait chaque jour le trajet jusqu'à ces vestiges en espérant y découvrir une perle rare – ou une preuve de son échec. Et bien que ses recherches n'eurent jusque là rien donné d'intéressant, Anastasia avait gardé espoir jusqu'à ce que finalement aujourd'hui sa patience sembla porter ses fruits.
Les Asherah... Ce mystère la hantait comme une addiction mal guérie.

Seuls le silence et l'obscurité accueillirent Anastasia dans le corridor qu'elle avait découvert. Là, respectueuse et impressionnée, la jeune femme demeura un instant immobile, frissonnant dans le courant d'air froid que leur ouverture avait occasionnée. Oracle et Charon l'avaient suivie, patientant derrière elle avec étonnement alors qu'elle... Elle s'imprégnait du lieu dont elle ne distinguait encore bien les formes. Avide de ses biens et possessives de ses secrets, la pénombre masquait encore à sa vue les gravures et autres merveilles de la pièce, qui sembla alors à Anastasia un gigantesque saut de la foi en direction de l'inconnu, un pied dans les profondeurs du temps à la recherche d'une vérité qu'elle était envers et contre tout prête à retrouver. Prenant une grande inspiration et déposant sa paume scarifiée sur le mur à ses côtés, la dame blanche s'enfonça dans les profondeurs avec une terrible assurance.

Il ne fallut pas bien longtemps pour que ses doigts frôlent une étrange bande de métal incrustée dans le mur, la surprenant dans son étude des alentours et produisant une singulière lueur bleue là où la main glacée l'avait touchée. Sans crier garde, la petite lumière poursuivit sa course en ligne droite, puis dans un étrange quadrillage, se séparant à chaque croisement en une myriade de petits éclats, si bien que bientôt l'intrigante pièce devint le théâtre d'un ballet de lueurs. Miroitant sur la bande de métal qui liait les pierres entre elles, émerveillant Anastasia comme une enfant le matin de Noël, elles éclairaient l'endroit à la manière d'une lampe antique, révélant de larges escaliers qui descendaient vers les profondeurs d'un couloir également éclairé par cette même étrangeté. Sans hésiter un seul instant, l'archéologue descendit doucement les marches de pierre, constatant avec un certain étonnement l'accumulation de sable qui se trouvait là. Combien de temps avait-il fallut pour que le vent et l'usure des pierres n'apportent une couche de sable dans ces lieux qu'elle croyait scellés ? La pièce suivant ne lui apporta pas plus de réponses, mais c'est avec un certain empressement qu'Anastasia sortit son journal de son sac et commença à croquer l'endroit.

Entre prudence et délicate extase, Anastasia parcourait doucement les couloirs en remontant le temps, enivrée par cette sensation, par cette fierté qu'elle ressentait et l'admiration que produisaient sur elle les gravures et fresques qui décoraient l'endroit ; tissant pour la première fois un véritable lien entre son existence et leur passé...
Anastasia avait fini de prendre croquis et notes quand, alors qu'elle s'avançait dans le couloir avec précaution, frôlant le sol de sable qu'elle croyait sûr sous ses pieds, la petite évoli poussa un terriblement piaillement en se jetant dans sa direction. Surprise par les faits, la dame blanche se tourna brusquement vers Oracle, apercevant Charon qui courait vers elles avec l'énergie du désespoir...

Et  alors le sol se déroba sous ses pieds ; et chutant dans l'obscurité, emportée sans un cri, Anastasia se retrouva précipitée dans les profondeurs...

Quand la dame blanche revint à elle, ce fut pour tout d'abord ne sentir plus rien ; puis la douleur déferla sur son corps tout entier avec fureur et, en désespoir de cause, la jeune femme resta allongée là, étendue sur le flanc, cherchant à recouvrer ses esprits et comprendre ce qui s'était passé. Son esprit se souvenait d'un couloir, son corps d'un terrible impact ; plongée dans l'obscurité, glacée, Anastasia resta étendue là pendant ce qui lui sembla durer le temps d'un battement de cils autant qu'une éternité. Son corps la lançait alors que sa jambe droite était quant à elle terriblement lourde ; tout n'était que froid mordant, si ce n'était pour l'étrange chaleur qu'elle ressentait dans le dos ; et celle, odeur de fer, qui entourait sa tête qui peinait à tempérer ses vertiges... Avec une lenteur infinie, Anastasia entreprit de doucement se rasseoir ; et malgré la douleur omniprésente, voyant que son corps ne lui refusait pas cela, l'albinos commença lentement à masser sa jambe endolorie, prisonnière de l'obscurité...
Quelque chose coulait de sa tempe gauche et le long de son menton. Elle pouvait sentir le liquide poisseux et chaud, ses longs cheveux d'albâtre qui se collaient à la plaie et ce qu'elle devinait sans mal être du sang. Lentement, sûrement, les pensées affluaient à nouveau dans cet esprit troublé, tandis qu'une douce lueur bleutée, terriblement familière, commençait à danser dans la pénombre qui lui faisait face...  Le feu-follet dansa, jongla sur les murs en se séparant comme précédemment ; et bientôt se révéla à Anastasia une anti-chambre voûtée dont les relents macabres donnaient à la jeune femme une impression terrible de tombeau... Et au cœur de celui-ci, la main posée sur la barre de métal qu'il venait de déranger et tournant un regard inquiet dans sa direction se trouvait un scalproie.

Il n'avait pas fallut un instant pour que la dame reconnaisse en lui son ami de toujours, et pourtant c'était avec une surprise mêlée d'admiration qu'Anastasia regardait s'approcher d'elle l'évolué mais toujours inquiet Charon. A bien y penser, elle comprenait désormais l'origine des taillades sur son gilet de bleu et de pourpre déchiré par la chute autant que les lames qui avaient cherché à la protéger ; et la douce chaleur qu'elle ressentait dans son dos n'était autre que la petite Oracle, offrant sa chaleur à la dame blanche qu'elle n'avait pu sauver malgré ses visions.

- Je... vais bien.

Les paroles étaient pour elle autant que pour eux ; et sa voix qui lui paraissait déformée par l'écho se perdit bien vite dans l'inquiétant silence qui se dégageait des lieux. Portant finalement une main à sa tempe, Anastasia fut prise d'une vive douleur alors qu'elle retirait ses doigts recouvert de sang. Prenant un instant pour se retrouver, serrant contre elle la petite évoli pour la rassurer, l'albinos demeura immobile pendant quelques temps avant de finalement trouver la force de se redresser et observer l'endroit. Elle avait eu de la chance dans sa chute, ou peut-être l'évolution de Charon lui avait-elle été salvatrice... Mais quoique momentanément déboussolée Anastasia ne perdait guère son admiration pour les vestiges qu'ils traversaient. Elle avait cherchée à tout prix à y entrer ; il allait désormais lui falloir trouver un échappatoire.

C'était bel et bien dans une sorte de crypte qu'ils avaient chuté, et dont elle discernait quelques autres entrées éboulées, derrière elle et sur les côtés de la salle, un couloir s'enfonçant dans les ombre et un dernier, directement à son opposée, qui disparaissait en dévoilant dans ses profondeurs une forme floue et dorée qu'Anastasia identifia comme une sorte de lumière. Avec obstination, la dame blanche tenta de tracer quelques éléments de l'endroit ; puis, suivant le scalproie dont le pas semblait bien plus sûr qu'il ne l'avait jamais été, l'albinos et son évoli se dirigèrent vers l'étrange lumière qu'ils apercevaient au loin. Si Charon avait été surpris par sa propre évolution, lui-même n'en montrait rien ; stoïque et spartiate, le pokemon ouvrait le chemin d'un air sérieux qui lui ressemblait bien.

Floutée par la distance et l'état déplorable dans lequel elle se trouvait, la vision d'Anastasia était trouble et pourtant celle-ci était déterminée à continuer sur ce chemin sans retour qu'elle avait emprunté. Ils traversèrent la salle et s'engagèrent dans le corridor, avançant lentement vers la lumière lors d'une procession qui lui parut interminable...

Puis dans l'éclairage tenu d'un puits de lumière, la petite équipe pénétra dans une salle à moitié ensablée et dont le sol était couvert d'une épaisse couche de sable d'or. Le soleil, se glissant entre les pierres dans cet antique tombeau, éclairait la pièce d'une étrange chaleur qui ne semblait convenir à l'endroit. C'était une pièce pas plus grande qu'une chambre, aux murs recouverts de fresques et d'écritures tandis que vers le fond trônait une imposante pierre taillée. Pendant quelques instants, Anastasia fut à nouveau prise de vertiges et s'appuya contre le mur le plus proche ; il y avait dans cette pièce un profond sentiment de mal-être et de peine, qui enfermés à l'écart du monde depuis toutes ces années déferlaient sur elle en l'envahissant de toutes parts. A nouveau, il lui fallut s'asseoir : et ce n'est que quand elle pu enfin observer les murs qu'elle reconnu enfin l'écriture caractéristique qui les recouvrait...

Surpris et comblé, excité et enjoué, heureux et impatient ; Anastasia sentait son cœur s'emballer frénétiquement dans sa poitrine alors qu'elle donnait du regard pourpre à la moindre inscription, prise de vertiges autant par sa blessure que par la folle excitation que lui provoquait sa réussite.

Elle avait eu raison.
Ses moindres doutes avaient fuit son esprit comme ombres au soleil ; et désormais un terriblement long et fastidieux travail l'attendait. Attrapant carnet et crayon, observant l'Histoire qui se révélait sous ses yeux, Anastasia chantonna quelques mots et se mis au travail...

- Joue contre joue viens mon aimé, pose tes yeux sur le ciel étoilé...

Et au fil des heures et au fil des notes, buvant ces textes comme les paroles d'un illustre conteur, Anastasia apprit.

Elle découvrit comment les Asherah avaient fuit ce cataclysme qui les avaient frappés, comment les flots s'étaient brisés sur eux, s'élevant dans leur illustre majesté pour détruire l'homme. Comment dans leur fuite, toutes les castes s'étaient mélangées dans un vain espoir de survivre à ce qui les cherchait à les condamner. Ils avaient craint quelque chose et cette chose s'était retournée contre eux ; ils avaient pêchés et cherchaient un moyen d'expier leurs fautes et de corriger leurs erreurs... Suivant le Général Kozmotis dans sa fuite de la cité, ils avaient acceptés l'ordre et la direction de celui qui autrefois les terrifiaient et qui emportait dans sa précipitation sa seule fille, la bien-aimée des hommes et des dieux : Ikana, la Fille Vénérée des 7 Soeurs...

Elle apprit comment les survivants s'étaient affrontés, opposant ceux qui désiraient trouver un moyen de sauver les leurs de la mort elle-même et et ceux qui souhaitaient survivre sur ces nouvelles terres. Comment Ikana la douce avait périt de l'erreur de l'homme en s'interposant entre les conflits, et comment la disparition de celle qui était une figure d'empathie et de bonté dans toutes les castes avait servit de martyre pour qu'ils s'allient et se mettent en route vers les ruine de ceux qu'ils nommaient les Vandraren...


Alors Anastasia tourna un regard lourd de sens vers l'immense dalle et comprit. Avec douceur, la dame blanche s'approcha de la pierre dont elle discernait déjà les écritures, s’agenouillant devant celle-ci alors que son pied rencontrait quelque chose d'étrangement dur ensevelis sous les sables... D'une voix profonde où se mêlait peine et respect, Anastasia commença la lecture.

- Ici repose Ikana Arenarius, première et dernière Fille Vénérée, la seule digne de Leur Regard.

Les inscriptions, gravées avec soin, se confondaient avec d'autres ajoutées en dessous d'une écriture presque effacée.

- … Mon enfant, ta lumière s'est éteinte trop tôt et je crains que ça ne soit de ma main. Nous nous retrouverons ; si ce n'est dans ce monde...

Observant la pierre tombale, Anastasia sentit naître en elle un désagréable sentiment qu'elle essaya de fuir autant qu'elle le pouvait ; portant ses mains à travers les sables, la dame commença à creuser. Les flots d'or chaud se déversèrent à ses côtés alors qu'elle soulevait les années ; puis un éclat métallique se mis à briller, et finalement remonta à l'air libre.

Et alors apparu en entier le corps de Kozmotis Arenarius.

Dernier Général des Légions des Tempêtes, Monstre des Asherah et père brisé d'une enfant qu'il avait lui-même assassiné. Prisonnier de son armure d'or terni et de bleu effacé, serrant encore dans la mort la dague dont il s'était servi pour graver son adieu, le squelette de l'homme avait survécu aux affres du temps pour lui offrir un dernier message.

Envahie par des regrets et un chagrin qui n'étaient pas les siens, Anastasia se mis à pleurer.

Elle pleurerait sur des sentiments qui enfermés depuis trop longtemps dans ces lieux cherchaient une dernière âme où pouvoir s'exprimer ; elle pleurait sur ces morts de jadis dont elle souhaitait comprendre le funeste destin, sur cet échec qui la hantait sans qu'elle ne parvint à comprendre pourquoi... Et quand enfin ces étranges fantômes s'échappèrent et la laissèrent en paix, la dame d'albâtre essuya avec gêne les larmes de ses joues brûlées par le soleil et reprit son étude des lieux.

De la même écriture que le Général avait signé, Anastasia découvrit encore quelques mots de sa part, témoignage d'un homme brisé qui ne cherchait qu'à offrir un point final à l'Histoire qu'il savait condamnée. La dame albâtre apprit ce qu'elle soupçonnait déjà : quelle que fut leur tentative de racheter leurs erreurs et de les effacer, ils avaient échoués...

Et quand elle termina d'annoter ses découvertes, ce n'était plus le soleil mais l'astre lunaire qui dardait de ses pales rayons la sépulture de la Fille Vénérée.

Épuisée par son état et ses trouvailles, la fatigue la rattrapant maintenant que son enthousiaste était retombé, la dame blanche s'était mise à tourner en rond alors qu'elle réfléchissait à un problème bien plus terre à terre qu'ils rencontraient désormais et sur lequel ils ne s'étaient pas encore penchés. Sur eux comme sur le passage, la galerie s'était effondrée en condamnant l'entrée par laquelle ils avaient pénétré cette partie des ruines ; et après quelques recherches dans la salle voûtée, la dame blanche et ses deux acolytes s'étaient rapidement rendu compte qu'il n'existait aucun échappatoire au piège dans lequel ils étaient tombés.

Faisant les cents pas dans le sable, réfléchissant désespérément à un moyen de s'en sortir, Anastasia gardait pourtant un calme à toute épreuve en étudiant les possibilités. Elle avait déjà vérifiée : son téléphone, dont l'écran brisé attestait de la violence de la chute, ne lui était d'aucun secours alors qu'il ne parvenait à joindre quiconque. Oracle était trop jeune pour pouvoir lui venir en aide, Charon n'y pouvait rien de même... Siramena traversait le même combat, quant à Otto... Levant la tête vers le puits de lumière qui la gênait, Anastasia s'immobilisa un instant... et comprit que c'était là la dernière chose qu'il lui restait à tenter.

Elle rappela l'évoli, rangea sa capsule au fond de son sac ; et même le scalproie en comprenant la situation accepta de se prêter à l'épreuve dans l'espoir de tous les sauver. Alors, cherchant péniblement à calculer la hauteur, Anastasia fit apparaître le gigantesque golemastoc et se hissa sans mal sur l'imposante main de ce dernier.

- Otto, j'ai besoin que tu me portes jusqu'à là-haut, tu comprends ?

Mais le golemastoc ne réagissait pas. Contemplant la tombe qui se trouvait devant lui, le grand pokemon s'était immobilisé comme si quelque chose le tracassait, comme si lui aussi, victime d'un étrange souvenir dont il lui restait seulement les sensations, portait un deuil qu'il ne comprenait pas. Étudiant son pokemon, Anastasia contempla les dorures et marques bleutées qui s'opposaient à l'obscurité du reste de son corps. Otto... Son emplacement et son attente... Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ?

Mais avant qu'elle n'ai pu dire quoi que ce soit, le pokemon sembla revenir à lui et la souleva d'une seule traite jusqu'au puits de lumière. Pendant un instant, Anastasia cru que sa tentative était veine ; puis elle aperçut l'ombre d'une trappe qui se démarquait sur la pâleur nocturne, et d'où coulait parfois du sable qui projeté par la brise tombait de manière irrégulière sur son visage. Trois mètres. C'était ce qui la séparait de la grille, ce qu'il lui fallait parcourir en s'appuyant sur les parois de pierres étroites pour essayer de gagner un centimètre, puis deux, puis dix... Comprenant qu'elle n'avait plus le choix et motivée par le désir profond d'échapper à la fatalité, Anastasia prit ses appuis et commença son ascension.

Son corps entier tremblait quand elle parvint finalement à s'extraire du boyau de pierre, s'échouant sur le sable autour en respirant une bouffée d'air pur et glacé. La température avait chuté avec la nuit, mais trop occupée à s'inquiéter pour s'en soucier Anastasia ne ressentait pas encore le froid. En bas, dans cette chambre dont il était parvenu à l'extraire, le golemastoc la fixait à travers le petit espace pour lequel elle s'était hissé. Il n'y avait plus qu'une chose à faire, plus qu'un risque à prendre... Tout son corps tremblant sous l'effort qu'elle avait dû accomplir, la dame blanche tendit le bras dans le puits de lumière, tenant fermement la pokéball entre ses doigts, sentant ses jointures blanchirent alors qu'elle serrait en espérant ne jamais lâcher.

- Allez, allez, allez...

L'attente fut terrible ; et puis finalement, un sifflement caractéristique émana du trou ; en remontant sa main, Anastasia découvrit avec soulagement que Son pokémon était retourné dans la capsule où il logeait désormais.

A une vingtaine de mètres des ruines, dans ses vêtements déchirés, assise dans le sable glacé sous les rayons d'une gigantesque lune ronde, Anastasia se trouvait seule mais se sentait terriblement en vie. Elle avait envie de rire, elle avait envie de pleurer, elle avait envie de dormir, de manger, de boire, de passer des heures à relire et étudier tout ce qu'elle avait pu noter et en passer autant à réfléchir à ce qui avait pu se passer. Jamais sans lui bien longtemps, l'albinos avait rappelé Charon à ses côtés ; et prise d'un étrange fou-rire alors que ses nerfs mis à l'épreuve se détendaient enfin, la dame et son pokemon se remirent en route en direction du campement, éclairés par les Sept Soeurs, blessés et épuisés par leur journée, grelottant dans le froid mordants du désert endormi...

Mais bon sang.
Terriblement vivants.

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